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Publié par Eduardo Mackenzie le 23 juin 2016

Farc Santos a Cuba

La Colombie est désormais le théâtre d’une tentative de prise de contrôle communiste sui generis et assez inhabituelle.

Le soi-disant «processus de paix», c’est-à-dire, les négociations secrètes à La Havane entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et les chefs de la guérilla des FARC, est le moyen que ce mouvement armé illégal a trouvé pour imposer, à court terme, son hégémonie sur la société et sur l’État colombien.

Le «processus de paix» est devenu un cauchemar : les institutions démocratiques, l’économie sociale-libérale, ses libertés, sont en train d’être restructurées selon la vision marxiste

Dans les quatre années qu’ont duré ces «pourparlers» les FARC ont réussi à convaincre le président colombien de capituler sur toute la ligne devant leurs revendications. Santos a accepté de marchander les points qui font l’équilibre institutionnel et social de la Colombie. Ainsi, le «processus de paix» est devenu pour les Colombiens un cauchemar : les institutions démocratiques du pays, l’économie sociale-libérale, ses libertés, sont en train d’être raccommodées et restructurées selon la vision marxiste et «bolivarienne» (lire castriste) des FARC, qui espèrent ainsi transformer le pays en une nouvelle «république populaire».

Cependant, Santos a réussi à convaincre certains chefs d’Etat aux Etats-Unis et en Europe, et la presse internationale, que ces concessions apporteront paix et progrès.

L’opposition rétorque, à juste titre, que ses concessions à un mouvement totalitaire comme les FARC, qui par ailleurs continuent à défendre leur programme staliniste, et leur obsession pour la prise du pouvoir, signifie la fin du système démocratique colombien et génèrera une nouvelle vague de violence à long terme en Colombie.

Sourd à ces arguments, Santos insiste sur le fait que la paix est au-dessus toutes les autres valeurs, telles que la justice, la liberté, la vérité, et que ceux qui s’opposent aux concessions faites aux FARC sont d’horribles «partisans de la guerre». « La nôtre est une paix fondée sur les normes de la justice, afin d’assurer la protection des valeurs démocratiques, de manière stable et durable, très différente de la paix basée sur l’impunité », répond Oscar Ivan Zuluaga, le président du principal parti d’opposition à Santos, le Centre Démocratique.

⇒ Les FARC sont une organisation armée créée par le Parti communiste colombien dans les années 1950 sous le contrôle direct de l’URSS, qui a essayé de prendre le pouvoir par la violence sans jamais y arriver.

En même temps, ce mouvement, en utilisant son appareil légal, le PCC, a essayé de former des coalitions de type Front populaire avec des secteurs libéraux et conservateurs « d’avancée » pour tenter d’arriver au gouvernement par des élections. Il n’a jamais réussi. Malgré le fort soutien financier reçu de l’URSS, le PCC n’a jamais cessé d’être une minorité bien organisée, mais isolée et sectaire, mal vue par les citoyens colombiens. Après l’effondrement de l’URSS, le PCC a failli disparaître par la défection de milliers de ses membres et les FARC ont décidé définitivement, à leur tour, de se financer par les kidnappings et le trafic de drogue. Aujourd’hui, elles sont l’un des cartels de la drogue les plus puissants du continent. Au fil des décennies, la guerre d’agression déclenchée par les FARC a fait au moins 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,8 millions de personnes déplacées. Cependant, les FARC n’ont pas réussi à sortir de leur impasse politique et militaire.

Avec l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez au Venezuela en 1999, les FARC ont repensé leur stratégie.

Elles ont cherché un nouveau moyen, plus insidieux et plus rapide, de prendre le pouvoir en Colombie. L’idée fut d’utiliser une « négociation politique » avec le pouvoir central lui promettant un pacte pour obtenir la « fin du conflit ». Il s’agissait, en fait, de faire approuver par Santos des transformations institutionnelles de fond, calculées pour ouvrir des avenues idéologiques et politiques aux positions des FARC et de leurs appareils de soutien politique. Donc, elles attendent d’arriver ainsi à la construction d’une «nouvelle Colombie » où règnerait la « justice sociale ».

Cette tactique du « dialogue » avait donné de bons résultats dans le passé, lorsque le gouvernement du président conservateur Andres Pastrana avait accepté de négocier avec les FARC pendant plus de trois ans (novembre 1998 à février 2002). Durant cette période, le gouvernement avait permis aux FARC de contrôler une zone démilitarisée de 42.000 km², aussi grande que la Suisse. Dans les négociations, les FARC demandèrent donc le « changement des structures ». Beaucoup de concessions importantes ont été faites par Pastrana, mais le processus a échoué en raison de l’intransigeance des FARC et des violences qu’elles ont commises dans le reste du pays.

La tactique des «négociations de paix» avait été également expérimentée, et avec succès, pendant le gouvernement du conservateur «progressiste» Belisario Betancur (1982-1986). Au cours de ces pourparlers, les guérilleros se renforcèrent. Tout cela avait abouti à une tentative de coup d’Etat par une guérilla castriste urbaine-rurale, le M-19, qui prit d’assaut le Palais de Justice de Bogota et prit en otage plus de 250 magistrats et employés. Le plan terroriste, qui avait été financé par Pablo Escobar, le chef du cartel de Medellin, fut défait par l’armée. Pendant le gouvernement de César Gaviria (1990-1994), le M-19 a été amnistié et ses crimes sont restés impunis. Le parti qui a été fondé par les anciens terroristes a tenté de commander l’extrême gauche, avec des résultats mitigés. En ce qui concerne les chefs des partis «bourgeois», le libéral et le conservateur, ils n’ont jamais tiré les bonnes leçons de ces « processus de paix » et l’idée de reprendre les « négociations au milieu du conflit », a continué à être la boussole d’orientation des présidents.

La seule exception à cette orientation se révèle avec les deux gouvernements du président libéral Alvaro Uribe (2002-2010) qui a exigé de la guérilla et des paramilitaires d’extrême-droite (AUC), de cesser leurs activités armées pour pouvoir participer à des négociations de paix. Les FARC ont rejeté la proposition et l’armée et la police ont réussi à les déloger de vastes régions et à les pousser à se cacher dans les jungles. Plusieurs de leurs chefs ont été tués ou emprisonnés, et les autres ont dû trouver refuge au Venezuela et en Equateur. Les paramilitaires, cependant, ont accepté les conditions et après quatre ans de négociations, 35.213 d’entre eux ont été démobilisés et 960 ont été arrêtés au cours de cette période.

Le 13 mai 2008, les 14 chefs des AUC ont été déportés aux États-Unis par ordre du président Uribe pour avoir violé les engagements qu’ils avaient signé en juillet 2003. L’armée, quant à elle, avait libéré, dans une opération de grande audace au Guaviare, les 15 otages «politiques» des FARC, dont Ingrid Betancourt, le 2 juillet 2008. Sans ces otages, le moyen pour les FARC de faire pression pour forcer Uribe à chercher une «solution politique» était anéanti. En décembre 2006, le nombre de communistes qui avaient déserté les FARC et deux autres organisations de guérilla, l’ELN et l’ERG, atteignait les 7.738 guérilleros.

Les négociations ouvertes par Juan Manuel Santos en 2010 ont permis aux FARC de sortir de leur crise, de multiplier par deux leurs cultures de drogues et leurs exportations de cocaïne

Hélas, l’abandon du modèle de contre-insurrection réussie d’Uribe par le gouvernement de Juan Manuel Santos en 2010, et les négociations ouvertes tout de suite, ont permis aux FARC de sortir de leur crise et de regagner le terrain perdu. Elles ont multiplié par deux leurs cultures de drogues et leurs exportations de cocaïne. Elles ont augmenté leurs attaques et leurs embuscades, leurs recrutements d’enfants, leurs enlèvements et leurs autres atrocités.

Cependant, la plus grande réussite des FARC se concentre, à présent, sur la sphère politique : dans ce qu’ils ont accompli dans les négociations à Cuba. Aujourd’hui, le président Santos est en train d’exiger des citoyens d’approuver, dans un plébiscite irrégulier (car le contenu exact et complet des accords de paix n’a pas été révélé), ce qui suit :

  1. Dans la période du «post-conflit», aucun des dirigeants des FARC ne fera un seul jour de prison pour leurs délits, y compris leurs crimes de guerre et leurs crimes contre l’humanité. Si la paix est signée, ils « paieront » leurs crimes en faisant du «travail social» dans les zones rurales : par exemple, dans la réparation, en toute liberté, d’une porcherie, ou en aidant des paysans à planter du maïs, etc.
  2. Les FARC ne livreront pas leurs armes. Elles disent qu’elles les «lâcheront», mais elles refusent d’avoir des témoins de cette opération. En fait, elles vont cacher leurs armes pour les réutiliser si le processus prend un cours qui leur serait défavorable.
  3. Les chefs et les membres des FARC pourront faire de la politique : ils pourront élire et se faire élire à de nombreux postes (maires, gouverneurs, président de la république). Ils pourront être élus au Congrès (Sénat et Chambre des représentants), et créer ou faire partie des partis politiques légaux.
  4. Les FARC n’indemniseront pas leurs victimes. Elles disent qu’elles n’ont pas d’argent, que les réparations matérielles seront payées par le trésor national. Santos dit que les FARC n’ont pas d’argent. Mais des responsables colombiens et le magazine britannique The Economist affirment que les FARC ont un trésor de guerre de 33 milliards de dollars, provenant des exploitations minières illégales, des enlèvements, des extorsions et du trafic de drogue. Ils ajoutent que la plupart de cet argent est caché dans des pays comme le Venezuela, le Costa Rica, l’Equateur et le Panama (1).
  5. On doit gober la théorie incroyable selon laquelle le trafic de drogue devrait être considéré comme un «délit connexe au délit politique», et donc que le trafic de drogue pratiqué par les FARC ne sera pas passible de prison et que ces délinquants ne seront pas extradés. Or le trafic de drogue a financé des milliers d’assassinats, d’embuscades et de massacres en Colombie.
  6. Les membres des FARC s’engagent à lutter contre le trafic de drogue, pendant le «post-conflit», mais ils ne sont pas prêts à livrer leurs biens et les terres achetées ou usurpées aux paysans, ni à rendre leurs laboratoires ou leurs narcodollars.
  7. Chaque criminel des FARC peut échapper à la justice : il suffit d’utiliser le mécanisme consistant simplement à reconnaître qu’il est responsable des crimes qui lui sont reprochés.
  8. Le budget de la force publique colombienne (Forces armées et Police nationale) sera réduit et la doctrine militaire sera modifiée. L’armée sera soumise à la «justice transitionnelle» où il y aura des juges nommés par les FARC. Les officiers devront admettre des crimes qu’ils n’ont pas commis pour être jugés par cette «justice transitionnelle». L’armée est ramenée au même niveau que les terroristes qui attaquent la société et l’État.
  9. Une fois la paix signée, les FARC vont se voir attribuer des locaux et des équipes techniques pour monter une chaîne de télévision, une station de radio et un journal quotidien pour pouvoir diffuser leur propagande.
  10. Les FARC recevront des zones entières du territoire national pour les utiliser à leur guise. Ces zones coïncident avec les lieux de production de coca et les endroits où les FARC ont imposé leur joug aux paysans. Les soi-disant «zones de concentration» qui ont été dessinées à Cuba seront au nombre de 30. Elles seront démilitarisées. Il n’y aura pas de policiers ou des militaires de la République. Les guérilleros auront dans ces terres le statut de «gendarmes».
  11. Les FARC, par le biais de « comités populaires », pourront « réglementer la production de l’information » en Colombie. Les FARC visent ainsi à exercer un «contrôle social et populaire sur les médias ». Elles ne veulent pas de presse libre et de journalistes indépendants mais veulent imposer une «nouvelle politique de l’information et de la communication ».
  12. Les FARC, dans le post-conflit, organiseront, avec le soutien de l’Etat, des formes de «contrôle ouvrier» dans chaque entreprise, dans chaque bureau, dans chaque propriété agricole. De mystérieux « comités populaires » co-gouverneront dans l’agriculture, l’industrie et le commerce colombien.

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78% de la population rejette les résultats de la négociation, et Santos persiste dans sa ligne de capitulations comme s’il avait le soutien des Colombiens

La population voit tout cela avec horreur, surtout le caractère totalitaire que prennent ces négociations.

Mais ce qui alarme le plus les Colombiens est l’attitude obstinée du gouvernement de Santos qui accepte, sans broncher, ces mesures qui détruiront le système libéral et pluraliste du pays.

Les sondages ont montré, à plusieurs reprises, que 78% de la population rejette les résultats de la négociation. Le 2 avril 2016, d’énormes manifestations contre les FARC et contre ces concessions ont déferlé dans 25 villes en Colombie. Cependant, Santos persiste dans sa ligne de capitulations comme s’il avait le soutien des Colombiens.

Pire, Santos tente à présent de faire inscrire ces points dans le bloc de constitutionnalité colombien. Tout cela sans l’examen préalable du Parlement, ni l’approbation ou le rejet des Colombiens.

Une sorte de coup d’Etat qui ouvrira la porte à une narco-dictature

Il exige en outre que ces changements extrêmes acquièrent un caractère «intangible», ce qui signifie qu’aucun autre gouvernement ne pourra les abroger ou les modifier. Tel est le cœur même de l’«acte législatif pour la paix». Santos a demandé au Congrès, et celui-ci a obtempéré, l’attribution de pouvoirs spéciaux afin de mener par décret la « phase finale du processus de paix ». Pour l’opposition, cette confiscation du pouvoir constituant du Parlement équivaut à une abrogation illégale de la Constitution, à une sorte de coup d’Etat qui ouvrira la porte à une narco-dictature.

La réponse du sénateur Alvaro Uribe et du Centre Démocratique a été de créer un mouvement national de « résistance civile » contre la tournure aberrante que prend le processus de paix.

Si plébiscite il y a, le CD appellera à voter NON.

La réponse de Santos a été d’annoncer, en jouant le rôle de messager des FARC, que si le peuple rejette les «accords», les FARC vont lancer une nouvelle guerre contre le pays et qu’elles frapperont même dans le cœur des villes. Santos a présenté la menace des FARC non pas comme un défi inouï à la Colombie mais comme une réaction légitime des FARC en cas de désaveu des colombiens.

Pour Santos, la seule alternative pour les colombiens est de se plier aux exigences des FARC

Santos n’a pas riposté en disant que ce chantage est inadmissible et que les forces armées défendront le pays. Pour lui, si l’on en croit le ton qu’il a utilisé, la seule alternative pour les colombiens est de se plier aux exigences des FARC.

Au moment de rédiger cet article, l’émotion et la sidération populaire face au chantage des FARC, véhiculé par le chef de l’Etat lui-même, n’avaient perdu en rien de leur intensité.

© Eduardo Mackenzie pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

(1).- colombia.com

 

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