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Publié par Lia Fowler le 18 juillet 2016
Terroristes communistes des FARC
Terroristes communistes des FARC

« Bien qu’il y ait effectivement eu de véritables cas de culpabilité militaire, ils ont été commis par des individus agissant de leur propre chef, et non en tant que pratique usuelle au sein de l’armée.

Ce qui, depuis, est devenu systématique, c’est la pratique judiciaire des « faux coupables bouc-emissaires ».

Lia-Fowler
Par Lia Fowler*

Arnulfo Amaya, dit « Alonso », était un militant de l’Armée de libération nationale colombienne, groupe terroriste connu sous le nom d’ELN.

C’est ce qu’affirme Cindy Rueda, qui a identifié « Alonso » parmi les hommes qui ont réquisitionné son autobus scolaire et l’ont kidnappée en même temps que cinq enfants, en 2002. C’est aussi ce qu’affirme Kevin Rojas, kidnappé en même temps que Cindy, qui a reconnu « Alonso » parmi les hommes qui l’ont gardé en otage pendant trois jours avant qu’il ne soit secouru par une opération militaire commandée à ce moment par le lieutenant Wilmar Ferney Duran. Et c’est aussi ce qu’affirme Duran, aujourd’hui capitaine, et trois soldats sous son commandement, qui avaient plus tard cette année-là participé à « l’Opération Jaguar » pour localiser « Alonso » et d’autres preneurs d’otages encore en liberté à San Calixto, en Colombie, opération lors de laquelle le ravisseur avait été tué après avoir ouvert le feu sur les soldats.

Le terroriste avait été retrouvé en possession d’un MP-5 et d’un chargeur de 32 balles, d’un 9 mm et de deux grenades.

Mais en 2010, malgré les preuves accablantes qu’Alonso était un terroriste de l’ELN – et sans le moindre élément indiquant le contraire – le ravisseur fut qualifié par un procureur de « paysan innocent », et le capitaine Duran et ses hommes furent condamnés à 28 ans de prison.

Le capitaine Duran fait partie de ces milliers de soldats poursuivis et condamnés par les tribunaux colombiens très politisés, où les procureurs et les juges sacrifient systématiquement la justice à leurs propres objectifs idéologiques.

La corruption endémique du système avait été mise en évidence en 2008 dans un enregistrement du magistrat de la Cour suprême, Leonidas Bustos, qui n’a été rendu public que l’année dernière : « … notre argumentation devrait aller dans le sens de l’utilité politique, sociale », avait-il déclaré à ses collègues magistrats au cours de délibérations sur un cas n’ayant aucun lien avec le précédent. « Si nous essayions de valider cette décision par une argumentation de nature juridique, les discussions seraient sans fin ». [NDLR : on retrouve les mêmes raisonnements dans les documents déclaratifs du syndicat de la Magistrature français].

Bien que cet enregistrement soit considéré comme ayant été obtenu illégalement, il est authentique.

À des fins « d’utilité politique », les magistrats et les procureurs abusent d’un système judiciaire qui est devenu une arme imparable contre une armée qui a déjà perdu 16 000 hommes aux mains de l’ELN et de son organisation parente de narcoterroristes, les FARC (Forces armées révolutionnaires communistes de Colombie) – les deux groupes terroristes d’extrême gauche les plus impitoyables de cette région.

Le cas du capitaine Duran est considéré comme l’un de ces soi-disant « faux positifs militaires » que certains groupes droits-de-l’hommistes et certains agents du gouvernement américain évoquent souvent lorsqu’ils s’intéressent aux négociations toujours en cours entre le gouvernement colombien et les FARC, à La Havane. Ce terme désigne les premiers cas découverts en 2008, lorsque des membres de l’armée avaient assassiné des civils sans jugement et les avaient fait passer pour des membres de la guérilla. D’après le bureau de l’Avocat général de Colombie, plus de 1800 enquêtes ont été diligentées au sujet de ces « faux positifs » qui affectent plus de 5000 militaires.

Le capitaine Duran n’a pas été jugé par un tribunal militaire

Mais bien qu’il y ait effectivement eu des cas d’exécutions extra-judiciaires, celles-ci ont été commises par des individus agissant de leur propre chef, et non en tant que pratique systématique au sein de l’armée. Ce qui a été systématique, c’est la pratique judiciaire des faux positifs : sautant sur l’occasion de ce scandale, des juges et des procureurs ont traduit des militaires devant les tribunaux afin de faire passer rétroactivement les terroristes tués au combat pour d’innocentes victimes.

« En conséquence du scandale des “faux positifs”, des milliers de membres de l’armée paient pour des crimes qu’ils n’ont pas commis », a déclaré le capitaine Duran au cours d’une interview par téléphone depuis son lieu de détention en Colombie.

Le passage en revue des dépositions dans son cas démontre son innocence et la violation de l’instruction. Pas un seul témoin n’a pu confirmer devant le tribunal la théorie que le dénommé « Alonso » était autre chose qu’un membre de l’ELN. Tout confirmait la version des militaires, depuis les rapports vérifiés et les communications radio du jour des faits, jusqu’à l’identification d’Alonso comme terroriste par ses victimes, ses complices et les membres de sa communauté, en passant par les armes trouvées en sa possession.

« Il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’une action légale de la part de l’armée nationale », concluait Isaias Rodriguez, co-conseiller du capitaine Duran lors de son procès, au cours d’une interview par téléphone la semaine dernière.

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Mais le capitaine Duran n’a pas été jugé par un tribunal militaire. Dans un éditorial de 2011, l’ancien vice-ministre de la Justice, Rafael Nieto Loaiza, expliquait :

« Lorsqu’il y a des blessés ou des morts au cours d’une opération, les procureurs et les juges mènent aussitôt des enquêtes criminelles dans le cadre du système judiciaire ordinaire, alors qu’ils ne connaissent rien de la théorie ou de la pratique militaire, qu’ils n’ont aucune idée de la façon de planifier, coordonner ou exécuter une opération de combat, et alors qu’ils sont – assez souvent – ennemis des Forces armées. Parfois, ceux qui sont tués lors des combats sont transformés en “faux positifs” ».

Bien qu’un certain nombre des 27 soldats impliqués dans le scandale des « faux positifs militaires » en 2008 aient été acquittés, les faux positifs prononcés à l’encontre de l’armée dans le système judiciaire ont généré une image déformée de l’armée colombienne, que l’on perçoit comme portant systématiquement atteinte aux droits de l’homme – récit entretenu par la propagande des communistes FARC et dont certains agents américains se font aveuglément l’écho.

Par exemple, au cours de la rencontre à Washington, en février dernier, entre le Secrétaire d’État John Kerry et le Président colombien Juan Manuel Santos, Kerry en a appelé à des peines sévères contre les crimes de guerre. Mais alors qu’il passait sous silence les massacres, les prises d’otages de masse, la torture et les mutilations infligées aux civils et aux soldats colombiens tombés aux mains des terroristes des FARC, il a mentionné spécifiquement les soi-disant « faux positifs ».

De même, Jose Miguel Vivanco, de Human Rights Watch Americas, a souvent critiqué l’impunité accordée aux soldats lors des négociations entre Santos et les FARC, tout en fermant les yeux sur le fait que les responsables du recrutement d’enfants-soldats, de l’esclavage sexuel et d’autres crimes de guerre haineux ne feront pas un jour de prison, et seront récompensés par des sièges à la Chambre des représentants.

Cependant, les agents américains qui ont pu se faire une opinion des Forces armées colombiennes, par expérience et non en regardant des images de propagande, les décrivent plus justement :

« … C’est une histoire que les FARC ne veulent pas voir s’ébruiter : que la Colombie a la chance d’avoir une armée professionnelle dévouée à la protection des droits de l’homme et favorable à une paix juste et équitable », a écrit le général américain John Kelly, ancien commandant de l’US Southern Command, dans un éditorial du Miami Herald, le 2 mai 2015**.

Pour ce qui est du capitaine Duran, son cas est actuellement examiné par la Section civile de la Cour suprême. Dans moins d’un mois, la magistrate Margarita Cabello Blanco déterminera si son droit fondamental à un procès équitable a été violé ou non.

Si sa décision se fonde sur l’utilité politique, le capitaine Duran n’a pas la moindre chance. Et la Cour n’a pas intérêt à dévoiler la corruption du système.

Mais si la Cour, comme elle le doit, prend en compte les arguments juridiques, le capitaine Duran sera enfin libéré.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © traduction et adaptation Azénor pour Dreuz.info.

*Lia Fowler est une journaliste américaine, ancien agent spécial du FBI.

** miamiherald.com

Source : periodismosinfronteras.org

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