Publié par Azénor le 5 juillet 2016

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Un dîner d’iftar, annoncé à grand bruit dans l’intention de démontrer que le Premier ministre australien Malcolm Turnbull se soucie d’inclusion, a mal fini après qu’on lui a appris que l’un de ses invités, le sheikh Shady Alsuleiman, enseigne que l’islam prescrit la peine de mort pour les adultères et que les homosexuels répandent des maladies.

Le cheikh Alsuleiman, né en Australie, n’a rien d’un marginal ou d’une racaille : il est le président élu du Conseil national des imams australiens.

Dire à un imam qu’il doit accepter les apostats et les homosexuels est un peu comme dire au Pape qu’il ne doit plus croire en l’Immaculée Conception

Tout en insistant sur la nécessité vitale du « respect mutuel », Turnbull a fait subir une humiliation publique à ce « guide » musulman bien en vue. Il lui a fait part de son regret de l’avoir invité et lui a conseillé de « réfléchir à ce qu’il avait dit et de se rétracter ». En pleine campagne électorale, soucieux de limiter les répercussions de ce dîner qui a mal tourné et qui se tenait seulement quelques jours après le massacre d’Orlando, Turnbull a déclaré que les conceptions de son invité, qui n’était plus le bienvenu, étaient « fausses et inacceptables » et qu’il les condamnait.

Malcolm Turnbull peut bien déplorer les enseignements de Shady Alsuleiman, il n’en reste pas moins qu’il ne s’agissait pas là de ses opinions personnelles. Les enseignements d’Alsuleiman au sujet de l’homosexualité et de l’adultère sont ceux du courant majoritaire de l’islam, prêchés par tous les imams dans le monde. Dire à un imam qu’il doit accepter les apostats et les homosexuels est un peu comme dire au Pape qu’il ne doit plus croire en l’Immaculée Conception.

De nombreux musulmans d’Australie sont désappointés du traitement infligé à Shady Alsuleiman. Ce dîner organisé pour honorer la communauté musulmane a fini en plateforme de dénigrement de l’un de leurs guides les plus respectés en matière de doctrine islamique. Plusieurs imams australiens ont depuis montré qu’ils campaient sur leurs positions en confirmant qu’ils approuvaient la façon dont les homosexuels sont considérés par la charia. Voilà pour ce qui est de se rétracter.

Bien que Turnbull se soit interdit d’exprimer un jugement sur l’islam lui-même, se contentant de dire « qu’il existe différentes conceptions de différents problèmes, comme dans toutes les religions », il a également laissé entendre qu’il est prêt à dénigrer les croyances religieuses des musulmans d’Australie. Les musulmans ont trouvé la pilule dure à avaler, car cela s’est produit sous la forme d’une invitation qui n’était qu’un leurre, destinée à les désavouer, tout cela lors d’une tempête médiatique pré-électorale.

Une effrayante dissonance cognitive

D’un côté, Malcolm Turnbull a déclaré : « Je récuse et condamne tous commentaires dévalorisants pour n’importe quel groupe d’Australiens, qu’ils soient fondés sur leur race, leur religion, leur sexualité ou leur genre ». D’un autre côté, il dévalorise un des leaders musulmans les plus en vue en Australie en raison de ses enseignements religieux.

Turnbull a également déclaré :

« Il est vital, pour notre société multiculturelle, que chacun se sente inclus et que chacun d’entre nous accorde à l’autre un respect mutuel ».

Shady Alsuleiman a posté en réponse une vidéo sur sa page Facebook, qui a été vue plus de 40 000 fois, disant :

« Mais ce respect n’inclut-il pas aussi le respect des croyances religieuses des gens ? »

[NDLR : pas si ces croyances excluent celles des autres, est-ce si difficile à comprendre, Alsuleiman ?]

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Il semble que Turnbull souscrive à la (vraiment très) mauvaise idée que toutes les religions véhiculent les mêmes valeurs essentielles.

En 2011, lors d’un débat télévisé de la chaîne ABC, il avait fait l’éloge de la modération de l’islam qui incarnait « des valeurs universelles ». Cet universalisme aveugle l’empêche d’admettre qu’il est possible qu’une religion enseigne des choses qu’il devrait considérer de son devoir de faire disparaître. Il ne fait aucun doute que le Premier ministre subit aussi l’influence du Service australien de sécurité nationale (l’ASIO) qui lui conseille de ne pas s’aliéner les musulmans en critiquant leur religion. Cette politique est inspirée par la peur d’offenser les adeptes de l’unique religion d’où sont issus la plupart des terroristes ; c’est cette même politique qui fait déverser des millions de dollars sur les organisations islamiques, et non pas sur les organisations sikhs ou coptes.

Turnbull a tenté cette stratégie consistant à « tuer le messager » pour minimiser la dissonance cognitive que manifestent ses déclarations contradictoires, en faisant porter l’attention sur un individu et non sur sa religion.

Il n’en reste pas moins que quelles que soient les opinions de Shady Alsuleiman au sujet des gays, ses enseignements sur l’adultère et l’homosexualité n’ont rien de personnel. Si l’on considère sa formation intensive dans le domaine de la charia, ses opinions pourraient être qualifiées de personnelles si elles divergeaient des conceptions islamiques générales. Ce qui n’est pas le cas.

L’équipe de Turnbull a certainement effectué une recherche sur Google avant d’inviter le cheikh à dîner. Et ainsi que le formule Shady Alsuleiman sur Facebook, « le Premier ministre aura le même problème à l’avenir quand il invitera n’importe quel autre imam musulman ayant n’importe quelle autre fonction ». Plutôt que d’attirer l’attention sur les discours de haine de l’imam, il faudrait plutôt contester la doctrine religieuse qui est au fondement de ce qu’il prêche.

Tant que nos politiciens feront semblant de croire que les enseignements islamiques contestables ne relèvent que de fautes personnelles, tout en proclamant que la religion islamique est pure et sans reproche, nous serons coincés.

Il ne suffit pas de dire à un chef religieux musulman que nous respectons sa religion, mais que nous rejetons ses croyances religieuses. Il faut parler clairement de la charia, pas de ceux qui la prônent.

Mark Durie est un pasteur anglican, contributeur du cercle Shillman-Ginsburg du Middle East Forum et auteur de The Third Choice : Islam, Dhimmitude and Freedom, et l’auteur de cet article.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © traduction et adaptation Azénor pour Dreuz.info.

Source : spectator.co.uk

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