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Publié par Alain Rubin le 3 août 2016

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Mbayang Diop

De fait divers, l’histoire tragique de Mbayang Diop est devenue une affaire d’Etat ; elle interpelle les consciences.

Mbayang Diop est une toute jeune femme, presqu’encore une enfant. Elle s’est dévouée pour nourrir sa famille.

Mbayang s’est sacrifiée : elle a accepté de partir travailler, comme domestique, en Arabie saoudite. Les recruteurs de main-d’œuvre, -pourvoyeurs de domesticité, principalement-, sillonnent l’Afrique ; ils viennent y recruter des travailleurs dont on ne sait que trop qu’ils ne seront pas bien traités par des employeurs toujours soutenus par l’administration et la justice saoudienne. Fréquemment, leur situation s’apparente à un état d’esclave.

Mbayang a croisé ces recruteurs : elle a accepté de partir, pour que toute la famille mange à peu près à sa faim.

Il y a quelques mois, la société mauritanienne s’était émue : une centaine de jeunes femmes allaient partir comme domestiques en Arabie ou au Quatar. Pour beaucoup de leurs concitoyens, cela voulait dire qu’elles allaient partir en esclavage.

Mbayang Diop a été recrutée au Sénégal. Arrivée en Arabie, elle a rencontré la mise en quasi esclavage, une situation encore récemment dénoncée, par une jeune africaine ayant pu regagner son pays après avoir subi ce calvaire.

Etre humiliée, battue, piétinée

Ce fut le quotidien de Mbayang. Ce fut sa routine, jusqu’au jour où elle s’est rebiffée. Ce fut la norme réglant sa vie, jusqu’à cet instant où elle n’a pas accepté de recevoir gifles et coups,  sans mot-dire, sans réagir.

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Sa réaction ne fut pas préméditée, elle était réaction à une goutte de trop. Ce jour-là, il y avait eu encore et encore, mépris, injures, coups. Mais à la différence des autres nombreuses fois, l’esclave tint tête, elle se rebiffa, elle ne se laissa pas frapper, elle esquiva l’arme et, dans la mêlée de l’altercation, c’est la patronne esclavagiste armée qui resta sans vie.

La justice locale a tranché

Elle a décidé, que l’esclave devait payer de sa tête d’avoir refusé les coups…

La société sénégalaise réagit

Babacar Seye a été le premier à dire non : non ce n’est pas juste, non, ce n’est pas possible. Puis les Grands marabouts de Dakar se sont eux-aussi fait entendre, demandant grâce pour Mbayang.

Le refus de l’injustice adossée à des normes d’un autre âge s’est étendu : télévision, radio, journaux, tous s’y sont mis. Les associations de femmes sénégalaises ne sont pas en reste pour dresser l’opinion contre la mise à mort de l’esclave.

Le Sénégal demande à son gouvernement de se prononcer et d’agir

Ce jour (2 août), avec le grand Serigne Ndakarou, une manifestation est convoquée sur le parvis de la grande mosquée de Dakar.

L’émoi du petit peuple sénégalais et de ses élites attachés aux droits humains fait bouger l’opinion. L’information est parvenue jusqu’en France, en Israël, au Mali ; les personnes informées réagissent de la même façon et se demandent comment faire en sorte que Mbayang ne se retrouve pas devant le bourreau.

Les Sénégalais réagissant à la menace de mise à mort de Mbayang Diop se disent aussi et font valoir à leur gouvernement : (que) notre état, nos autorités, devraient mettre en place des autorisations basant les visas de travail sur la production de garanties légales faisant en sorte que le travailleur sénégalais, partant pour l’Arabie ou tout autre pays, ne puisse se retrouver esclave de fait. Ils réclament à leur gouvernement qu’il intervienne, immédiatement, pour Mbayang Diop, auprès du gouvernement saoudien.

Une affaire à suivre…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alain Rubin pour Dreuz.info.

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