Publié par Gaia - Dreuz le 26 août 2016

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Les termes sont martiaux mais la réalité est là : rien ne distingue plus les affrontements de scènes de guerre. A chaque émeute de jeunes musulmans, dans les quartiers de l’Essonne, les zones de non droit sont devenues des zones de guerre, où les policiers essuient des tirs de mortier.

Le dernier épisode en date remonte à lundi dernier dans le quartier de la Grande Borne.

Une patrouille est visée par ces tirs projetés grâce à des tubes qui servent à orienter la trajectoire. Les fonctionnaires ne sont pas blessés et parviennent à voir d’où vient l’attaque. Deux jeunes musulmans du quartier sont interpellés et, en perquisition dans l’appartement, les policiers mettent la main sur… une vingtaine de boites d’explosifs !

L’un des jeunes a écopé d’un « rappel à la loi » comme s’il était monté dans le bus sans ticket, et le premier ministre prétend qu’il entend maintenir l’ordre. L’autre, encore moins : une simple convocation au tribunal.

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Dans la nuit du 7 au 8 juillet dernier, les policiers sont tombés dans un guet-apens à Grigny 2.

« A chaque fois, le schéma est le même », explique un agent de Juvisy-sur-Orge. « Une voiture est incendiée et on est accueillis avec des boules de pétanque, de l’électroménager qui tombe des fenêtres et des tirs de mortiers ».

Cette nuit là, trois policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) sont brûlés au niveau des avant-bras par les tirs.

« C’est devenu récurrent, nous y sommes confrontés à chaque épisode de violences urbaines », confirme un policier du département.

Un commissaire confirme : « Les tirs de mortiers font souvent suite à des ‘mécontentements’ et répondent par exemple à des vagues d’interpellation. »

Ça avait été le cas en juillet 2015 aux Ulis après des démantèlements de trafics de stupéfiants.

Et aucun journaliste, aucun politicien ne fait son métier et réclame des explications sur les raisons qui poussent les autorités à tolérer ces armes, à laisser leurs auteurs en liberté, qui feront des massacres si éclate une guerre civile contre une population française qui n’a pas le droit de posséder d’armes pour se défendre.

« Il faudra qu’il y ait un mort pour prendre en compte la menace »

Pour plus « d’efficacité », les tubes en carton sont remplacés par des tubes en PVC, plus longs, volés sur des chantiers, méthode initiée par les arabes Palestiniens de Gaza.

« Cela leur permet d’avoir des tirs plus précis », déplore un fonctionnaire.

« Ils se fournissent en mortiers la plupart du temps sur Internet en passant par des sites étrangers », ajoute le gradé.

Un enquêteur poursuit :

« Je pense qu’ils profitent des approvisionnements en stupéfiants, en Belgique notamment, pour acheter des mortiers qui sont en vente libre là-bas. Le 13 juillet, sur les toits de Grigny 2, on a retrouvé des dizaines de boites vides. »

Les munitions, réservées aux professionnels de la pyrotechnie pour faire exploser des bâtiments ou des collines, voire même pour des feux d’artifice, ont une portée d’une trentaine de mètres et se transforment ainsi en de dangereuses armes. « Lorsque que le mortier explose, il peut occasionner des brûlures. Bien entendu, en cas d’impact, les blessures peuvent être très graves », continue l’officier de police.

« C’est fait pour toucher les fonctionnaires dans leur chair », note Fouad Belhaj du syndicat policier Alliance. « Dans les cités, on nous appelle les mange-cailloux. On n’a pas l’armement adéquat pour répondre à ces attaques. Il faudra malheureusement qu’il y ait un mort pour prendre en compte cette menace. »

« Depuis deux ans, c’est tout le temps »

Témoignage de Martin*, ex-agent de la Brigade spécialisée de terrain.

Martin a passé six ans à la Brigade spécialisée de terrain (BST), une unité dont la mission impossible est de « sécuriser » les quartiers, d’ailleurs aucune mission n’a jamais réussie.

Il a vu arriver et augmenter les attaques à coups de tirs de mortier contre les policiers  : « Depuis deux ans, c’est tout le temps. Dès qu’une voiture brûle dans un quartier, on sait qu’on va ramasser. J’ai des collègues qui ont été sérieusement brûlés. »

Martin continue  : « Les personnes en face [jeunes musulmans] sont très organisées dans la façon dont elles tendent leurs guet-apens. Il y a une appréhension qui s’est installée dans nos rangs. On est des cibles. Ces gens sont en colère. Ils ne peuvent pas atteindre les hommes politiques alors ils s’en prennent aux policiers. Quand on fait un contrôle dans un quartier, on sait que dans le quart d’heure on va avoir un tir de mortier. »

« L’étape suivante ce sera l’arme à feu  ?»

*Le prénom a été modifié.

« J’ai peur qu’une fusée rentre chez moi »

Nadya, habitante du square Surcouf

Le square Surcouf a Grigny 2 est régulièrement le théâtre d’affrontement violents opposant musulmans et forces de l’ordre. Nadya vit dans une de ces tours hautes de 18 étages. Elle est aux premières loges de ces scènes de guerre qui ressemblent de plus en plus à la Syrie.

« Quand ça pète, c’est comme si c’était la guerre » raconte-t-elle.

« Durant l’Euro de foot, ça a été infernal. C’était presque à chaque match de l’équipe de France.

Notre immeuble avait dû être évacué parce qu’un ‘feu d’artifice’ avait mis le feu à nos poubelles.

Quand, il y a des émeutes, tout le monde reste chez soi.

Dehors, il n’y a que les jeunes [agresseurs musulmans], les pompiers et la police. Moi, ça m’angoisse.

Quand c’est comme ça, je ne peux pas laisser mes fenêtres ouvertes même s’il fait chaud. J’ai peur qu’une fusée rentre chez moi. »

© Gaïa pour www.Dreuz.info

Source : Leparisien

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