Publié par Magali Marc le 29 août 2016

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Dans toute la francophonie, les gauchistes ont un langage commun : ils se disent progressistes, droits-de-l’hommistes, pacifistes, multiculturalistes, antifascistes, politiquement corrects, tolérants, et ouverts à la diversité. Dans toute la francophonie, il est de bon ton, à gauche, de faire semblant de défendre les exclus et les opprimés pour mieux attaquer le capitalisme, la recherche du profit la création de richesses qu’on doit néanmoins partager.

Car les gauchistes ont tous cette phrase à la bouche : le partage équitable des richesses est non négociable.

Quand il est question de la création de la richesse, il n’y a plus personne ! Aucun gauchiste n’a été capable de m’expliquer comment il compte partager une richesse qu’il n’a pas d’abord créée !

À l’époque où je poursuivais mes études en science politique, le slogan de mes copains marxistes c’était : « Faisons payer les riches !». Leurs parents payaient leurs études pendant que moi je devais travailler à des petits boulots chaque été pour pouvoir payer mes frais de scolarité. Contrairement à ces marxistes d’opérette, je n’avais pas les moyens d’aller faire du ski pendant la pause printanière (la semaine de relâche pour les étudiants post-secondaires).

À l’époque, on ne se souciait pas trop du Moyen-Orient. Israël, souvent gouverné par les travaillistes, était vu sinon avec bienveillance, en tout cas avec neutralité.

Depuis la chute du mur de Berlin et l’écroulement de l’empire soviétique, il n’y a plus aucun espoir que la « révolution » préconisée par les camarades se concrétise. Le Grand Soir n’est pas pour demain.

En panne de cause à défendre, les gauchistes se sont rabattus sur Israël, l’État juif « situé sur le mauvais versant de la colline idéologique* », avant-garde du capitalisme exploiteur du Tiers-Monde.

Les gauchistes ont pris parti pour les Falestiniens, victimes de « l’occupation israélienne » (apparemment cette « occupation » n’était pas un problème tant que la gauche israélienne était au pouvoir).

Plus récemment, pas un attentat au couteau, aux ciseaux ou à la voiture bélier commis en Israël n’a été présenté comme un acte terroriste par les médias contrôlés ou influencés par les gauchistes.

Je n’apprends rien aux lecteurs assidus de Dreuz en disant que pour les médias de masse ou pour les journalistes complaisants ou opportunistes qui souhaitent conserver leurs postes ou leur pouvoir de nuisance, ces attaques sont des actes de désespoir, des gestes héroïques de résistance à l’« occupation ».

C’est la raison pour laquelle aucun média de masse n’a fait le rapprochement entre l’attentat de Nice du 14 juillet, et les attaques similaires à la voiture-bélier commises en Israël.

Comme l’a expliqué Jean François Revel dans La Tentation totalitaire*, la réalité n’a pas de prise sur les cerveaux des gauchistes convaincus.

Ils campent depuis des années sur une position de principe et refusent de voir que c’est leur idéologie dépassée qui les empêche de condamner – ou même de reconnaître – les attaques motivées par le djihad islamique et les tentatives plus ou moins subtiles d’imposer la charia aux Occidentaux.

Ceux qui ne pensent pas comme eux sont soit des « fascistes », des tenants de l’extrême « drouatte », racistes et islamophobes ; soit des névrosés, paranoïaques qui voient des menaces terroristes partout et un djihadiste derrière chaque musulman.

Les gauchistes caricaturent Trump comme ils caricaturent la droite et tous ceux qui expriment la moindre inquiétude devant le nombre grandissant de musulmans, convertis ou non, qui s’enflamment en faveur de l’État islamique.

Je ne crois pas que les gauchistes complotent pour détruire l’Occident. Je crois qu’ils ne voient pas que c’est ce qu’ils font.

La défense du Christianisme (et des chrétiens) ne les intéresse pas parce qu’ils se considèrent comme des athées et que pour eux la Bible est un fatras de fables à dormir debout et toutes les religions sont « l’opium du peuple ».

L’Islam aussi, avec cette différence que l’Islam échappe à leurs critiques parce que selon eux, c’est la religion des pauvres, des exclus, des exploités du Tiers-Monde. Mieux vaut être un croyant de l’Islam qu’un décervelé acheté ou convaincu par la propagande capitaliste.

Le Pape François, qui pourfend la recherche du profit chaque fois qu’il a l’occasion de dire quelque chose, n’est pas différent quand il refuse d’attribuer l’assassinat du Père Hamel à l’islam et ânonne quelques banalités incohérentes sur le fait que tous les gestes de violence sont motivés par la poursuite du lucre et jamais par la religion.

Je ne crois pas que ce soit un complot de la part des gauchistes. Je pense qu’ils croient sincèrement les inepties qu’ils débitent. Quand ils ont des doutes, ils se disent que la situation serait probablement pire si les Occidentaux commençaient à se fâcher vraiment contre les musulmans.

Déjà le moindre incident (au Canada une musulmane qui s’est fait arracher son foulard) est monté en épingle et les « islamophobes » sont pointés du doigt, comme le sont ceux qui ne veulent pas du burkini.

J’ai toujours du mal avec les théories du complot. La négation de la réalité est une attitude tellement stupide qu’elle ne peut pas tromper les gens indéfiniment.

Je crois que comme le disait le président américain, Abraham Lincoln : «You can fool all the people some of the time, and some of the people all the time, but you cannot fool all the people all the time.».

Donc si ce n’est pas une théorie du complot pourquoi les gauchistes et avec eux les féministes, s’acharnent-ils à défendre la burka, le hijab, le burkini ? À nier que l’islam est une idéologie mortifère qui produit des assassins ?

Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais la grande majorité des terroristes sont des musulmans.

Il ne sert à rien de répéter comme des perroquets que le cas Breivik en Norvège démontre le contraire alors que pour un Anders Breivik, on peut aligner au moins dix djihadistes nommés Mohammed (prénoms et noms de famille confondus) soit Atef, Atta, Hadayet, Merah, Abdulhakim Mujahid, Youssef Abdulazeez, Rezwanul Ahsan Nafis, Abdulhakim Muhammad, Yasin Abdi Mohamed et Lahouaiej Bouhlel. Et c’est sans compter les Omar, Abdul et compagnie.

Je ne suis pas certaine que les gauchistes veulent mentir autant qu’ils se mentent à eux-mêmes.

Dans le Journal de Montréal du 3 août dernier, Sophie Durocher cite une interview de Salman Rushdie qui déplore le retour du politiquement correct et le fait « … qu’aujourd’hui ce soit la gauche qui refuse de se battre pour la liberté d’expression. On en a eu un bel exemple plus tôt cette année quand de grands auteurs (dont le Canadien Michael Ondaatje et l’Américaine Joyce Carol Oates) ont refusé de participer à une remise de prix du courage à Charlie Hebdo lors du congrès de l’association de défense de la liberté d’expression PEN. »

« J’ai alors eu la sensation que si les attaques contre Les Versets sataniques avaient lieu aujourd’hui, ces gens ne prendraient pas ma défense et useraient de ces mêmes arguments contre moi, en m’accusant d’insulter une minorité ethnique et culturelle. »

La raison invoquée par ces grands intellectuels, supposément progressistes et tolérants, pour snober Charlie Hebdo ? Ils trouvaient le magazine islamophobe.

Dans le journal Le Monde du 13 octobre 2008, Jean-Pierre Tuquoi faisait une recension du livre de Jean Ziegler (le pape des gauchistes anti-capitalistes européens) intitulé La Haine de l’Occident* (Albin Michel) :

« Si l’on suit le raisonnement de Jean Ziegler, les peuples du tiers-monde ont bien raison de haïr l’Occident.

Les Occidentaux ont arraché à leurs foyers et déporté outre-Atlantique des dizaines de millions d’Africains dont ils ont fait des esclaves. Plus tard, par le fer et le feu, ils ont colonisé et exterminé les peuples qui vivaient sur les terres de leurs ancêtres en Afrique, en Australie, en Inde… Le temps a coulé depuis, mais « les peuples, écrit Jean Ziegler, se souviennent des humiliations, des horreurs subies dans le passé. Ils ont décidé de demander des comptes à l’Occident ». »

« Ils sont d’autant plus fondés à le faire, estime le Savonarole suisse, célèbre pour ses coups de gueule, que l’ordre mondial actuel ne fait que perpétuer la mainmise historique de l’Occident. En témoigne la destruction du marché africain du coton par les firmes américaines avec la complicité de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou les accords économiques inégaux imposés par l’Europe à ses anciennes colonies. »

« L’émergence de multinationales dans les pays du Sud, les succès de la Chine et de l’Inde ne remettent pas en question le modèle. Les oligarchies du sud, soutient l’auteur, se contentent de reproduire le système mondial de domination et d’exploitation inventé par les Occidentaux. Même les droits de l’homme – un héritage des Lumières – participent du complot. » « Alors qu’ils devraient être « l’armature de la communauté internationale » et le « langage commun de l’humanité », ils sont instrumentalisés par les Occidentaux au gré de leurs intérêts. »

Il y a beaucoup de vérités dans les propos de Ziegler. Mais est-ce servir la cause des peuples du Sud que de caricaturer la réalité et de tordre le cou aux faits ?

Pourquoi faire peser sur les Occidentaux tous les errements du continent africain ? La faillite de la culture du coton au Tchad et au Togo doit davantage à la gestion calamiteuse des despotes locaux qu’aux subventions versées par les Américains à leurs producteurs nationaux.

La situation du Zimbabwe signe l’échec du président Mugabe et non celui de l’ancien colonisateur britannique.

La faillite du Nigeria, un pays riche dont les habitants sont pauvres, a plus à voir avec la voracité de sa classe dirigeante qu’avec un complot des compagnies pétrolières. Et si la Chine détient le record mondial des exécutions capitales, l’Occident n’y est pas pour grand-chose.

Les erreurs factuelles grossières décrédibilisent aussi la démonstration. La guerre d’Algérie a fait, de l’avis des historiens les plus sérieux, entre 250 000 et 400 000 morts. On est loin des deux millions de victimes cités, sans la moindre source, par l’auteur.

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Même approximation à propos de la répression de la révolte de Madagascar en 1947. L’auteur parle de 85 000 personnes tuées par l’armée française quand les chercheurs avancent qu’il y a eu 20 000 à 30 000 morts. « L’arrogance » aveugle l’Occident, écrit Ziegler. Que dire alors de la mauvaise foi dont témoigne trop souvent l’auteur du livre ?

Plus récemment, Djihad Watch faisait remarquer que le New York Times utilise deux poids, deux mesures lorsqu’il s’agit de défendre les droits des minorités.

Ainsi, alors qu’en février dernier, la ville de Toronto a permis des séances pour femmes seulement dans une piscine publique à des heures spécifiques à la demande de résidents musulmans, le NYT a applaudi.

Bien qu’il ait été question d’une nouvelle d’outre frontière, les éditorialistes du journal ont fait ressortir qu’il s’agissait là d’une belle démonstration de « l’intégration communautaire. » C’était un « modèle d’inclusion ». « Voilà le Canada nous montrant comment les citoyens avec des points de vue différents sur la pudeur et la morale peuvent être traités avec courtoisie (…). » écrivait le NYT.

Pourtant lorsque les femmes juives orthodoxes ont obtenu quelques heures réservées au cours de la semaine dans une piscine municipale de Brooklyn, faisant en sorte d’accommoder des femmes dont les scrupules religieux les empêchent de nager avec les hommes, les vaillants défenseurs de l’inclusion ont vu la question sous un angle totalement différent.

Ce désir de la part d’un nombre assez élevé de résidents dans cette partie de Williamsburg d’être fidèles à leurs traditions de pudeur était, selon le New York Times, un « affront aux lois de la Ville de New York et à la Constitution ».

Cette même Constitution, au nom de laquelle les libéraux aujourd’hui exigent avec véhémence l’égalité pour les mariages de même sexe, l’utilisation des toilettes sans restriction pour les transsexuels et une foule d’autres « droits » qui peuvent en perturber d’autres, selon l’interprétation du Times, serait donc sans conteste, opposée à l’octroi d’accommodements pour les Juifs orthodoxes en raison de leurs croyances…

Les gauchistes se mentent à eux mêmes et/ou font preuve de mauvaise foi. Certains jouent le jeu, cyniquement, pour conserver le droit de s’exprimer publiquement. Leurs jobs sont plus importants que la survie de l’Occident.

* L’expression est de Luc Rosenzweig dans sa Lettre à mes amis propalestiniens*, publiée en 2005 aux Éditions de la Martinière, p.17.

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