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Publié par Eduardo Mackenzie le 10 septembre 2016

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Le 2 octobre prochain, les Colombiens devront approuver ou rejeter, dans un plébiscite, l’« accord de paix » que les FARC et le gouvernement de Colombie ont signé le 24 septembre 2016 à La Havane.

Ce texte, un pavé de 297 pages, marque l’étrange capitulation d’un Etat démocratique (ou qui était démocratique) devant un cartel-narco-guérilla. Ils ont pris six ans pour concocter en secret cette horreur. Tous les secteurs de la société colombienne sont visés. Voyons ici le sort que cet « accord de paix » réserve, par exemple, aux paysans colombiens.

 

Le concept qui articule tout le point 1 de l’«accord final» de paix avec les FARC est la «réforme rurale intégrale » (RRI). Le concept de «réforme agraire» est inexistant dans ce document. Pourquoi ? Parce que l’«agriculture» est une chose et la «ruralité» en est une autre. Bien que similaires, ces deux notions ne sont pas entièrement synonymes : elles renferment des accents différents. L’« agraire » vise à la distribution et à la possession de terres cultivées ou cultivables. Le « rural » va bien au-delà. C’est tout ce qui est non urbain. Dans les zones rurales il n’y a pas seulement la terre cultivée mais aussi la géographie non agricole, les jungles et les forêts, tout l’espace naturel, la vie animale et végétale.

Avec ce point 1 du document de 297 pages que le président Santos a signé, les FARC cherchent à faire la «transformation structurelle» d’énormes surfaces, beaucoup plus vastes que le monde agricole colombien. Elles veulent régenter un immense secteur qu’aucune réforme agraire en Colombie n’avait osé toucher et perturber bureaucratiquement.

Il est indispensable de faire cette distinction. Elle montre que l’«accord final» est truffé de pièges et de subtilités linguistiques, car leurs habiles rédacteurs, tant du gouvernement que des FARC, cherchent à imposer des critères très contestables sur la refonte de vastes territoires du pays sous l’apparence d’un changement innocent et limité du secteur agricole.

Le texte relègue en arrière-plan les êtres humains.

Son champ d’action central est le «territoire rural» qui serait «un cadre socio-historique» où il y a des «communautés», à savoir «des hommes et des femmes qui jouent un rôle protagoniste ».

Protagoniste ? Pas du tout. Tout au long de ce chapitre, comme nous le verrons, ce qui prime c’est le « territoire rural ». Les gens viennent après.

Dans le texte, tout dépendrait de la RRI. Elle promet d’atteindre un objectif utopique : « combler le fossé entre la campagne et la ville ». Pour ce faire, elle utilisera la « distribution des terres », l’« accession à la propriété rurale», la «démocratisation de la propriété» et la «déconcentration de la terre ». D’autres analystes ont déjà mis en question le caractère irréalisable et aventurier de la conformation d’un «fonds de terres pour la RRI» et les abus et les violences qui vont se déclencher avec l’appropriation accélérée de 20 millions d’hectares ou plus. Mais le thème que je veux aborder n’est pas celui-ci.

L’aspect que je veux aborder est celui de la réforme rurale intégrale (RRI) qui contrôlerait tous ces ressorts et de nombreux autres, tels que la «production agricole nationale », l’alimentation des «communautés », les plans de « développement durable », la « vie des communautés », l’ «éducation en milieu rural» et la «consultation et le dialogue social».

Tout ceci constitue une vision totalisante, qui asphyxierait la vie rurale du pays.

Le grand paradoxe réside dans le fait que, bien qu’englobant tout, cette vision est bien étroite. Car elle se focalise uniquement sur deux axes :

  1. La «production paysanne, familiale et communautaire» et
  2. «Vaincre la pauvreté et l’inégalité» des «communautés».

Ces axes sont importants, mais ils ne peuvent pas être les seuls.

Ce document laisse de côté tout ce qui est non moins essentiel et pas moins réel :

  • la population rurale (notion mille fois plus large que celle de «communautés»),
  • l’agriculture établie,
  • la productivité du travail assurée,
  • le développement de l’agro-industrie,
  • l’infrastructure installée sur le terrain et dans les zones rurales.

Il n’y a aucune proposition pour faire face à la préservation et à l’expansion réelle des terres agricoles et des forêts ; rien sur la protection de l’eau, des systèmes d’irrigation, des voies navigables et des canaux ; rien sur les jungles, les forêts, les plaines, les déserts, les côtes et littoraux, qui font également partie de la «ruralité».

Sur ces questions, le document ne pipe mot.

Il ne traite pas non plus la question de la liberté individuelle, ni de l’investissement privé, ni de la possibilité d’accumulation primaire. Il n’apporte pas la moindre garantie de respect de la propriété privée. C’est comme si le document cherchait à faire revenir la Colombie à une phase d’économie de subsistance où la production agricole n’est pas transformable, exportable et capitalisable. Une situation où l’État contrôle toute l’activité économique, comme en Corée du Nord, à Cuba, etc. La bureaucratie de l’État est le seul décideur. Ces leviers socialistes concentreraient tous les pouvoirs concernant l’espace rural.

Lorsque le texte parle de «nouvelles technologies» il le fait dans le cadre étroit de l’« économie paysanne et communautaire », et non pas dans le contexte d’une nation qui cherche à développer ses forces productives.

Le point 1 de l’«accord final» est inepte, artificiel et livresque.

Pas étonnant. On sait que l’agriculture socialiste n’est pas très brillante et que les marxistes ont toujours méprisé les paysans.

Engels disait d’eux qu’ils sont les «barbares de la civilisation ». Marx répète cette formule dans plusieurs de ses livres. Il estimait que la mentalité des paysans était essentiellement bourgeoise et capitaliste. Dans le Manifeste communiste, ils disent que la paysannerie est «réactionnaire». Mais comme cette classe ne pouvait pas être négligée, en raison de son énorme poids social (en Russie elle représentait 90% de la population) ils devaient l’utiliser sous le puissant contrôle « du prolétariat », à savoir la minorité communiste. Ce fut l’origine de grandes catastrophes humaines en Russie, en Chine, etc.

Cette méfiance se reflète aussi dans l’«accord final» avec les FARC.

Dans ce texte, les paysans sont décrits comme des êtres passifs. Ils sont parqués dans des «réserves», dans les horribles «zones de réserve paysanne ».

Ils ne sont plus libres, ils ne sont plus les acteurs de leur propre destin. Ils sont la masse humaine de mobilisation du parti-guérilla. Rien de plus.

Le texte dit, tout au plus, qu’ils « contribuent » aux plans de la RRI, mais ils ne dirigent pas quoi que ce soit. Ils sont toujours encadrés par quelque chose, par des coopératives et par des «mouvements sociaux» eux-mêmes contrôlés par les FARC. Les paysans, selon ce document, doivent être «intégrés» à la «culture démocratique» (lire : à l’idéologie des FARC). Celles-ci estiment que toute chose venant de l’initiative libre et spontanée de la paysannerie est suspect.

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Dans les pays où le communisme a pris le pouvoir, on a inventé des méthodes et des organismes absurdes pour opprimer la paysannerie : les «comités de la pauvreté» de 1918 en Russie, puis les fermes collectives et les coopératives agricoles (sovkhoz et kolkhoz) où les paysans n’étaient pas libres d’adhérer ou de se retirer. La seule exception: les zadrouga de Yougoslavie, où ceci était possible.

La collectivisation forcée a été une terrible épreuve.

  • Les paysans riches et moyens ont été expropriés, affamés et exterminés.
  • Les paysans pauvres quant à eux ont été transformés en employés de l’État recevant des salaires de misère.
  • La paysannerie est devenue un sous-prolétariat qui a été esclavagée et déportée en fonction des besoins du régime. Ceux qui n’en sont pas morts ont péri au Goulag.
  • Le communisme soviétique a détruit la paysannerie comme classe et cette destruction a été la première phase de sa guerre contre le peuple, comme l’a expliqué longtemps après un ancien communiste gorbatchevien, Alexander Yakovlev.

Le point 1 de l’«accord final», si ennuyeux avec ses répétitions, nie le progrès et le développement rural.

Il exclut de son analyse les agriculteurs. Il porte sa réflexion sur les «communautés» et se contente de proposer des solutions bureaucratiques à cette échelle. Toutefois, il souligne que la RRI «est universellement applicable», ce qui signifie que toute politique rurale devrait adhérer à cette vision réductrice.

L’homme, disent-ils, est le cancer de la terre et le capitalisme est la pire forme de cette maladie

Le document a aussi des accents qui lui viennent de l’écologie extrémiste, punitive, de l’idéologie de la décroissance.

Cette curieuse vision repose sur un néo-ruralisme où les villes et les infrastructures sont des obstacles. Ces groupes ont même théorisé la réduction de la présence humaine dans la nature. L’homme, disent-ils, est le cancer de la terre et le capitalisme est la pire forme de cette maladie. Des relents de cette idéologie sont dans le point 1 de l’«accord final», lequel conçoit seulement «l’économie paysanne et communautaire» comme base du projet révolutionnaire. Toute la construction de ce chapitre cible ce secteur, et non pas le pays en général. On y rencontre aussi une certaine méfiance de la science, de la technologie et de la créativité libre. Un tel projet est donc réactionnaire et inapplicable, même si ’il est enveloppé de bonnes intentions et d’hyperboles progressistes.

Approuver ce document lors du prochain plébiscite reviendra à confiner ces centaines de milliers, sinon des millions, de Colombiens dans les « communautés rurales », dans les «réserves», où ils seront exploités à volonté par les FARC.

Tel est le plan de la RRI qui promet des merveilles. Mais, lorsque les narco-communiste promettent des merveilles, nous savons de quoi il s’agit. Ouvrons les yeux !

© Eduardo Mackenzie pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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