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Publié par Alain Rubin le 28 septembre 2016

mahmoudabbas

La nouvelle offensive djihadiste, relayée par les fanatiques dits BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël exclusivement), offensive au couteau qui voit -une fois de plus et une fois de trop- les agitpropistes de l’AFP prendre fait et cause pour les collègues des tueurs envoyés par Daesh, nécessite de remettre les pendules à l’heure.

En qualifiant les tueurs de victimes, les écervelés fanatiques se positionnent comme de purs et simples compagnons de routes du djihad.

Il m’a semblé à ce propos qu’il n’était pas inutile de rappeler ce que déclarait le journaliste arabe israélien Khaled Abu Toameh il y a un peu plus de deux ans et demi (mars 2014)

Retour sur des vérités niées

La diplomatie française fait dans la surenchère. Elle intrigue. Elle fait du lobbying. Elle veut obtenir une mise en demeure d’Israël, débouchant sur une quatrième expulsion collective des Juifs de Jérusalem (après celle de l’an 135, consécutive à l’écrasement de la révolte de Bar Ko’hba, après celle qui suivit la révolte judéo-samaritaine contre la Rome byzantine au tout début du 6e siècle et celle qui suivit la grande tuerie que produisit la prise de Jérusalem par les chevaliers Francs de Godefroy de Bouillon en 1099).

Nos Godefroy de Bouillon modernes sévissent aujourd’hui au Quai d’Orsay.

Ils s’y agitent et vibrionnent ; ils y fabriquent des rapports, tous conformes à une vérité a priori : Israël n’est pas chez lui en terre de Judée, une terre qu’il faut, coûte que coûte, appeler Palestine, même lorsqu’il s’agit de lire un passage des évangiles où il est écrit : que Jésus va d’un point à l’autre de Judée et se rend en Galilée…

La diplomatie française veut employer les grands moyens, des moyens qui ressortissent de ce que faute d’autres termes -plus précis et correspondant aux buts stratégiques et aux moyens qui en résulteraient si ce but était atteint- j’appellerai : un pogrom diplomatique.

C’est pour répondre à ces appels diplomatiques au meurtre, démentant tous les discours officiels présidentiels, qu’il m’a semblé utile de redonner aujourd’hui la parole à Khaled Abou Toameh, un journaliste arabe israélien.

Khaled Abu Toameh

Ce jeudi, la salle de réunion du groupe centriste au sénat a été le lieu d’un événement.

En effet, le journaliste israélien, arabe, musulman, Khaled Abu Toameh, vint apporter un peu d’air frais, et même beaucoup, sous nos cieux pollués par le message convenu d’une presse française qui ne sait parler d’Israël et des Juifs ayant restauré leur État national qu’autant qu’elle peut trouver un angle d’attaque pour les dénigrer. 

À la question : « êtes-vous, vous le fils d’un arabe du nouvel Israël de 1948 devenu citoyen de ce pays et d’une Arabe des parties du pays qui auraient dû en 1948 aussi voir se proclamer, symétriquement, un État national pour les populations arabes ou arabisées qui s’y trouvaient, êtes-vous pro-Juif ou pro-Palestinien », 

Khaled Abou répondra : « je n’entre pas dans l’une ou l’autre étiquette, je suis pour les faits, je suis pour la vérité.»

Par quoi commencer, pour résumer, sans le trahir, un propos d’une heure de conférence, suivie d’une seconde destinée aux réponses aux questions posées…

  • Peut-être est-ce mieux de commencer par la fin :

Dans ses conclusions, Khaled indiqua, de manière concentrée et convaincante, pourquoi il ne partageait pas le point de vue de Caroline Glick. Cette dernière défendant la perspective d’un seul État, d’un État commun aux deux nationalités, la juive et l’arabe.

C’est une question à laquelle je suis d’autant plus sensible, qu’ayant mené presque quatre décennies de ma vie consciente dans les cadres politiques de ce que je croyais alors être le marxisme, je n’étais pas favorable à la restauration nationale juive.

J’ignorais Trotski en croyant en être un élève fidèle

Trotski, répondant en 1938 aux arguments de Glotzer – un dirigeant poalé-tsionist sympathisant avec les positions de l’organisateur de l’armée rouge, président du Soviet de 1905 et 1917 à Petrograd et fondateur de la Quatrième internationale- ne condamnera pas la démarche «sioniste» des Juifs voulant restaurer l’ancien État-nation du peuple juif là où il avait existé ; Trotski critiquera à ce moment ce qu’il estimait être un combat politique n’étant pas à la hauteur des enjeux humains du moment.

Pour Trotski, la guerre mondiale approchait à grands pas, et selon lui, les premières victimes en seraient les Juifs, directement menacés d’extermination.

L’objectif sioniste proposé par Glotzer et le Poalé Tzion d’offrir un retour à la terre ancestrale à un peu plus de 5% des Juifs directement menacés ne lui paraissait par conséquent pas être la réponse adéquate.

Il demandera à son interlocuteur : vous me dîtes que vous allez pouvoir faire venir six cent mille Juifs, et les autres ? Comment vont-ils réchapper à la destruction physique programmée, sachant aussi que même dans la libre Amérique, on ne peut exclure l’émergence du pogromisme aggravé ?

La guerre est venue

La guerre a, malheureusement, confirmé le diagnostic de Lev Davidovitch, qui l’assortissait de la volonté de tout faire : pour que le mouvement ouvrier sorte des terribles ornières du stalinisme qui le rendait impuissant, et qu’il inverse la situation, en pesant sur la lutte des classes dans le sens de victoires décisives du prolétariat en Europe ; victoires ouvrières qui – pensait-il- ne permettraient pas à la machine de guerre, mise sur les rails de la confrontation, de parvenir aux fins qu’il indiquait, à savoir : une saignée plus terrible qu’entre 1914-1918, une saignée humaine dont le peuple juif, en tant que tel, serait la première victime.

Le peuple juif, amputé de pas loin de la moitié de ce qu’il était en 1940, a pu obtenir en novembre 1947 que son Foyer national proclamé par la SDN et le traité de San Remo (1920-1922) devînt un État national juif libre et indépendant, sur un tiers de l’espace du territoire national qu’il devait partager – à égalité de droits politiques, culturels et religieux- avec les populations arabes ou arabisées, avec les circassiens, les Arméniens et les ottomans restés après la fin du califat, et avec les descendants de soldats ou d’esclaves africains.

Solution à deux ou un seul État ?

Pour être deux nations au sein d’un même État politique, il faut être deux à le vouloir, ou au moins être deux prêts à accepter de vivre les uns avec les autres.

… (suite page suivante)

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