Publié par Eduardo Mackenzie le 29 septembre 2016

… comme convenu à Cuba. Mais ni la Colombie ni la Cour pénale internationale ne veulent entendre parler d’amnisties pour de tels criminels. Dans ces conditions, la « paix » de Santos restera pendant des mois ou des années, un château de cartes qui peut s’écrouler à tout moment.

Alors quoi ? Les FARC ne doivent rien à personne ?

Avec le Oui au référendum du 2 octobre, comme le dit Santos, « les FARC vont disparaître » ? Ou, au contraire, est-ce qu’elles continueront d’être armées et offensives, profitant de la situation institutionnelle à ce point dégradée ? La Colombie « néolibérale » devra-t-elle se mettre à genoux devant ses bourreaux ? Tel est le dilemme. Cependant, les Colombiens peuvent, si la corruption n’a pas encore tout détruit, stopper les pires ambitions des FARC en votant NON le 2 octobre 2016.

Pour revenir à l’énigme : les bases des FARC vont bientôt découvrir une chose. Cette comédie du « triomphe » inattendu des FARC, ils le doivent à Barack Obama.

C’est de lui que Santos a reçu, dès le premier jour, le feu vert pour s’engager dans la terrible aventure de brader les équilibres de la Colombie. Il a soutenu chaque phase du processus. Sans lui, ni Santos, ni Chavez, ni Castro n’auraient pu surmonter les risques d’un pacte aussi dangereux. Obama a une grande responsabilité pour ce qui se passera en Colombie dans les années à venir. Et dans d’autres pays. Avez-vous vu l’indifférence d’Obama vis-à-vis du martyre du peuple vénézuélien ? Cela dure depuis 2008 et c’est trop.

Les FARC avaient-elles cru qu’elles avaient obtenu la capitulation de Santos par leurs propres mérites ? Détrompez-vous. Sans Obama, Santos ne serait pas parvenu à quoi que ce soit.

Pour confirmer, Obama vient d’envoyer l’un de ces puissants « signes de paix » qu’il connaît si bien : Gulbuddin Hekmatyar, chef du Hezb i Islami, le bourreau de Kaboul dans les années 1990, l’auteur de l’embuscade d’Uzbin où sont morts dix soldats français, l’homme qui en 2001 a aidé Ben Laden à briser le siège des Américains à Tora Bora, vient de signer un « accord de paix » avec le gouvernement afghan.

Il deviendra intouchable. L’ambassade américaine a salué cela comme « un pas vers la résolution pacifique du conflit afghan ». La même méthode et les mêmes mots. Et très certainement les mêmes effets.

La ligne Obama, dans sa phase finale, est donc universellement applicable. La Colombie ne pouvait pas y échapper. Car elle n’avait pas un président. Espérons que tout cela ne se termine pas en catastrophe, comme au Venezuela, comme en Irak, comme en Syrie.

© Eduardo Mackenzie pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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