Publié par Magali Marc le 10 septembre 2016

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En lisant Le Christ hébreu* de Claude Tresmontant (1), j’ai découvert que derrière les critiques à l’égard de l’Occident chrétien principalement par les gauchistes, mais aussi par ceux qu’ils influencent, se dissimule depuis deux siècles la haine et le mépris de la pensée hébraïque.

La lecture de ce livre (signalé par l’Abbé Arbez sur Dreuz) que je lis à petites lampées depuis le mois de juin, a été pour moi un choc.

Aux fins de mon argumentation, je ne citerai que les deux passages pertinents, mais il faut lire l’ouvrage au complet et plutôt deux fois qu’une.

Tresmontant écrit dans le chapitre V consacré au Quatrième Évangile :

« Dissocier le christianisme du judaïsme, opposer le christianisme au judaïsme, ce fut l’un des grands rêves de l’Allemagne au XIXe et au XXe siècle. C’est parce qu’elle est foncièrement anti-juive, parce qu’elle est habitée, travaillée, – je dirais presque possédée —, par une détestation congénitale de la pensée hébraïque et juive que la philosophie allemande est foncièrement, essentiellement et non pas accidentellement, anti-chrétienne depuis Kant jusqu’à Nietzsche et Heidegger. (…)

C’est toujours l’idée hébraïque, juive et chrétienne de création qui est objet de détestation, chez Fichte comme chez Schopenhauer, chez Marx et Engels, comme chez Nietzsche et finalement chez Martin Heidegger. » (p.339)

Et dans l’Épilogue :

« Chez ces messieurs de la philosophie allemande, le mépris profond pour le Seigneur est un caractère quasi constant. Certains, comme Emmanuel Kant, affectent de parler avec respect du Seigneur. Mais voyez ce qui reste de renseignement du Seigneur dans la main de Kant et chez Hegel : l’impératif catégorique ! Le christianisme réduit à n’être qu’une morale, et quelle morale, la morale kantienne !
(…)

C’est bien ce Jésus kantien qui est le résidu que l’on trouve dans la main de Rudolf Bultmann (2). »

(…) Comme ces messieurs ne recevaient pas la doctrine hébraïque de la création, il leur était évidemment difficile de comprendre l’enseignement du Seigneur qui concerne l’entrée de l’Homme créé nouveau dans l’économie de la vie divine. (p.485)

Je ne suis pas théologienne. En parlant du livre de Tresmontant, j’ai le sentiment d’être « out of my depths » comme diraient les Américains.

Mais éduquée dès l’âge de dix ans dans la religion catholique, j’ai appris ce qu’on enseignait à l’époque, à savoir que l’Évangile le plus ancien, probablement celui de Marc, datait d’environ 70 ans après Jésus Christ et que les autres suivaient Marc, sauf l’évangile de « Jean » qui était à part et dont l’origine demeurait mystérieuse.

Il a fallu que je lise Tresmontant pour me rendre compte que de gros efforts ont été déployés depuis deux mille ans pour nous faire croire que les Évangiles sont des écrits tardifs, datant d’après la destruction de Jérusalem prédite par l’Apocalypse de « Jean » ; ce qui selon cette idée signifierait que « Jean » n’a rien prédit du tout puisqu’il a simplement décrit ce qu’il avait vu. Ainsi, il ne pouvait absolument pas être un contemporain de Jésus !

Dans une démonstration magistrale, Tresmontant montre, au contraire, que l’Évangile de « Jean » et même son Apocalypse étaient écrits bien avant la destruction de Jérusalem et que l’un des « Jean » auteur de l’Évangile « selon Jean » était bel et bien un disciple de Jésus, un témoin direct du Seigneur.

D’après Tresmontant, les Évangiles canoniques ont été écrits d’abord en hébreu (ou d’après des notes prises en hébreu) à une date très proche des événements qu’ils rapportent. Dans son livre, il explique comment il en est arrivé à la conclusion que les Évangiles ont tous été traduits de l’hébreu vers le grec pour les païens et les juifs grécisant de l’époque.

En cela, Tresmontant rejoint le point de vue développé par l’Abbé Carmignac.

L’Abbé Jean Carmignac (3) proposait, en 1976, une réfutation cinglante de l’oeuvre de Rudolf Bultmann (ici, en réponse au Père André Boulet, prêtre marianiste décédé en 2012) :

« Je travaille sur les manuscrits de la mer Morte depuis 1954 […].

Ces travaux m’ont amené, depuis 1963 à traduire l’Évangile de St Marc en hébreu de Qumrân. J’ai été surpris de constater que c’était très facile. Les mots du texte grec de Marc sont dans l’ordre voulu par la grammaire hébraïque et beaucoup de tournures sont hébraïques. […] J’ai donc voulu retraduire tout St Marc en hébreu et, en même temps, les passages parallèles de St Matthieu et de St Luc, pour les comparer. […]

Et ce à quoi j’aboutis, c’est à des conclusions assez révolutionnaires : les Évangiles ont été composés beaucoup plus tôt et d’une tout autre façon qu’on ne pense généralement dans les milieux des spécialistes. […]

En définitive, si les Évangiles synoptiques ont été écrits en hébreu, ce que je pense pouvoir démontrer, toute une tendance biblique actuelle, celle qui se réclame de Bultmann notamment, est compromise.

Pour les catholiques, la foi est d’abord adhésion de l’intelligence à des vérités révélées et cette adhésion n’est plus possible si les vérités révélées n’existent pas, si elles n’ont pas été révélées, si je ne puis les atteindre dans le contexte des faits historiques où elles ont été révélées.

Le système de Bultmann est donc extrêmement dangereux. Malheureusement, il est vulgarisé en France et a influencé beaucoup de chrétiens.

Les théories de Bultmann sont pour une part responsables de la crise que traverse l’Église actuellement. Ce qui a fait perdre la foi à certaines personnes c’est que Jésus n’est plus pour elles le Christ historique qui a vécu sur terre, qui était Fils de Dieu, vraiment homme comme nous, dont je connais les gestes et les paroles, mais un être idéalisé qu’on récupère sur le plan politico-social ou qu’on essaye d’envoyer dans les nuées. (…) Or, ce qui frappe, c’est que toutes les théories de Bultmann ne reposent sur aucune preuve ; elles s’appuient sur l’argument de comparaison, de ressemblance entre tel récit chrétien et tel récit bouddhique, par exemple. Mais l’histoire des religions est si vaste qu’on peut toujours trouver des ressemblances entre récits provenant de religions différentes ; comparaison n’est pas raison. »

L’Opium du peuple

Tout le monde sait que Marx a été fortement influencé par la pensée de Kant et de Hegel.

La réflexion de Marx à l’effet que la religion est « l’opium du peuple » est bien connue et souvent citée.

Aline Louangvannasy explique comment Marx en est venu à considérer la religion comme une drogue abêtissante.

« Marx s’interroge sur la valeur et la signification de la religion. Pour lui, son sens est double : c’est à la fois une illusion qui nous endort et nous maintient dans notre misère humaine, mais c’est aussi l’espoir d’un monde meilleur et donc la possibilité pour nous de rendre effectif cet espoir. »

Cette évaluation de Karl Marx de ce que représente la religion dans l’esprit des chrétiens (et autres) n’est rien d’autre qu’une interprétation et ne repose pas plus sur des preuves que le système de Bultmann dénoncé par Tresmontant et l’Abbé Carmignac.

Cela n’a jamais empêché les « savants » perroquets de répéter que la religion est l’opium du peuple comme s’ils énonçaient une vérité transcendante.

Mais Marx a proposé de remplacer cet opium par une autre drogue : l’idéologie marxiste.

Le Mythe fondateur du socialisme

Ce sont les sociétés du capitalisme démocratiques qui ont mis en place les systèmes de protection sociale les plus correcteurs des inégalités

Les héritiers de Marx n’ont de cesse de prétendre que le système capitaliste, avec la complicité du Christianisme, a créé une situation sociale injuste et des inégalités que la radieuse révolution socialiste allait s’empresser de corriger.

Jean François Revel a reproché aux socialistes de « comparer la perfection de ce qui n’existe pas — l’utopie communiste — avec les imperfections de ce qui existe — le capitalisme démocratique »

«…Lors de la visite du pape Jean-Paul II en Pologne, au mois de juin 1999, j’ai entendu un journaliste radiophonique de France Info « informer » ses auditeurs en disant, en substance : le pape sait que le retour des Polonais au capitalisme leur a apporté une certaine prospérité, mais au détriment de la justice sociale. Ce qui sous-entend donc que le communisme leur avait apporté la justice sociale. De nombreuses études ont montré quelle hypocrisie se cachait derrière ce mythe.

Le capitalisme n’apporte certes pas l’égalité, mais le communisme encore moins, et, lui, sur fond de pauvreté générale.

Mais voilà, une fois de plus, on le juge sur ce qu’il était censé apporter et le capitalisme sur ce qu’il apporte effectivement. Même pas, à vrai dire. Car, si on le faisait, on constaterait (là encore, l’analyse a été surabondamment faite) qu’en 1989, dernière année du communisme, un chômeur indemnisé à l’Ouest touchait entre cinq et dix fois plus, en pouvoir d’achat réel, qu’un ouvrier pourvu d’un prétendu « emploi » à l’Est. Autrement dit, ce sont les sociétés du capitalisme démocratiques qui ont mis en place les systèmes de protection sociale les plus correcteurs des inégalités et des accidents de la vie économique. Mais ce constat est rejeté lorsque l’on persiste à comparer la perfection de ce qui n’existe pas — l’utopie communiste — avec les imperfections de ce qui existe — le capitalisme démocratique. »
(Revel, 10 juillet 2011 dans Contrepoints)

Ainsi, la religion, soi-disant opium du peuple, devait être remplacée par l’idéologie marxiste, elle-même fondée sur un nouveau mythe : la justice sociale.

J’ai déjà cité dans un texte précédent, la récupération qu’a cherché à faire Rosa Luxembourg des valeurs chrétiennes.

Commentant l’ouvrage de J-F Revel, La connaissance inutile*, Thierry Guinhut écrivait en 2007 :

« Le mythe le plus flagrant, fondateur, du socialisme, est celui de la justice sociale.

Il semble pourtant inattaquable lorsqu’il s’agit du devoir d’humanité. Pourtant, écoutons ce qu’en dit Hayek :

« Aussi longtemps que la croyance à la « justice sociale » régira l’action politique, le processus doit se rapprocher de plus en plus d’un système totalitaire ».

Hyperbole ? Il faut alors se rappeler que bien des inégalités sont d’origine naturelle, que nombres d’inégalités sont des différences, des compétences diverses, que la justice sociale risque d’écrêter et d’égorger le mérite individuel, d’annihiler la récompense de cette liberté d’entreprendre qui en fin de compte profite à tous. »
(…)

« Car (..) rappelle Jean-François Revel :

« dans une société où les inégalités résultent non de la compétition et du marché, mais de décisions de l’État ou d’agressions corporatistes entérinées par l’État, le grand art économique consiste à obtenir de la puissance publique qu’elle dévalise à mon profit mon voisin ». (Extrait d’un article de Guinhut paru dans la revue de l’ALEPS de juillet 2007 sous le titre « (Re)lire Jean-François Revel »)

Conclusion

Ce qui est surprenant, c’est qu’il y ait encore des chrétiens qui fréquentent les églises, malgré tout !

Dans un article récent publié sur Dreuz, Mireille Vallette démontre comment la « religion » musulmane est fondée sur des fables et comment il est important de « prouver le caractère criminogène et agressif du culte musulman de base ».

Le problème qui m’a sauté aux yeux en lisant son texte, c’est que nombreux sont les chrétiens de bonne foi dans mon entourage qui pourraient lui répliquer que le Christianisme est tout autant fondé sur des fables et histoires à dormir debout !

Il ne faut pas oublier que les défenseurs de la laïcité ont surgi pour empêcher avant tout que l’espace public soit envahi par des signes religieux ostentatoires juifs et chrétiens et pour empêcher l’État de se réclamer du Christianisme. (C’est ainsi qu’au Québec, les crucifix ont été retirés des salles de classe dans toutes les écoles et il y a eu un débat féroce de la part des laïcards pour faire enlever le crucifix placé par Maurice Duplessis, un nationaliste conservateur, au-dessus du siège du président de la Chambre à l’Assemblée nationale à Québec. Contre toute attente, c’est une motion du gouvernement libéral de Philippe Couillard, adoptée en 2008, qui fait de ce symbole religieux un objet intouchable du patrimoine historique !)

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La plupart des chrétiens, influencés sans le savoir par les idées véhiculées par Bultmann et les marxistes, en sont venus à penser que croire au Christ est un article de foi digne d’un saut de bungee avec pour seul élastique les Évangiles canoniques (mal) traduits, réécrits, manipulés, et commentés.

La « foi » comme le souligne Tresmontant, n’est plus synonyme de connaissance révélée par le Christ, elle est devenue une croyance aveugle basée sur des fables auxquelles il faut croire pour garder l’espoir d’un éventuel salut.

Comment s’étonner, face à cette sourde lutte menée depuis deux siècles contre le Christianisme, que les chrétiens aient la foi chancelante ?

Ce qui est surprenant, c’est qu’il y ait encore des chrétiens qui fréquentent les églises, malgré tout !

Les idées de l’Abbé Carmignac sont peu connues dans le monde chrétien et c’est bien dommage, car elles constituent le pare-feu, le rempart dont nous avons besoin pour nous défendre des prétentions des islamistes et de leurs amis gauchistes.

Il est clair que les islamistes veulent détruire le Christianisme et imposer la charia.

Les gauchistes sont donc devenus des alliés objectifs des islamistes parce qu’ils cherchent depuis toujours à détruire le Christianisme.

Comme le Christianisme est fondé sur le Judaïsme, la destruction du Judaïsme et de ses témoins, les Juifs, est donc une étape obligatoire, comme le savaient les philosophes allemands qui ont fait le lit d’Hitler et des nazis.

Il a fallu attendre 1993 et la signature par le Saint-Siège d’un accord fondamental avec l’État d’Israël portant, notamment sur la reconnaissance de l’État hébreu par le Vatican, pour que certains chrétiens commencent à porter attention aux liens indissolubles entre le Christianisme et le Judaïsme.

Depuis cet accord, des relations diplomatiques complètes ont été établies entre l’État d’Israël et le Saint-Siège.

Jean-Paul II, Benoit XVI et François ont visité Jérusalem et prié devant le Kotel.

Pourtant, on a vu plus tôt cette année, l’adoption à l’UNESCO d’une résolution niant tout lien entre le Judaïsme et ses lieux saints comme le Mur Occidental et le Mont du Temple.

Shmuel Trigano a remarqué que ce sont surtout les pays catholiques qui ont voté en faveur de cette infâme résolution, ce qui suppose que les catholiques n’ont pas tiré les conséquences des discours et gestes des trois derniers papes.

Pourtant, cette attaque inqualifiable du Judaïsme vise aussi le Christianisme, comme le sait très bien François Hollande qui ne croit ni à D.ieu ni à diable.

Ce qui est troublant, c’est que le Pape François n’ait pas réagi énergiquement contre cette résolution.

Seuls les Juifs ont remarqué en quoi cette attaque est également dangereuse pour les chrétiens.

Mireille Vallette a raison, nous devons critiquer l’islam et ses fondements boiteux.

Mais nous devons aussi nous porter à la défense du Christianisme et de ses racines judaïques.

C’est ce que fait l’Abbé Arbez.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

(1) Le Christ hébreu, Claude Tresmontant, éditions Desclée De Brouwer, Paris, 2015

(2) Théologien allemand de tradition luthérienne, Bultmann est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands théologiens du xxe siècle. Il a notamment développé l’idée que Jésus-Chris est une figure idéalisée, mythique et que la dimension historique de son existence et donc de sa résurrection est impossible à prouver.

(3) Extrait d’une interview de l’Abbé Jean Carmignac, par le père André Boulet (s.m.) à la « Revue des Oeuvres et des Missions marianistes » n° 27, juillet-septembre 1976.

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