Publié par Manuel Gomez le 17 octobre 2016

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Alors qu’aucun gouvernement n’est encore installé, ni officiellement ni démocratiquement, en Libye, celui, provisoire, proposé par l’ONU, et dirigé par Fayed el Sarraj, vient de subir un premier coup d’Etat.

Profitant que l’armée loyale du gouvernement libyen d’union nationale est engagée dans une opération terminale pour libérer Syrte du groupe proclamé Etat islamique, et qu’elle vient de perdre 14 soldats et officiers et plus d’une trentaine de blessés, abattus par des snipers (dans une bataille qui lui coûte déjà plus de 550 morts et 3000 blessés), le GNA n’a pu s’opposer à la tentative du coup d’Etat organisée par Khalifa Ghweil, son prédécesseur à la tête du pays et qui refuse obstinément de céder sa place.

Les milices partisanes de Ghweil se sont emparées avec facilité d’une station de télévision, du siège du Conseil d’Etat, de nombreux bâtiments et édifices publics ainsi que de l’hôtel Rixos, situé près de la forêt Ennasr, dans le centre de Tripoli, où elles ont installé leur QG.

Khalifa Ghweil a présenté son coup comme « une initiative historique pour sauver la Libye » et a, dans la foulée, nommé un nouveau gouvernement de salut national.

Déjà visé par des sanctions européennes, Khalifa Ghweil a suspendu de leurs fonctions tous les ministres nommés par le gouvernement dirigé par Fayed el Sarraj.

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Installé depuis le 12 mars 2016, ce gouvernement provisoire affronte sa plus grave crise, depuis que le maréchal Khalifa Haftar s’était emparé, en septembre dernier, du « Croissant pétrolier » libyen, coupant ainsi la quasi-totalité des revenus du GNA.

Fayed el Sarraj a aussitôt condamné la tentative de coup d’Etat et dénoncé cette nouvelle opération militaire destinée à « saboter l’accord politique parrainé par l’ONU ».

Il a promis d’arrêter tous les politiciens qui tentent de créer des institutions parallèles et de déstabiliser le pays.

Martin Kobler, envoyé spécial de l’ONU, a également condamné, samedi matin, l’initiative de Khalifa Ghweil, qu’il accuse d’entraver la mise en œuvre de l’accord politique en Libye. Il a renouvelé son soutien total au GNA pour gouverner la Libye.

La partie est cependant mal engagée, pour ce GNA, entre un maréchal Haftar et un Khalifa Ghweil qui, semble-t-il, ont un objectif commun : Faire chuter Fayed el Sarraj.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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