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Publié par Michel Gurfinkiel le 27 octobre 2016

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Par deux fois, une civilisation musulmane supérieure a failli conquérir l’Europe. Par deux fois, il lui a manqué une base démographique. Aujourd’hui, c’est au contraire la démographie qui assure l’essor d’un nouvel islam sur notre continent.

Nous l’appelons la « bataille de Poitiers ». Les historiens anglo-saxons ou allemands préfèrent parler de la « bataille de Tours ». Dans les pays islamiques, elle porte un troisième nom : Ma’arakat Balat ash-Shuhada, « la bataille de la Chaussée des Martyrs ». Il ne s’agit pourtant que d’un seul et même événement : commandés par Charles Martel, les Francs chrétiens repoussent hors de Gaule des envahisseurs musulmans venus d’Espagne.

La tradition historiographique française a longtemps vu dans cet affrontement un des « actes fondateurs » de la nation.

L’historien militaire allemand Hans Delbrück le tient pour « l’événement le plus important de l’histoire humaine » : « Il assure la survie de l’Occident ».

Adolf Hitler estime quant à lui en 1942, devant ses confidents :

« Il aurait mieux valu que l’islam triomphe… Cette religion récompense l’héroïsme et promet le paradis aux guerriers… Animés d’un tel esprit, les Germains auraient conquis le monde… Alors que le christianisme les en a empêchés. »

Mais en fait, rien ne prouve qu’une victoire musulmane à Poitiers aurait vraiment fait basculer l’histoire. Du moins à long terme.

L’islam est en effet revenu à la charge après 732, d’un bout à l’autre de l’Europe – et souvent avec succès.

  • En Espagne, les Arabes, arrivés en 711, consolident leur domination pour plusieurs siècles.
  • En Italie, ils s’emparent de la Sicile en 827, et la conservent pendant deux siècles et demi, jusqu’en 1091.
  • Plus impressionnantes encore : les percées musulmanes, arabes puis turques, à l’est et au centre de l’Europe : les Arabes mettent le siège devant Constantinople dès 669 ; les Turcs prennent pied dans les Balkans dès le XIVe siècle ; au XVIe siècle, ils contrôlent toute l’Europe du Sud-Est, y compris la Hongrie jusqu’au Danube, la Roumanie, le sud de l’Ukraine ; en 1683 encore, ils sont sur le point de s’emparer de Vienne.

Pourtant, dans tous ces pays ou territoires, l’islam a fini par reculer – ou disparaître. Comme si l’Europe lui était profondément réfractaire.

Cet échec est d’abord démographique : dans l’Europe musulmane, contrairement à ce qui se passe en Orient, la plus grande partie de la population reste non-musulmane.

Ainsi, en Espagne, même avec l’apport d’immigrants d’Afrique du Nord, du Levant, d’Arabie – souvent des tribus entières – ou celui de chrétiens convertis, les « Muladis », les musulmans ne constituent jamais plus du tiers de la population totale. A partir du XIe siècle, cette proportion ne cesse d’ailleurs de diminuer : au XVe siècle, on ne compte plus qu’un million de musulmans sur 6,5 millions d’habitants, soit 15 %.

La Sicile est proche de l’Afrique du Nord, et facile d’accès par la mer : la colonisation musulmane y est donc plus soutenue qu’en Espagne. Pourtant, la population musulmane ne dépasse jamais 40 % de la population totale.

Dans l’Europe ottomane, le ratio entre musulmans et non-musulmans est plus faible encore : 30 % contre 70 % dans les régions les plus islamisées, comme la Macédoine ou la Bosnie ; 10 % contre 90 % dans les autres régions. Les Turcs recourent à tous les expédients pour renforcer leur emprise démographique : le sürgün, transfert de populations, qui déporte des chrétiens dans les régions musulmanes de l’Empire et les remplace par des musulmans et des juifs déportés en sens inverse ; le devshirme, recrutement forcé de jeunes garçons chrétiens qui, après avoir été élevés en musulmans, sont versés dans des unités d’élite ; les privilèges conférés aux convertis, même quand leur ralliement à l’islam est de pure forme, ce qui semble avoir été notamment le cas des Bogomiles ou Cathares de Bulgarie et de Bosnie. Mais rien n’y fait, la « Turquie d’Europe » a beau se couvrir de mosquées ou de madrassas somptueuses (Plovdiv, Belgrade, Sarajevo, Eupatoria) ou de hammams superbes (Budapest), elle reste majoritairement chrétienne.

Les dominations musulmanes en Europe ne reposent, en définitive, que sur des supériorités civilisationnelles – qui se traduisent elle-mêmes en supériorités militaires. Dès que celles-ci s’effritent, la réalité démographique s’impose. Et l’islam bat en retraite.

Il y a eu deux moments où l’islam est parvenu à une supériorité globale.

D’abord le moment arabe, du VIIe siècle au XIe.

L’Empire créé par les califes omeyyades et abbassides est l’héritier direct des civilisations byzantine et iranienne. Il a en outre accès aux mondes indien et chinois. Il sait tirer parti de ces conjonctions, en brassant techniques et savoirs-faire, ou en faisant traduire dans une langue de communication unique – l’arabe littéraire – les meilleurs ouvrages philosophiques, scientifiques et médicaux.

Résultat : une agriculture qui nourrit une population importante – musulmane et non-musulmane. Et une prodigieuse prospérité urbaine. En l’an mil, l’Europe chrétienne ne compte qu’une ville de plus de 300 000 habitants : Constantinople. Le monde arabo-musulman en compte trois, pourvues d’eau courante, de bains et d’égouts : Bagdad en Orient, Palerme et Cordoue en Europe.

Même synthèse sur le plan militaire. A Byzance, l’Empire des califes a emprunté son organisation régimentaire, son art naval et ses machines polyorcétiques. A l’Iran, sa cavalerie, ses arcs composites et le naft, une sorte de lance-flamme. A l’Inde et à la Chine leurs aciers plus légers et résistants. Cela donne à ses armées une « puissance de choc » qui lui permet de l’emporter sur presque tous les champs de bataille.

Mais à partir du XIe siècle, l’Occident latin et le monde arabo-islamique connaissent des évolutions opposées. La première renoue peu à peu avec son passé antique, entreprend elle aussi à accumuler les savoirs, multiplie les innovations technologiques – et n’hésite pas à apprendre des Arabo-Musulmans ce que ces derniers peuvent lui enseigner. Le monde islamique, au contraire, se fige sur son acquis, rejette la curiosité scientifique et philosophique au profit d’une théologie de plus en plus rigoriste, et abandonne l’ouverture qui avait fait initialement sa force.

En appliquant rigoureusement la sharia, ces nouveaux maîtres font fuir les paysans chrétiens, les élites urbaines juives et finalement les élites musulmanes elles-mêmes

La « Reconquista » chrétienne, dans la péninsule Ibérique, s’explique avant tout par cette inversion. Jusqu’au XIe siècle, les petits royaumes chrétiens qui se sont formés dans les régions montagneuses et peu accessibles du nord ne font pas le poids face à « Al-Andalus », l’Espagne islamique du centre et du sud. Mais ensuite, alors même que les premiers se modernisent, la seconde régresse puis implose. Elle tombe en effet en 1086 aux mains de Berbères intégristes venues du Maroc et du Sahara : les Almoravides et les Almohades. En appliquant rigoureusement la sharia, ces nouveaux maîtres font fuir les paysans chrétiens, les élites urbaines juives et finalement les élites musulmanes elles-mêmes. Le même conservatisme les amène à dédaigner l’évolution rapide des armements et des tactiques militaires.

Moment de vérité : la bataille de Las Navas de Tolosa, en 1212. Des armées chrétiennes « futuristes », dotées d’une cavalerie lourde en armure et d’arbalétriers, écrasent des musulmans restés fidèles, pour l’essentiel, à la cavalerie légère des premiers conquérants. En 1250, le déficit démographique se conjuguant avec le déclin militaire, tous les Etats islamiques de la péninsule ont été …

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