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Publié par Atikva le 30 octobre 2016

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Les communistes à l’Est et les gauchistes à l’Ouest, ennemis assidus de l’Etat juif – par Benjamin Weinthal.

Dans son nouveau livre, l’historien Jeffrey Herf démontre que le terrorisme anti-Israël alimenté par la gauche allemande ne constitue pas une tactique, mais plutôt une stratégie militaire à long terme visant à détruire l’Etat juif.

Jusqu’à présent, les documents universitaires et les articles médiatiques concernant l’ancien Etat allemand communiste et les groupements radicaux d’Allemagne de l’Ouest ont évité de parler de la guerre que l’un et les autres livrent à Israël (et sans doute également aux Etats-Unis).

Les guerres larvées contre Israël : l’Allemagne de l’Est et l’extrême gauche d’Allemagne de l’Ouest dans les années 1967-1989, (Undeclared Wars with Israel: East Germany and the West German Far Left, 1967-1989*), c’est le titre de l’œuvre monumentale de Herf. Pour comprendre la République démocratique allemande, il faut comprendre son opposition à la philosophie de l’Etat juif, c’est-à-dire au sionisme.

« La dictature d’Allemagne de l’Est était d’un autre genre que celle de son prédécesseur nazi, mais quoique pour des raisons différentes, elle aussi considérait le sionisme comme un ennemi » écrit Herf.

Tout au long de son livre, Herf dissèque l’ironie profonde de la rhétorique antifasciste de la RDA et des radicaux allemands. Les chefs du régime, dont beaucoup avaient combattu le mouvement hitlérien, avaient adopté le fatal antisémitisme des nazis qui les conduisit inexorablement à désirer la ruine d’Israël. La RDA nous remet en mémoire la célèbre remarque de Bertold Brecht : « Le ventre est encore fécond d’où est sorti la bête immonde ». Herf fournit des preuves accablantes des livraisons secrètes d’armes par la RDA aux ennemis d’Israël au Moyen Orient– y compris au régime agressif de Hafez al-Assad en Syrie, partenaire stratégique de l’Allemagne de l’Est.

Pendant la période 1970-1974, par exemple, « l’Allemagne de l’Est a livré environ 580.000 armes d’assaut et mitrailleuses Kalashnikov aux forces armées d’Egypte et de Syrie, réparé et révisé quelque 125 de leurs avions de chasse MIG et leur a procuré des millions de balles, des milliers de grenades anti-tank autopropulsées, des mines terrestres, ainsi que des millions de cartouches. »

Herf a longuement exploré les archives allemandes afin d’y trouver des informations relatives au terrorisme financé par la RDA.

La RDA fournissait des armes et une formation de pointe aux palestiniens en échange de l’assurance que les attaques terroristes n’affecteraient pas l’Europe de l’Ouest

Son analyse concernant le Général Heinz Hoffmann, le tout-puissant Ministre de la Défense, fait clairement ressortir la similitude entre le stalinisme version RDA et les dictateurs du Moyen-Orient des années 1970s. Hoffmann parlait à ses interlocuteurs irakiens des «points communs de notre lutte contre l’impérialisme et le sionisme.»

Pour caractériser l’ampleur de la contribution de la RDA au terrorisme d’Etat, Herf la place dans un cadre nouveau qu’il appelle « la définition du contreterrorisme centré sur l’Europe de l’Allemagne de l’Est ». La réciprocité de la part des organisations terroristes palestiniennes était à la base de cette définition : la RDA fournissait des armes et une formation de pointe aux palestiniens en échange de l’assurance que les attaques terroristes n’affecteraient pas l’Europe de l’Ouest. En d’autres termes, la RDA avait chargé les Arabes du Moyen Orient de mener par procuration sa guerre contre les Juifs.

Néanmoins, en 1986 les Allemands de l’Est, sciemment ou non, avaient permis au Libyens de faire exploser une bombe dans la discothèque de Berlin Ouest qui fit trois morts, y compris deux soldats américains, et 229 blessés dont 79 fonctionnaires américains.

Sur la base des archives actuellement disponibles, il n’est pas possible d’établir un lien entre la RDA et le groupe palestinien Septembre Noir responsable du meurtre de 11 athlètes israéliens et d’un officier de police allemand aux Jeux olympiques de Munich en 1972. Toutefois, les membres de la Stasi et du personnel de la RDA ont détruit un grand nombre de documents lors de la chute du mur de Berlin en 1989.

L’Allemande de l’Ouest d’extrême gauche Ulrike Meinhof – probablement la terroriste Allemande la plus célèbre de l’époque – co-fondatrice du groupe terroriste Baader-Meinhof, laissait éclater sa joie à propos du massacre des Israéliens. D‘après Herf, le commentaire qu’elle a consacré à la louange du meurtre des athlètes israéliens est « l’un des documents les plus importants de l’histoire de l’antisémitisme en Europe après la Shoah. » 

Elle qualifiait l’attaque du Septembre Noir d’ « anti-impérialiste, antifasciste et internationaliste ». D’après elle, le massacre de Munich avait pour cause l’opposition au « fascisme nazi d’Israël ». Pour de nombreuses sections de la gauche allemande, Meinhof et Andreas Baader sont toujours affublés de la même auréole que celle attribuée à Bonnie and Clyde.

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Quoique les livraisons d’armes de la RDA aux terroristes palestiniens et aux Etats arabes soulignent l’évidence de la menace existentielle à laquelle faisait face Israël, Herf n’épargne pas l‘Allemagne de l’Ouest.

L’histoire moderne de l’Allemagne n’évoque que rarement l’abandon d’Israël par le Chancelier Willy Brandt pendant la guerre du Yom Kippour de 1973. Après une attaque surprise par plusieurs armées arabes, Israël, au bord de la défaite, avait désespérément besoin d’armes et de munitions. Au grand désespoir de Nixon et du Ministère des Affaires étrangères Henry Kissinger, Brandt se retrancha derrière une « position neutre concernant le conflit du Moyen-Orient » qu’il déclara impossible à enfreindre. L’administration Nixon décida alors d’utiliser le port de Bremerhaven pour livrer des armes aux Israéliens.

Nixon avait dit alors : « Il est inadmissible que les Israéliens perdent la guerre. »

Herf met l’accent sur le désaccord évident entre la rhétorique de l’Allemagne de l’Ouest et ses actions lorsqu’il écrit :

« la position de neutralité de l’Allemagne de l’Ouest n’était en fait qu’une position partiale en faveur des Etats arabes, ceux-là même qui avaient déclenché la guerre. »

Herf résume l’hypocrisie de Brandt en une image, celle du « Chancelier qui s’était agenouillé publiquement en signe de repentir devant le monument commémorant les victimes du ghetto de Varsovie, mais qui s’est entêté dans la neutralité de son pays au moment où Israël vivait les jours les plus terribles de son

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