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Publié par Guy Millière le 19 novembre 2016

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Je lis tant d’inepties grotesques sur ce qu’incarne et ce que veut Donald Trump que j’ai décidé de publier ici deux pages de mon livre Après Obama, Trump ?

Ces pages ont été écrites il y a plusieurs mois. Je n’ai rien à y changer. Elles disent ce qui ne se dit nulle part ailleurs et ont l’avantage de dire la vérité.

Je recommande une fois de plus à ceux qui ne l’ont pas encore fait de lire le livre en son intégralité s’ils veulent comprendre ce qui se passe aux Etats-Unis aujourd’hui. Cela concerne le monde entier.

Le livre est disponible sur amazon.fr et chez l’éditeur:

lamaisondedition.com

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Trump sait qu’il incarne désormais une lame de fond sans précédent depuis longtemps, et qu’il ne s’attendait sans doute pas lui-même à incarner.

Il sait qu’il est le vecteur désormais d’une coalition inédite, si inattendue qu’il en prend lui-même à peine la mesure, et que la plupart des observateurs ne parviennent pas à déchiffrer, ce qui les mène à la décrire avec myopie.

Cette coalition est présentée, souvent, comme porteuse de velléités «protectionnistes » : elle ne l’est pas, ou pas exactement. Ceux qui la constituent considèrent tout juste, montrent les études d’opinion, que les Etats-Unis ne défendent pas leurs intérêts face à d’autres pays qui, eux, défendent leurs intérêts et faussent les règles du libre-échange avec la complicité d’un Président qui n’a pas semblé avoir à cœur les intérêts des Etats-Unis et du peuple américain. Ils veulent le libre-échange, dans le cadre de règles claires, respectables, respectées.

Cette coalition est présentée comme « isolationniste » : elle ne l’est pas non plus. Ceux qui en font partie ne veulent simplement pas, montrent encore les études d’opinion, que les Etats-Unis s’engagent dans des guerres qu’un Président décide d’achever en y « mettant fin », et en laissant derrière lui des milliers de soldats morts en vain. Mais ils veulent une armée forte et à même d’agir. Ils ne veulent pas payer indéfiniment pour la défense de pays ingrats, mais acceptent de défendre des alliés dignes du nom d’alliés.

     

Cette coalition est présentée comme « nationaliste ». Elle l’est, mais au sens que le mot « nationalisme » a aux Etats- Unis, et ce mot a, aux Etats-Unis, un sens particulier. Ceux qui composent la coalition, montrent les études d’opinion, toujours, tiennent à ce que les Etats-Unis restent l’incarnation du «monde libre », et la « lumière qui brille sur la colline ».

Cette coalition est présentée comme « populiste ». Elle l’est peut-être. Ceux qui s’y retrouvent sont souvent des gens du peuple, assez peu des gens des couches supérieures de la société. Les gens du peuple concernés sont dédaignés et méprisés par les gens des couches supérieures de la société : c’est ce qu’indique l’adjectif « populiste », porteur du dédain et du mépris de certaines gens vis-à-vis des gens du peuple.

Cette coalition est résolument hostile aux compromissions, aux tiédeurs et aux demi-vérités qui émanent si souvent des couches supérieures de la société.

Bien que très riche, Donald Trump ne parle pas et n’a jamais parlé comme on parle parmi les très riches et dans les cénacles de Washington, DC. Il parle avec des accents de vérité et des intonations venues des quartiers populaires de New York, Queens, Brooklyn. Les gens du peuple écoutent et entendent quelqu’un qui parle comme des gens de leur condition. Les très riches, les membres des cénacles de Washington, DC, ressentent qu’un homme de ce genre n’a pas sa place parmi eux et font la moue. L’attitude de l’establishment républicain est assez exactement celle des membres des cénacles de Washington, DC.

Donald Trump a en lui du narcissisme, et une volonté d’avoir le pouvoir politique, mais il a aussi en lui la conscience que s’il parvient à avoir le pouvoir politique, il devra réussir. Impérativement. Il a en lui de l’orgueil, mais aussi l’humilité de celui qui sait que son orgueil serait blessé à mort s’il n’était pas à la hauteur de la tâche qu’il se fixe. Il a mené une vie de milliardaire et fait des affaires, parfois il a déposé le bilan d’entreprises, mais il n’a pas dans sa vie ce qui aurait dû depuis longtemps traîner son adversaire, Hillary Clinton, devant un procureur spécial.

Il discerne, à l’évidence, que s’il parvient à la fonction suprême, ses responsabilités seront immenses, et qu’en cas d’échec, son nom restera inscrit dans l’histoire sur une page sombre, très sombre, plus sombre que la page sur laquelle s’écrit aujourd’hui le nom de Barack Obama, car il aura, lui, Donald Trump, incarné la rédemption qui semblait impossible, qui est soudain devenue possible et pensable, et qui n’a pas eu lieu, donc l’inverse absolu de l’espoir, une sorte de révolution trahie.

Il discerne que ce dont il est le vecteur est désormais infiniment plus vaste que lui-même.

Il discerne que, contre toute attente, il peut, malgré tout, et envers et contre tout, parvenir à gagner, et faire mentir tous les pronostics, car un nombre très impressionnant d’électeurs s’est mobilisé, et des Etats qui votent démocrate, parfois depuis longtemps, ont semblé à même de basculer.

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Donald Trump, dois-je le dire, discerne toujours que ce dont il est le vecteur est infiniment plus vaste que lui-même.

Il a gagné. Des Etats qui votent démocrate depuis longtemps ont basculé: Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin.

Ce n’est que le début.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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