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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 10 janvier 2017

Pendant sa campagne électorale, Donald Trump a indiqué que son plan pour les Américains tenait en trois points : job, job, et job.

En Pennsylvanie, la veille de sa victoire, il promettait : «nous allons redonner aux mineurs, aux ouvriers des usines et aux ouvriers de la sidérurgie, du travail. Nous allons rapatrier notre industrie.»

Pour y parvenir, il a élaboré quatre idées toutes simples :

  1. Il s’est engagé à permettre aux entreprises américaines de rapatrier les bénéfices qu’elles détiennent à l’étranger à un taux d’imposition de 10%, au lieu de 35% actuellement– raison pour laquelle environ 2,6 milliards de milliards de dollars dorment ailleurs et ne produisent rien. Rapatriés, ces fonds permettront aux entreprises américaines de faire ce qu’elles savent faire de mieux : innover, développer leurs parts de marché, s’enrichir et enrichir leurs actionnaires, créer de la richesse, et tout cela créer l’emploi et l’économie d’un pays.
  2. Il s’est engagé à baisser les impôts des entreprises à 15% afin que l’Amérique devienne un paradis fiscal.
  3. Il a promis de fortement réduire les réglementations qui brident les entreprises (jusqu’à 70% a-t-il avancé)– y compris les stupides taxes carbone et règles anti-réchauffement climatique– qui alourdissent inutilement leurs coûts, et les rendent moins compétitives par rapport à leurs concurrents étrangers.
  4. Il va construire un mur de séparation avec le Mexique pour régler entre autres le problème du travail au noir, et le chômage qu’il crée.

Le résultat de ces mesures de bon sens ne s’est pas fait attendre :

  • Le 19 novembre, soit 10 jours après sa victoire, Trump annonçait avoir eu une conversation téléphonique avec Ford, qui renonçait à déplacer la production du luxueux SUV Lincoln MKC de Louisville vers le Mexique.
    Dans un communiqué, Ford déclarait : «nous sommes encouragés du fait que le président élu Trump et le nouveau Congrès vont mettre en place une politique qui va améliorer la compétitivité des Etats-Unis et nous permettre de maintenir la production de ce véhicule ici en Amérique.»
  • Carrier. Dès le début de la campagne, Donald Trump apprenait que Carrier prévoyait de déménager son usine d’Indianapolis au Mexique et mettre 1 400 ouvriers au chômage. Hillary Clinton, qui selon la légende gauchiste, appartient au parti qui devrait se sentir concerné par le sort des travailleurs, n’avait pas bougé. Les médias qui accusent la Russie d’avoir voler l’élection à Clinton ont vite oublié cet épisode– pas les Américains.
    C’est presque histoire ancienne, tant les bonnes nouvelles de ce genre se sont depuis accumulées, mais Trump a sauvé 1 100 emplois dans l’usine Carrier, qui a renoncé à partir au Mexique.
  • Puis Ford refaisait encore parler de lui, la semaine dernière, en annonçant qu’il annulait son plan d’installation d’une usine au Mexique– coût 1,6 milliard de dollars, et qu’il agrandissait une usine du Michigan destinée à fabriquer des voitures électriques et sans chauffeur- coût 700 millions– qui embauchera 700 personnes. Mark Fields, le PDG de Ford, indiqua que c’était la façon de Ford de marquer son vote de confiance au président Trump.
  • Presque au même moment, la société OneWeb (internet par satellite), annonçait qu’elle allait créer 3 000 postes nouveaux pour se développer, expliquant que «Donald Trump va rétablir un environnement favorable».
  • Fin novembre, Masayoshi Son, le patron de SoftBank déclarait, lors d’un rendez-vous avec Donald Trump, qu’il allait investir 50 milliards de dollars et créer 50 000 emplois aux Etats-Unis, comme «première étape» de sa marque de confiance envers Trump.
  • 10 jours plus tard, le géant IBM, dans un communiqué, disait avoir décidé de créer 25 000 emplois aux Etats-Unis durant les 4 ans de la présidence de Trump, et investir 1 milliard de dollars dans le développement salarial et la formation du personnel. Pour l’année 2017, 6 000 emplois étaient programmés après la victoire de Trump.
  • La compagnie de téléphone Sprint a elle aussi décidé, après l’élection, de rapatrier 5 000 emplois. «Ils [Sprint] les prennent d’autres pays. Ils les rapatrient aux Etats-Unis,» avait déclaré Trump, ajoutant «quel beau changement.» Dans un communiqué, le PDG de Sprint confirmait qu’il allait «créer ou rapatrier 5 000 emplois, principalement de call center et de vente, aux USA,» ajoutant que «ces nouveaux emplois n’avaient pas été prévus à l’avance».
  • Fiat Chrysler a annoncé hier lundi 9 janvier qu’ils annulent leur projet d’implantation d’une usine au Mexique, dont le coût prévu était 1 milliard de dollars, et que c’est dans le Michigan qu’ils vont installer l’usine, et créer ainsi 3 000 emplois.
  • Toujours hier, Donald Trump annonçait : «excellente réunion avec Jack Ma, le patron d’Alibaba : il va créer 1 million d’emplois en Amérique !

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    Alibaba confirmait peu après, expliquant qu’il entendait développer les ventes entre les petites entreprises américaines et les consommateurs chinois. Trump déclara aux journalistes que Ma “est un formidable entrepreneur, un des meilleurs au monde. Il aime ce pays, et il aime la Chine. Jack et moi allons faire des choses formidables”, renvoyant du coup dans les filets les mauvaises langues et les experts-ignares qui affirment que Trump a détérioré les rapports avec la Chine.

  • Le patron de LVMH, Bernard Arnaud, a rencontré Donald Trump et a indiqué, tout en restant assez vague, que son intention était d’investir aux Etats-Unis et d’embaucher.
  • Idem pour Apple, qui après l’annonce de Softbank, pourrait rapatrier une partie de sa fabrication aux Etats-Unis, mais ceci est encore pure spéculation.

Une journaliste démocrate moins bornée que les autres déclara en réaction à la décision de Ford et de Carrier :

“Beaucoup de démocrates, moi y compris, ne sommes pas là à nous demander comment nous allons manger demain. Nous sommes invités à la télévision, nous parlons à la radio, et nous expliquons pourquoi Obamacare est formidable, pourquoi il offre une couverture santé à des millions de personnes. Mais Obamacare ne fait pas une ponction sur une grosse partie de mon salaire au point où je dois faire un choix entre payer Obamacare ou permettre à ma famille et mes enfants de manger à leur faim. Tous mes collègues journalistes et experts, y compris moi-même, sommes tombés dans ce travers et j’assume une totale responsabilité pour moi-même.

Nous avons parlé de l’économie, comment l’économie s’est améliorée sous Obama, mais pour des millions de gens, cette amélioration n’a pas mis de nourriture sur leur table.

Nous les démocrates, nous avons tenu un discours qui parle aux élites, et puis un jour, j’ai réalisé que ces élites sont totalement déconnectées de la réalité des gens modestes.

Et il en va de même pour les artistes qui soutiennent les démocrates.”

Je veux retirer le doute. Le prochain président français, admettons que ce soit François Fillon ou Marine Le Pen, ne fera rien de tout cela car il n’en a ni le courage, ni la vision, ni l’expérience, ni le talent.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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