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Publié par Alain Rubin le 20 février 2017

La science historique subit toutes sortes de distorsions pour répondre aux préoccupations purement politiques du moment.

C’est en particulier le cas pour tout ce qui concerne Israël et le Peuple juif. L’Histoire des Juifs subit toutes sortes d’assauts pour la réécrire, pour en effacer des décades, des siècles et même des millénaires.

Au cours de l’émission télévisée «les grands du rire», un monsieur présenté comme étant un historien est venu présenter son ouvrage consacré à l’année 1917.

Je pensais qu’il allait nous parler des révolutions russes de février et octobre 1917, mais non, pas du tout ; pas un mot n’a été prononcé sur la suite de la révolution de 1905 et du soviet de Petrograd…

Comme par un enchantement– qui est en fait une malédiction fille d’un antisémitisme pathologique– nous avons eu droit, en quelques mots, à un appel à détruire Israël.

Comme les «historiens» de l’école des «référents», les gépéoutistes qui préparaient les procès staliniens en apprenant aux accusés quels crimes on avait décidé qu’ils avaient commis, et qu’ils allaient avouer ou finir fusillés sans jugement, notre «historien» a résumé l’année 1917 en une seule phrase : elle a été l’année de la déclaration Balfour ; l’Angleterre a promis aux «Juifs anglais» un morceau du territoire qu’elle administrerait après l’Empire ottoman. Elle aurait ainsi promis «le même pays à deux nations», bien qu’elle ait aussi promis «un grand royaume arabe» au chef de la révolte contre les Ottomans.

Pour cet «historien», cette promesse serait à l’origine du chaos actuel au Moyen-Orient.

On ne voit pas bien en quoi le minuscule Foyer national juif, –résultant de la déclaration Balfour, des votes de la SDN, du traité de San Remo (1920-22), puis d’une résolution de 1946 des Nations-Unies réaffirmant l’ensemble de «la Palestine mandataire» comme territoire du peuple juif– dans le cadre du respect obligatoire des droits politiques, ethniques, religieux, des groupes non-juifs– pouvait matériellement empêcher la formation du grand royaume arabe promis au Shariff de la Mecque, l’initiateur et leader de la révolte arabe contre l’Empire ottoman.

Si le minuscule territoire du Foyer national juif pouvait être contradictoire à la promesse d’aider à constituer un «Grand royaume arabe», en ce cas, que dire du Liban maintenu ? N’était-il pas aussi un obstacle ?

Que dire aussi de la partition des terres peuplées d’Arabes et d’arabisés, sinon qu’elle en était un autre, et de taille ?

Et, bien plus décisif encore, que dire, –pour ce qui concerne le grand royaume arabe–, de la formation de la Syrie, de l’Irak privée du Koweït érigé en entité étatique à la fin des années trente, de l’Arabie des Saoud (s’emparant du domaine du Sharrif de la Mecque, le descendant de MHMD), du Yémen, du maintien des émirats ?

Le vaste domaine arabe fut ainsi fragmenté, balkanisé, mais était-ce du fait du minuscule Foyer national du peuple juif ?

Etait-ce l’effet de la formation, sur la marge occidentale, du minuscule Foyer national du Peuple juif (pour l’ensemble du peuple juif et non pour les «Juifs anglais» pour reprendre l’expression de l’historien de l’émission télévisée) ?

De tout cela, notre «historien» n’avait visiblement pas envie de parler pour résumer son propos et surtout pour trouver, devant des millions de téléspectateurs ainsi désinformés, la cause des causes de la situation de chaos dans lequel se trouve le Moyen-Orient de 2017.

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Pour conclure, j’ajouterai que l’initiateur et chef de la grande révolte arabe, auquel la puissance britannique avait promis le grand royaume arabe, avait rencontré Chaïm Weizmann à Paris, plusieurs mois avant la déclaration Balfour à laquelle notre historien attribue l’origine de la situation chaotique meurtrière au Moyen-Orient.

Les deux hommes s’étaient parlé. Ils étaient tombés d’accord : la renaissance nationale du peuple juif sur sa terre historique de l’ancien Israël et de la Judée ne gênait* pas la constitution du Grand royaume arabe.

  • En Palestine mandataire administrée par l’autorité britannique, la grande famille arabe de Nashashibi partageait le point de vue du gardien de la Mecque, descendant physique de Mahomet. Pour faire prévaloir son point de vue opposé, le mufti Husseini et les siens, membres ou proches des Frères musulmans, se livreront à une guerre sans merci contre les Nashashibi et contre d’autres clans arabes non hostiles à la présence des Juifs. En 1936, plusieurs notables alaouites –dont l’arrière-grand-père du Président syrien– exprimeront, dans une lettre adressée au président du Conseil français Léon Blum, une position elle aussi favorable aux Juifs de la Palestine mandataire.

On voit que le paradigme de l’ouvrage «l’année 1917» n’était pas du tout partagé par différents acteurs arabes, et pas des moindres, de la région.

Le point de vue de cet historien est, on le voit, un point de vue partisan.

Il reprend la théorie antisioniste niant la légitimité juive sur la terre de l’ancienne Judée (d’ou vient le nom juif –en tant que déformation de Yehoudi [en hébreu], Yahoud ou Ihoud en arabe ou en Amazigh– qui deviendra celle de plusieurs groupes de nationalistes arabes [par exemple l’irakien Ghaleyni] qui, en Irak, Egypte et Syrie, se lieront ou seront favorables au mufti Husseini et à son philo-hitlérisme.

Soulignons que ce Frère musulman –devenu hitlérien et partisan de l’extermination des Juifs jusqu’au dernier nouveau-né–, mettra en pratique son hitlérisme exterminateur en devenant le mentor des SS bosniaques de la division Al Hanshar.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alain Rubin pour Dreuz.info.

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