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Publié par Dreuz Info le 27 février 2017

L’idée avait de quoi surprendre : que Philippe Karsenty, intellectuel, élu et homme d’affaires dont on connaît les engagements, donne la parole à Renaud Camus.

Pourtant, si ces pages surprennent, c’est dans le bon sens du terme. On découvre un écrivain qui remet quelques pendules à l’heure à propos de Jérusalem, donne Israël en modèle ou appelle de ses vœux un « second Israël », chrétien cette fois, dans la région.

Il développe clairement, non sans humour, ce que signifie pour lui ce « Grand Remplacement », concept pour lequel il est souvent critiqué.

Autre bonne surprise : la manière dont sont menés ces entretiens par un interlocuteur qui pose les bonnes questions puis s’efface, sans contrer celui qui s’exprime, même si d’évidence, l’envie ne lui en manque pas.

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Renaud Camus

Pour beaucoup son nom évoque un personnage sulfureux, longtemps coqueluche des médias avant d’en avoir été honnis, pour cause d’alertes qu’il lance à propos d’un « Grand Remplacement » de population en France. On songe aussi à quelques pages dénoncées voici seize ans. Ce que ne manque pas de nous rappeler Le Monde qui tente de mettre ces pages sur le même pied que les nombreux tweets insupportables, violemment antisémites, xénophobes, misogynes d’un écrivain « issu des cités », coqueluche de certains médias, qui viennent d’être révélés. Dès lors, que Philippe Karsenty, intellectuel, homme d’affaires et élu dont on connaît les sensibilités, lui donne la parole dans un recueil d’entretiens qui vient d’être publié, avait de quoi surprendre.

Or, si surprise il y a, elle est excellente.

« c’est par la reprise par les Juifs de leur capitale éternelle, qui, tout à coup, a fait de Jérusalem une ville sainte de l’islam, par on ne sait quel miracle rétrospectif… »

Dans cet ouvrage clair, bien mené, on y rencontre un Renaud Camus posé, qui argumente ses prises de position en patriote, dit-il, sans animosité apparente mais avec un humour dévastateur et des formules qui font mouche, que ce soit lorsqu’il évoque François Hollande, Marine Le Pen, le triste sort des « migrants qui font naufrage et l’Europe qui est noyée », une Europe décrite « comme un malheureux chien perdu sans collier ». Tout ceci dans un tour d’horizon savoureux et sans concession qui va de la France et de ses voisins aux États-Unis, en passant par l’Afrique et le Proche-Orient, et le programme de l’écrivain. Un voyage que Philippe Karsenty mène remarquablement, sans jamais chercher à contrer son interlocuteur, même si leurs opinions et analyses divergent sur un certain nombre de points.

Elle ne divergent sans doute pas dans les pages sur Israël ou Jérusalem, loin des contrevérités auxquelles la plupart des hommes politiques ou des médias nous habituent, jusque dans des votes iniques de la France à l’UNESCO ou au Conseil de Sécurité de l’ONU… Israël qui, dit-il, est « un modèle pour toutes sortes de raisons », avec « l’appartenance de cette terre à ce peuple-là et réciproquement…le modèle des sociétés occidentales » et Jérusalem dont il démontre que « c’est par la reprise par les Juifs de leur capitale éternelle, qui, tout à coup, a fait de Jérusalem une ville sainte de l’islam, par on ne sait quel miracle rétrospectif… »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hélène Keller-Lind pour Dreuz.info.

« 2017, dernière chance avant le Grand Remplacement. Changer de peuple ou changer de politique ? Renaud Camus, Entretiens avec Philippe Karsenty », La Maison d’Édition, 172 pages, 20 €, à La Maison d’Edition et en librairie à partir du 2 mars 2017

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