Publié par Dreuz Info le 2 février 2017

Si vous ne deviez lire qu’un seul roman cette saison… voici Rouge Eden*, de Pierre JB Benichou

Rouge Eden, classé dans la catégorie « thrillers » mériterait d’appartenir à celle, quasiment disparue, des grands romans populaires

Les bons romans – c’est à dire ceux qui savent habilement mêler qualités littéraires et efficacité du récit – se font rares.

S’il est vrai que certains auteurs tirent leur épingle du jeu, la liste des best-sellers sur le marché français donne l’impression qu’il s’agit toujours des mêmes, et de ce fait, les clés de leur succès commenceraient peut-être à se rouiller.

C’est la raison pour laquelle j’ai reçu un véritable choc à la lecture du dernier roman de Pierre JB Benichou, Rouge Eden, classé dans la catégorie « thrillers » mais qui mériterait d’appartenir à celle, quasiment disparue, des grands romans populaires. Par l’originalité de sa thématique, tout d’abord.

Un tueur en série, érudit et charmeur, confesse l’abomination de ses crimes à un pasteur, durant la nuit qui précède son exécution. Terrifié à l’idée de se retrouver en enfer, Will Birdy s’est plongé pendant les quinze années de son incarcération dans la lecture d’une multitude de scientifiques et de philosophes, afin de se convaincre que la réincarnation est le sort qui l’attend. Parallèlement, le récit nous emmène en Russie soviétique, à l’époque des premières purges staliniennes, pour évoquer le sort effroyable d’un professeur de physique quantique, Timofey Bogaïevsky, envoyé par erreur au goulag.

Quelle relation unirait ces deux hommes, l’un, victime et l’autre bourreau, que tout sépare, aussi bien géographiquement que dans le temps ?

A travers de toutes petites touches érudites, habilement disséminées tout au long de l’histoire, l’auteur nous conduit à comprendre que Birdy est peut-être dominé par une « chose » inconnue, née de l’injustice dont fut victime le professeur.

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A ce niveau, Rouge Eden pourrait, en effet, être qualifié de simple « thriller ».

Mais c’est là qu’interviennent le savoir faire et la somme considérable de connaissances de l’auteur, dans les domaines historique, scientifique, et philosophique.

Et s’il ne s’agissait encore que de cela… Dans le train qui le conduit au goulag, le professeur Bogaïevsky rencontre Itzaak, un vieux kabbaliste qui va progressivement le faire douter du tout matérialiste dans lequel il été éduqué. Et voici que le récit s’envole, prend une nouvelle tournure, tandis que l’Histoire avec un grand H s’emballe.

Pour raconter son passé, Itzaak doit évoquer celui-des Juifs de Russie, de pogrom en pogrom, de fausses accusations de meurtres rituels, en massacres provoqués. Voici que le mouvement sioniste trouve sa source et sa raison d’être, tandis que « Les Protocoles des Sages de Sion », faux destiné à justifier l’antisémitisme du Tsar, va déclencher d’autres pogroms, et qu’en Palestine, la révolte arabe nourrie de la même haine antijuive, va conduire à la disparition de communautés entières.

La question qui reste posée tout au long du récit, ne manquerait pas d’ébranler les plus humbles certitudes humanitaires, à l’époque du politiquement correct et du relativisme moral : pourquoi les méfaits d’une société tortionnaire seraient-ils plus excusables que l’atrocité des actes commis par un psychopathe ?

Pierre JB Benichou résume son point vu par la phrase d’accroche de son oeuvre :

«  Ce roman, inspiré de faits réels, est très modestement dédié à tous les hommes qui ont fait de la lutte contre les dictatures leur combat personnel »

Une fois passée la vague des « thrillers ésotériques », née du succès du Da Vinci Code de Dan Brown, Rouge Eden pourrait bien donner naissance à un nouveau genre, le « thriller philosophique », tel qu’indiqué sur la quatrième de couverture.

En prime, les éditions Belfond nous ont gratifiés d’une bande annonce qui pourrait être celle d’un film, et que je vous invite à regarder, avant de vous précipiter pour acheter ce roman impossible à lâcher :

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Julien Desmaret pour Dreuz.info.

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