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Publié par Gilles William Goldnadel le 18 mars 2017

François Fillon a parlé ce jeudi de « racisme anti-Français », s’attirant les foudres d’une partie de la presse. Pour Gilles-William Goldnadel, ce racisme est une réalité à combattre.

Il peut arriver qu’en politique, comme souvent en psychanalyse, sous la couche superficielle du discours, on découvre la vérité des choses.

Les propos de François Fillon, jeudi dernier à Caen déclarant exécrer tous les racismes «dont le racisme anti-Français» et surtout les réactions réflexes et critiques qu’elles ont inspirées à la gauche médiatique confirment ce postulat.

Que François Fillon, en retard selon les sondages sur Marine Le Pen, n’ait utilisé à dessein cette expression peu employée par lui que pour tenter de rattraper sa rivale fait assez peu de doutes. Mais que la gauche (Libération «trumpisation», Le Nouvel Obs «discours d’extrême droite») y voie la marque infamante d’une dangereuse dérive droitière est, sur le fond, infiniment plus instructif.

Après tout, le concept de racisme anti-Français n’est ni nouveau ni original. Mais la réaction pavlovienne de la gauche en dit long sur la béance de sa pensée.

À aucun moment les deux journaux cités, ni plus grand monde à gauche, n’osent contester vraiment ce racisme. Mais il serait toujours aussi malséant de l’évoquer ou même de le nommer.

Et pour cause, c’est le racisme anti-occidental ou pour parler encore plus crûment anti-blanc, et dont le caractère anti-Français n’est qu’un avatar local, qui est à l’origine même du mal qui ronge le corps social depuis trois décennies.

J’ai essayé de montrer en 2011 dans mes Réflexions sur la question blanche* qu’il était à la racine même de toutes les grandes questions actuelles et que son origine dans l’inconscient collectif occidental post-chrétien prenait sa source dans la honteuse détestation de partager la même couleur que l’Antéchrist nazi criminel qui commît la nouvelle crucifixion.

Voilà pourquoi l’État-nation occidental, et ses institutions régaliennes (armée, police) font l’objet d’une critique permanente lorsqu’elles utilisent légalement une violence répressive devenue révulsive.

Voilà pourquoi l’État-nation est tétanisé donc émasculé, lorsqu’il voudrait faire respecter par sa police, les lois républicaines en matière de régulation des flux migratoires, à l’encontre de populations fantasmatiquement identifiées aux nouveaux juifs souffrants.

Article après article, ces derniers mois, je tente de montrer les ravages qu’aura occasionnés ce que je nomme «l’islamo-gauchisme».

À plusieurs reprises, je l’ai défini comme l’interdiction de critiquer l’islam ou la radicalité arabo-islamique sous peine d’être taxé d’islamophobe ou de raciste.

Mais il faut bien comprendre que dans le creux de la posture, bien au fond, niche ce fameux racisme anti-occidental ou en l’espèce anti-Français que l’on ne doit ni dénoncer ni même nommer sous peine d’être condamné.

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Mon imagination est impuissante à décrire la réaction de Libération ou du Nouvel Obs, si, hypothèse improbable, un élu Républicain se serait pris à gazouiller qu’il n’y avait que des noirs ou des arabes dans les meetings de Jean-Luc Melenchon…

Chaque semaine pourrait nous apporter son lot d’exemples affligeants.

Défense d’évoquer le cas de cet élue du Front de Gauche de la région parisienne, Assia Benziane qui twittait ironiquement, précisément s’agissant de François Fillon, «qu’il n’y avait que des blancs» dans ses meetings. Mon imagination est impuissante à décrire la réaction de Libération ou du Nouvel Obs, si, hypothèse improbable, un élu Républicain se serait pris à gazouiller qu’il n’y avait que des noirs ou des arabes dans les meetings de Jean-Luc Melenchon…

On se souvient que les mêmes sont restés assez cois après les invraisemblables déclarations racistes et antisémites de Mehdi Meklat ou de ses deux amies orientales fraîchement césarisées.

En revanche, et pour les mêmes raisons que les critiques émises à l’encontre de la déclaration de François Fillon, l’antiracisme de gauche aura voulu punir Georges Bensoussan d’avoir osé évoquer l’antisémitisme d’une bonne partie de la population musulmane.

Ce racisme anti-Français tient plus de la névrose occidentale que la réflexion

Voilà pourquoi, sous les condamnations sélectives de cet antiracisme dévoyé, se dissimule, de plus en plus maladroitement, le racisme anti-blanc et anti-Français.

On le voit désormais émerger en surface. Et de tous les milieux, et de tous les esprits mêmes les mieux structurés, tant ce racisme réflexe tient plus de la névrose occidentale que la réflexion.

  • Un jour c’est une féministe qui traque le machisme partout dès l’instant où il émanerait du mâle blanc, mais qui refuse aveuglément de l’apercevoir dans la condition misérable faite aux femmes d’Orient.
  • Un autre, c’est une députée de Guyane qui veut punir la négation de la traite transatlantique mais refuse de condamner la traite esclavagiste si elle est arabique, pour ne pas désespérer la jeunesse des banlieues.
  • Un troisième, c’est un candidat à la présidence qui voit dans la colonisation française un crime contre l’humanité mais ne le distingue pas dans les massacres commis par le FLN.

Et surtout, comment ne pas vouloir voir que dans les attentats commis récemment sur le sol français qui contre des chrétiens, qui contre des juifs, qui plus généralement contre des Français de France, et au-delà du fanatisme religieux, habite le ressentiment raciste contre l’Occidental, figure permanente du racisme blanc colonial.

Cette sourde détestation, tellement profonde, tellement permanente, tellement entretenue, tellement obsessionnelle, qu’elle va jusqu’à lui interdire de revendiquer des racines, une histoire, une culture en propre.

Oui, derrière la critique à l’encontre des déclarations somme toute assez banales de François Fillon, contre tous les racismes y compris le racisme anti-Français, habitent au sous-sol, dans les profonds cloaques, un racisme d’autant plus sombre et sournois qu’il a revêtu les habits de lumière de l’antiracisme militant.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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