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Publié par Mireille Vallette le 19 mars 2017

Bien qu’attendu, c’est une sorte de tremblement de terre qu’a vécu ce dimanche le Valais et même une bonne partie de la Suisse.

Oskar Freysinger a perdu son siège de ministre du Conseil d’Etat Valaisan. Meilleur élu en 2013, le candidat UDC avait recueilli 56’913 voix, soit 43,5% des suffrages. Arrivé sixième (pour cinq sièges) ce dimanche, il n’en a recueilli que 42’520 (32,4%). Le premier tour, le 5 mars, annonçait déjà sa défaite. Freysinger a durement accusé le coup. La droite (quatre sièges) et les socialistes (un siège) ont emporté la mise.

Le ministre a payé quelques erreurs de mandat.

Le dernier en date, à la fin de l’année dernière, est l’engagement d’un survivaliste, Piero San Giorgio, comme consultant en gestion de crise dans un groupe de travail. La personnalité de cet expert déjà jugé d’extrême droite, créait déjà des remous lorsqu’une vidéo est apparue.

San Giorgio y évoquait l’élimination des plus faibles, il déclarait notamment «notre nature c’est d’être un Waffen-SS» et affirmait que sauver les malades et les handicapés équivaut à détruire une civilisation. Oskar Freysinger, qui ignorait l’existence de cette vidéo et les propos de San Giorgio, a immédiatement renoncé à ses services, mais ses adversaires ont surfé avec joie sur ce boulevard.

Une autre polémique l’a desservi concernant un chef de service de l’enseignement à propos de problèmes fiscaux et relationnels.

Les bienpensants et les médias lui ont aussi abondamment reproché des visites à des «groupes d’extrême droite» en Europe, dont à Geert Wilders. Freysinger est un des UDC qui connait le mieux l’islam. Il en a mesuré les dangers et c’est en grande partie grâce à lui que la votation contre les minarets a connu un succès.

Il a en fait mené sans vagues son activité de ministre de la sécurité et de l’éducation, alors que chacun de ses actes était passé à la loupe par ses adversaires guettant un faux-pas fatal.

Pour cette dernière campagne, le politicien a choisi une stratégie perdante en créant une liste «Ensemble à droite» qui défiait le Parti démocrate-chrétien, sorti grand vainqueur de cette élection.

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Freysinger était l’homme à abattre.

Tous les anti UDC se sont unis pour mener une intense campagne de dénigrement. On a assisté à une alliance contre nature entre démocrates-chrétiens (trois élus à l’Exécutif) et  libéraux-radicaux (parti exclu du gouvernement en 2013). S’y sont ajoutés une manifestation (environ 1000 personnes), un mouvement «citoyen» intitulé «Coupons-lui la voie», un «Appel du 19 mars» sur Facebook et l’habituelle complicité médiatique.

Le dernier siège s’est disputé entre un socialiste vieux routier de la politique, Stéphane Rossini, et un néophyte sur le plan politique, Frédéric Favre. Celui-ci l’a emporté.

Certains analystes annoncent la fin de la carrière politique d’Oskar Freysinger. Il serait étonnant que ce bretteur hors pair, l’un des plus brillants hommes politiques de ces dernières années, disparaisse du paysage suisse.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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