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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 31 mars 2017

La démarche qui consiste à lutter contre les fausses informations a tout mon soutien. Je suis pour. L’inversion des faits (« un soldat israélien a tué un Palestinien … 10 lignes plus loin… qui avait tenté de le poignarder »), l’occultation d’informations importantes, l’usage de mots destinés à tromper le lecteur pour ne pas contredire un narratif prédéfini nuisent à l’information.

Dans les deux premières lignes de leur courrier de présentation de la nouvelle version du Decodex, Jérôme Fenoglio, le directeur du Monde et Luc Bronner, le directeur de la rédaction, mentent aux lecteurs et font exactement ce que leur Decodex prétend combattre : de la fausse information et un article trompeur.

Ils écrivent :

«Le journalisme de qualité n’a jamais été aussi nécessaire. Dans cette période où un président américain peut affirmer que les médias sont l’ennemi du peuple…»

Problème, le Président américain n’a jamais rien affirmé de tel. Il n’a jamais dit que les médias sont l’ennemi du peuple.

Voici ce que le président Trump a dit :

«Les médias de FAKE NEWS ne sont pas mes ennemis, ils sont les ennemis du peuple américain.»

Fenoglio et Bronner ont publié une fausse information en modifiant ce que le Président américain a déclaré. Ils ont supprimé le mot FAKE pour lui faire dire ce qu’il n’a pas dit.

Trump n’a pas dit «que les médias sont l’ennemi du peuple», il a dit que les médias de FAKE NEWS sont l’ennemi du peuple.

Hélas pour les deux malhonnêtes directeurs du Monde, Dreuz est un média américain, je suis de très près le Président Trump, et j’ai assisté ou suivi la plupart de ses discours.

C’est ainsi que je peux affirmer avec certitude que Fenoglio et Bronner ont menti.

Cela s’est passé lors de la Conférence conservatrice du 24 février 2017 au National Harbor dans le Maryland. Le Président Trump a dénoncé la tromperie :

Ils ont retiré le mot FAKE. Et soudainement, l’histoire est devenue : “les médias sont l’ennemi”. Ils ont supprimé le mot FAKE ! 

«Il y a quelques jours, j’ai dit que les FAKE NEWS sont l’ennemi du peuple, et c’est ce qu’ils sont… ils sont très malhonnêtes.

En fait, pour rapporter ce commentaire, les médias malhonnêtes n’ont pas expliqué que je dis que les FAKE NEWS sont l’ennemi du peuple. Les FAKE NEWS. Ils ont retiré le mot FAKE. Et soudainement, l’histoire est devenue : “les médias sont l’ennemi”. Ils ont supprimé le mot FAKE ! 

Et là je me suis dit : oh ! non ! Ca, ce n’est pas convenable ! Mais ils sont comme ça !

C’est ce qu’ont fait Fenoglio et Bronner : ils ont retiré le mot FAKE pour changer les propos de Trump afin de le représenter sous un angle négatif.

Faire la chasse aux articles trompeurs, je suis tout pour disais-je, mais confier cette tâche aux plus grands faussaires, c’est un peu comme si l’on demandait aux receleurs d’établir la liste des voleurs.

Depuis que ce Decodex a été mis en place par des militants journalistes, le doute grandit dans la profession.

Même à Libération, où Daniel Schneidermann écrit :

“En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, ‘le Monde’ se met dans une situation où il est à la fois juge et partie.”

Le professionnalisme des deux journalistes inexpérimentés qui ont mis au point le Decodex est mis en doute : Samuel Laurent, qui sur Twitter insulte– au sens propre– et crache sur ceux qui lui opposent un point de vue différent du sien, et Adrien Sénécat, encore jeune et qui ne doit pas donner satisfaction aux rédactions, car il est déjà passé de média en média avant d’atterrir au Monde.

Samuel Laurent : « démonter la rumeur quand elle est vraie »

Deux problèmes majeurs apparaissent dans le Decodex (au-delà de la malhonnêteté des deux directeurs du Monde dénoncée plus haut) :

  • Ses artisans confondent information et analyse. Analyser des faits de société, ce n’est pas publier des informations. Condamner des éditoriaux et des points de vue en les classant en fausse info, étiqueter des sites qui ne publient aucune info en site d’informations trompeuses est une erreur qui ne trompe pas. Dans leur hâte de décerner des blâmes, ils ont glissé sur une sérieuse peau de banane.
  • En mettant à l’index des sites, le Decodex condamne ceux qui donnent la parole à des intellectuels, des commentateurs, des experts, qui n’ont aucun autre moyen de s’exprimer ailleurs, qui ne disposent d’aucune plate-forme, car ils sont interdits de s’exprimer dans les médias traditionnels.

Conclusion

Les promoteurs du Decodex appliquent la méthode de l’extrémiste de gauche Saül Alinsky (Rules for radicals), qui expliquait que pour anéantir les opposants, il faut commencer par leur coller une étiquette infâme qui deviendra leur contour social, leur identité publique par laquelle ils seront disqualifiés.

En mettant à l’index les sites qui promeuvent des points de vue contraires à ceux qui leur plaisent, qui publient des auteurs qu’ils n’aiment pas et que l’ensemble des médias et des éditeurs ont cloués au pilori– nous pourrions citer Guy Millière et Renaud Camus–, et reproduisent les discours de chefs d’Etats dont les propos contredisent leurs articles trompeurs (Benjamin Netanyahou, Donald Trump, Mahmoud Abbas, Viktor Orban…) et qu’ils ne veulent pas publier, Samuel Laurent et Jérôme Fenoglio, Adrien Sénécat et Luc Bronner révèlent que pour eux, la liberté d’expression est l’ennemi à abattre, le Decodex l’arme pour la tuer, et les sites de la contre-culture officielle leur cible.

Ce que le politiquement correct ne dira pas, c’est que Le Monde, leur caution active n’est pas un média neutre et de référence, mais un quotidien de gauche dont on s’attend à ce qu’il ne critique pas la gauche.

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