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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 avril 2017

Je recommande aux gens pleins d’a priori de ne pas lire cet article.

Cet article n’est pas pour ceux qui ont décidé à l’avance que Donald Trump est le dictateur d’un Etat totalitaire qui mène le monde au chaos, qu’il a commis un crime contre un dirigeant innocent, la Syrie, que la Russie est une démocratie décente, raisonnable et mesurée, qu’al Assad est un homme de paix, et que l’Amérique est le problème.

Cet article est destiné aux personnes qui comme moi n’ont pas de parti pris sur le sujet, aucun état d’âme à dire que Trump a fait fausse route s’il a fait fausse route, ou qu’il a eu raison s’il a eu raison.

Cet article est destiné à ceux qui souhaitent comprendre pourquoi le Président Trump a décidé de passer à l’attaque et de bombarder la base aérienne syrienne.

Je vais ici vous présenter les arguments pour et contre et c’est vous qui déciderez.

Y at-il eu attaque chimique ?

  • CNN – qui ne l’oublions pas milite activement et quotidiennement depuis des mois pour détruire la présidence Trump, au point que la chaîne est régulièrement accusée par Trump d’être le symbole d’un média de Fake News, le « Clinton News Network » – a publié plusieurs reportages montrant les victimes de l’attaque. Dans la suite logique de sa ligne anti-Trump, et si l’attaque chimique n’a pas existé, elle aurait été la première à le dénoncer.
  • BBC, également résolument anti-Trump, écrit :

« Des activistes et des témoins disent que des avions ont attaqué Khan Sheikhoun, situé à 50 km au sud d’Idlib, mardi matin très tôt, quand beaucoup dormaient encore. »

  • Mariam Abu Khalil, 14 ans a déclaré au New York Times – probablement le média le plus anti-Trump de tous et qui serait le premier à dénoncer le va-t-en-guerre Trump- qu’elle a vu un avion lâcher une bombe sur un immeuble d’un étage.
  • Toujours dans le NYT, 

Idlib, où l’attaque s’est produite, dit que 69 personnes sont mortes, et donne la liste avec leurs noms. Tous les morts ne sont pas encore identifiés, et plusieurs organisations humanitaires affirment que probablement cent personnes sont mortes. »

  • Mardi matin 4 avril, vers 6h30 7 heures, des messages ont commencé à apparaître sur les médias sociaux, faisant référence à une attaque.
  • Quelques heures après l’attaque, Edlib Media Center, un groupe d’opposition à Assad, publiait des photos montrant des corps d’enfants qui disaient-ils, ont suffoqué en raison de gaz toxiques.
  • Ahmad Sheikho, un activiste dans l’opposition, déclarait sur WhatsApp jeudi avoir vu le bombardement mardi matin.

« J’ai pris des photos de la frappe aérienne, c’est très près de ma maison. »

  • Médecins sans frontières, qui a monté des cliniques dans les zones rebelles, a déclaré mercredi – avant le bombardement américain – que 8 patients transportés à l’hôpital Bab Al Hawa situé près de la frontière turque, avaient des symptômes “conformes à l’exposition à des agents neurotoxiques comme le gaz sarin ou des composants similaires.”
  • John Gilbert, expert et enseignant au Centre pour le contrôle des armes et la non-prolifération, une association sans but lucratif de Washington, a déclaré au Los Angeles Times que les victimes qu’il a vues en vidéo et sur les photos de Khan Sheikhoun semblent avoir “été affectées par une chose qui provoque des blessures sérieuses, probablement fatales, sans aucune blessure physique visible … et présentaient des symptômes ressemblant à celui du gaz sarin.”

« Le gaz sarin, ajoute Gilbert, s’il est respiré ou en contact avec la peau dans une quantité suffisante, est mortel en quelques minutes. Des réactions plus légères incluent des difficultés respiratoires et des convulsions. »

  • Un article publié par le NYT le 4 avril, le jour de l’attaque, montre des photos et des vidéos assez graphiques trouvées sur les réseaux sociaux le même jour. Vous pouvez vous reporter à l’article pour les découvrir : nytimes.com. Les journalistes écrivent : « Les vidéos, partagées par des activistes et des résidents, montrent des enfants et des adultes qui ont des difficultés à respirer », et concluent : « les éléments observés sur les victimes pointent vers une attaque au gaz innervant. »
  • Hussein Kayal, un photographe du centre médiatique pro-opposition Edlib Media Center (EMC), a déclaré à Associated Press avoir été réveillé par le bruit d’une explosion vers 6h30. Quand il est arrivé sur place, il n’y avait aucune odeur. Il a vu des gens couchés par terre, incapables de bouger, et avec les pupilles resserrées.
  • Mercredi, l’OMS a déclaré que l’indication qu’un agent chimique a été utilisé est « amplifiée par l’apparente inexistence de blessures externes et des détresses respiratoires aiguës causant la mort ».

    « Certains cas semblent montrer des signes supplémentaires d’exposition aux organophosphorus, une catégorie d’agents chimiques qui comportent des gaz innervants. »

  • Le Syndicat des organisations de soins médicaux UOSSM, qui finance des hôpitaux dans les régions de Syrie tenues par les rebelles, a déclaré dans un communiqué que trois de ses employés de Khan Sheikhoun ont été affectés après avoir traité des patients dans les rues, et ont dû être envoyés en soins intensifs.
  • L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OPCW) a exprimé ses inquiétudes concernant les rapports, et déclaré qu’une mission destinée à découvrir les faits était « en train de réunir et d’analyser les informations de toutes les sources disponibles ».L’OPCW a déclaré qu’elle ne serait pas en mesure de confirmer quoi que ce soit tant que des échantillons seront testés dans un laboratoire accrédité, mais un docteur travaillant dans un hôpital de Sarmin qui a traité quelques victimes a déclaré qu’il pense qu’elles ont été exposées au gaz Sarin.

    « Tous les patients avaient les mêmes symptômes – des difficultés pour respirer, des faiblesses, » a déclaré le docteur Abdulhai Tennari à la BBC. « Ils avaient d’importantes sécrétions dans leurs voies respiratoires, qui ont provoqué des suffocations. »

    Il ajouta que « lorsque les cas les plus sérieux étaient traités avec un antidote de l’empoisonnement au Sarin, l’atropine, leurs conditions devenaient stables et ils survivaient ».

  • Jeudi, le ministre de la Santé turc a déclaré que selon les premiers résultats d’autopsie sur trois victimes, faites sous la supervision de l’OMS, il semble qu’elles « ont été exposées à une substance chimique (Sarin)« . Elles souffraient « d’œdèmes pulmonaires, augmentation du poids des poumons, et de présence de sang dans les poumons. »

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⇒ Attaque chimique ou fabrication ? A vous de décider.

 

Qui est l’auteur de l’attaque chimique, Assad ou les rebelles ?

Un communiqué de l’armée syrienne publié sur le média d’Etat a catégoriquement nié avoir utilisé « une quelconque substance toxique ou chimique » à Khan Sheikhoun mardi. Faut-il les croire sur parole ?

  • Les Etats-Unis affirment que les radars militaires ont monitoré un avion syrien « à aile fixe », qui a décollé de la base aérienne de Shayrat dans la province d’Homs mardi matin, et a survolé Khan Sheikhoun à deux occasions – à 06h37 et à 06h46.
  • NBC cite des membres de l’Etat major américain qui indiquent que leurs radars ont détecté la présence de flashes au sol, indiquant que des bombardements ont eu lieu sur la ville tenue par les rebelles, à peu près au même moment que les premiers rapports de victimes ayant des difficultés respiratoires ont été publiés.
  • Des officiers des services de renseignement militaires israéliens, sous couvert d’anonymat car ils ne sont pas autorisés à parler aux médias, ont déclaré à Associated Press qu’ils pensent que le gouvernement syrien est derrière l’attaque. Israël est convaincu qu’Assad a des tonnes d’armes chimiques entre ses mains, malgré une opération concertée menée il y a trois ans par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques destinée à reprendre son stock au gouvernement.
  • L’Ambassadeur britannique Matthew Rycroft a déclaré que la Grande-Bretagne n’a rien vu qui suggère que les rebelles « possèdent le genre d’arme chimique qui correspondent aux symptômes que nous avons observés hier [mardi 4 avril]. »

Attaque chimique déclenchée par Assad, ou par les rebelles ?

  • Après avoir affirmé que l’armée syrienne n’a pas attaqué Khan Sheikhoun, le ministre des Affaires étrangères syrien Walid Moallem déclarait jeudi 6, la veille des frappes américaines, qu’un avion syrien a attaqué Khan Sheikhoun à 11h30 mardi 4 avril. A cette heure-là, tous les médias sociaux avaient déjà publié depuis plusieurs heures les photos et vidéos des victimes.
  • La journaliste d’investigation et correspondante de Fox news pour les affaires liées aux renseignements et à l’espionnage Catherine Herridge en qui j’ai toute confiance, car je lis ses rapports et comptes rendus depuis des années, a couvert avec une grande rigueur l’affaire du serveur privé de mail d’Hillary Clinton, et elle a fait des révélations qui ont toutes été confirmées dans les heures ou les jours qui suivaient. Elle déclarait sur Fox News vendredi matin que :

« Le conseiller national sécurité H.R. McMaster a suggéré que les Etats Unis ont spécifiquement frappé [la base aérienne Shayrat] ‘parce que nous avions suivi que l’attaque meurtrière partait de cet emplacement.’ McMaster ajoute que le degré de confiance sur cet objectif parmi les officiels Américains n’a fait que croître depuis l’attaque de mardi. »

  • Jeudi soir, la veille de l’attaque donc, Catherine Herridge affirmait que des membres des services du renseignement avaient un haut degré de confiance dans le fait que l’attaque a été commise par un avion du gouvernement syrien. Leur analyse concordait avec les rapports de témoins disant avoir observé un avion déclencher l’attaque.
  • Hamish de Bretton-Gordon, ancien commandant des forces armées britanniques appartenant au régiment biologique chimique et nucléaire (CBRN), a déclaré que l’affirmation de la Russie que les frappes de la Syrie ont atteint un stock d’armes chimiques rebelles est « plutôt ridicule : quand vous bombardez du Sarin, vous le détruisez, » a-t-il expliqué à la BBC.

⇒ Attaque chimique déclenchée par Assad, ou par les rebelles ? A vous de décider.

Pourquoi Assad avait-il de bonnes raisons de lancer cette attaque

  • Emma Graham-Harrison, la correspondante en Afghanistan et au Pakistan du Guardian, explique :

« Les combats font rage un peu partout dans le pays déchiré par la guerre, mais son armée [Assad] adossée sur les milices et les armées étrangères [iraniennes] qui soutiennent son gouvernement avait la main haute, et la Maison-Blanche avait renoncé à espérer un changement de régime.

Et puis, mardi, l’aviation syrienne bombarde la ville de Khan Sheikhoun, tuant des dizaines de personnes avec un gaz innervant, le sarin. Deux jours plus tard, le Président américain Donald Trump ordonne une frappe de missiles sur la base aérienne d’où il affirme que les armes chimiques ont été chargées.

Ceux qui critiquent cette frappe se sont empressés de reprocher aux Etats-Unis d’être allés trop vite à accuser Assad, ont rejeté tous les éléments de preuve, en affirmant qu’il serait irrationnel pour le dirigeant syrien d’utiliser maintenant des armes chimiques, alors qu’il devrait bientôt remporter la victoire.

La Russie et la Syrie sont même allées jusqu’à affirmer que le sarin vient d’un entrepôt rebelle accidentellement bombardé par le gouvernement [qui a précédemment affirmé ne jamais avoir attaqué Khan Sheikhoun, puis déclaré l’avoir bombardé vers 11h30 mardi 4 avril]. L’argument a été cependant largement démonté par des experts en arme chimique et il est contredit par les éléments observés sur le lieu de l’attaque.

Mais la réalité est que l’armée d’Assad a eu très peu de victoires depuis 2015, et que ses avancées ont été lentes et coûteuses. Son armée est  épuisée par la guerre, et bien qu’elle ait gagné quelques batailles décisives, la guerre est très loin d’être terminée.

  • Joshua Landis, le directeur du Centre pour les Etudes sur le Moyen-Orient à l’Université d’Oklahoma, et qui observe le conflit syrien depuis des années affirme que l’usage d’armes chimiques peut être attirant pour un dirigeant qui a peu d’alternatives militaires.

“Je pense qu’Assad et ses généraux veulent une victoire, et ils ont usé et épuisé leur armée. Bombarder Nagasaki et Hiroshima a aidé les Etats-Unis à gagner la Seconde Guerre mondiale, pourtant aucune de ces deux villes n’avaient de valeur en terme militaire” 

  • « Utiliser le sarin est une escalade en termes de brutalité, mais le président syrien a pu se sentir confiant après la déclaration récente de Donald Trump qui a parlé du régime comme ‘une réalité politique que nous devons accepter’. Cela a pu décider Assad à penser que le risque de représailles contre une attaque chimique était faible, à un moment où sa motivation pour utiliser des ‘méthodes terroristes’ sont évidente”, a déclaré Shashank Joshi, expert et analyste auprès du think tank Rusi.

“Ne confondez pas les succès nationaux et stratégiques d’Assad avec une suprématie militaire. Il se débat dans de nombreuses régions, localement, et en soi, cela peut l’encourager à recourir à des tactiques terroristes. Son armée est dans un sale état,” ajoute Joshi.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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