Publié par Abbé Alain Arbez le 9 avril 2017
Entrée de Jésus à Jérusalem

« Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue du Mont des Oliviers.

Jésus envoya deux disciples en disant : allez au village, vous trouverez une ânesse et son petit…Ainsi s’accomplit la parole prononcée par le prophète : dites à la fille de Sion : voici ton roi qui vient vers toi plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme.

Les disciples amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s’assit. Les foules criaient : hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Matthieu 21.1-11

Le Mont des Oliviers

Jésus va au-devant de sa passion (qui est célébrée ce dimanche). Il passe par le Mont des Oliviers. Ce lieu joue un rôle essentiel dans la mémoire et dans l’espérance d’Israël. Ainsi, David le gravit lorsqu’il s’éloigne de son fils Absalom qui le poursuit. Salomon, selon le Livre des Rois, s’était laissé influencer par ses concubines et avait bâti des autels aux divinités Kemosh et Milkom. Ezekiel évoque le Mont des Oliviers par où passe la gloire de Dieu lorsqu’elle quitte sa localisation au Temple. Quant à Zakarie, il annonce le jour de vérité où Dieu rassemblera toutes les nations à Jérusalem et lorsque depuis le Mont des Oliviers il se montrera roi de toute la terre.

Le passage de Jésus par ce lieu chargé de messages est donc lié à sa mission et au regard de foi que ses disciples porteront sur sa personne après la résurrection. Jésus prie au Mont des Oliviers, il se prépare non sans angoisse au don de sa vie, à Gethsémani qui est situé au pied du mont, et l’évocation de son ascension est encore rattachée au Mont des Oliviers par le Livre des Actes des Apôtres sous la plume de Luc.

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L’âne

Jésus entre assis sur un âne, symbole de l’humilité des pères d’Israël.

C’est aussi l’image des travailleurs et des artisans du peuple qui circulent avec de lourds fardeaux. L’âne est surtout l’opposé du cheval, symbole de conquête guerrière et de domination. C’est donc une image de douceur et de paix qui correspond aux choix de Jésus. L’âne tient d’ailleurs une place significative dans les récits de la tradition juive. En occident, cet animal est souvent mal considéré puisqu’on mettait naguère un bonnet d’âne aux élèves négligents. Lorsqu’il est question d’une ânesse et de son petit dans l’évangile de Matthieu qui relate la passion de Jésus, ce n’est pas un simple détail anecdotique, mais un message en relation avec l’expérience d’Israël.

Au Livre des Nombres, chapitre 21, nous découvrons une ânesse au profil sympathique, c’est l’ânesse de Balaam. Alors que les Israélites arrivent au pays de Canaan, Balak, roi des Moabites, s’inquiète. Il fait chercher Balaam et le corrompt pour amener la malédiction sur Israël. Balaam accepte le marché et se met en route, monté sur son ânesse. Dieu a interdit à Balaam de maudire Israël et il envoie un ange pour lui barrer la route sur son chemin. Mais Balaam est incapable de voir l’ange et sa détermination à stopper sa mission contraire à la volonté divine. Heureusement, l’ânesse voit l’ange qui bloque le passage, et elle se couche en refusant d’aller plus loin. Balaam excédé la roue de coups, et c’est alors que l’ânesse se met à parler et demande à son maître : « Qu’ai-je fait pour que tu me battes ? »

Balaam furieux répond : « Si j’avais une épée, je te tuerais ! »

Mais Dieu ouvre les yeux de Balaam qui aperçoit à temps l’ange lui barrant la route. Et l’ange interpelle Balaam : « Pour quelle raison as-tu battu ton ânesse ? Je te barre le passage parce que tu ne dois pas lancer de malédiction contre Israël ! Si ton ânesse ne s’était pas arrêtée juste à temps, tu serais mort et elle, serait restée en vie ! »

Balaam reconnut sa faute et alla chez Balak. Cependant, dans son obstination il chercha encore à maudire Israël ! Mais Dieu le rendit incapable de le faire et il l’obligea même à prononcer par trois fois une bénédiction sur son peuple.

L’ânesse de Jésus l’a conduit par le Mont des Oliviers au milieu de son peuple, malgré les menaces et les dangers liés aux stratégies romaines. Comme dans l’histoire de Balaam, l’engagement de Jésus a défié la mort et a été porteur de bénédiction malgré l’adversité.

Remarquons que la foule criait « hoshianna  au Fils de David ! » la racine hébraïque « hosh » est la même que celle du nom de Jésus « Iehoshouah », qui évoque le sauvetage par Dieu de ceux qu’il aime.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez prêtre, pour Dreuz.info.

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