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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 19 avril 2017

Les journalistes politiques Jonathan Allen et Amie Parnes (1) viennent de publier « En ruine : vue de l’intérieur de la campagne électorale perdue d’Hillary Clinton* » (en anglais) qui explique pourquoi Hillary Clinton a fait une si mauvaise campagne électorale et a perdu la présidentielle.

Dans le New York Times, la journaliste Michiko Kakutani écrit que :

« Dans leur indiscutable nouveau livre, “Shattered,” les journalistes Jonathan Allen et Amie Parnes écrivent que l’échec de Clinton correspond à tous les reportages qu’ils ont faits pendant un an et demi — lesquels ont révélé toutes sortes de “présages” qui le plus souvent étaient en contradiction avec les indications que Clinton était favorite dans la course ».

Kakutani : « Les observations relatées ici par des membres de sa campagne et des personnes bien placées dans le parti démocrate — ne sont rien d’autre que dévastatrices… en fait, le portrait de Clinton qui se dégage de ces pages est celui… d’un échec épique fait d’une série d’erreurs perverses et souvent évitables d’une candidate hors de portée en conflit permanent avec son équipe. »

Kakutani : « Shattered » souligne les difficultés de Clinton… en ce qu’elle valorise plus la loyauté que la compétence, ce qui résulta en une opération bureaucratique où les membres de l’équipe hésitaient à dire ce qu’ils pensaient par crainte, et la formation de clans qui semaient « confusion, anxiété et conflits. »

Extraits :

  • « Début 2015, Hillary Clinton était inaccessible pour la plupart de son équipe de campagne. Elle renvoyait toutes les demandes de communication avec elle vers Huma Abedin. »
  • Quand l’affaire du serveur d’emails commença à devenir un sérieux problème et devint de notoriété publique, Hillary refusa d’accepter la moindre responsabilité. Au lieu de cela, elle déclencha sa furie contre ses conseillers et son équipe de campagne, les accusant d’être incapables de recentrer les médias sur son programme — comme si cela était possible. La seule personne qui ne reçut aucun blâme, jamais, même pas une petite remarque négative : elle-même.
  • Hillary Clinton était tellement écrasante, qu’elle broyait le moral de ses équipes. Ses assistants ont fini par avoir le sentiment qu’une fatalité s’était abattue sur eux, au point qu’ils inventèrent un mantra inspiré de ce que l’on dit aux enfants turbulents qui font des bêtises, qu’ils se répétaient derrière son dos : « nous sommes trop nul, nous ne méritons rien de bien. »

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Le site Axios.com livre quelques mises-en-bouche tirées du livre :

  • « Les hauts responsables d’Hillary étaient aussi minables que des sous-directeurs d’une agence régionale qui n’a aucun plan établi. »
  • Hillary à son confident de longue date Minyon Moore, pendant les primaires : « Je ne comprends pas ce qui se passe dans le pays. »
  • « La seule personne contre qui [Hillary] semble ne jamais être en colère : elle-même. »
  • « Les plus courageux… craignaient — à juste raison — que s’ils faisaient des critiques contre Hillary ou sa stratégie, leurs mots soient immédiatement retournés contre eux par ceux qui espéraient être dans les petits papiers d’Hillary. »
  • « [Hillary] aimait créer des clans et des centres de pouvoirs rivaux à l’intérieur et à l’extérieur de son organisation. »
  • « Exemple significatif, Hillary avait mis sur pieds deux équipes séparées et isolées l’une de l’autre pour écrire ses discours… et inquiet de laisser son “super secret” préparatif du débat avec Trump à la portée de tous [Philippe] Reines acheta une longe pour attacher son attaché-case à son poignet. Il alla même jusqu’à acheter deux différents modèles — l’un deux venant d’un magasin pour les amateurs de sadomasochisme. »

 

 

Conclusion

Tout ce que nous autres, journalistes prudents, lucides et non-idéologues avons suspecté, ressenti et pensé de cette candidate, s’est donc avéré être totalement vrai.

Hillary Clinton aura pour les observateurs rigoureux, démontré avec brio le fonctionnement de l’idéologie gauchiste à son sommet : incapable de se remettre de quelque manière en cause puisqu’elle représente le camp du bien absolu.

Lors d’une interview récente, démontrant que même dans l’échec, Clinton est incapable de tirer la moindre leçon, elle a déclaré au New York Times que selon elle, « la misogynie a joué un rôle » dans son échec.

  • Le scandale du serveur d’email ? Non.
  • Les insultes choquantes (personnes dégoûtantes et irrécupérables, racistes, homophobes, xénophobes) aux électeurs qui votent pour Trump ? Non.
  • Les promesses faites aux mineurs qu’elle va les mettre au chômage et faire fermer leurs entreprises ? Non plus.
  • Les eaux troubles de corruption de la Fondation Clinton ? Pas du tout.
  • Le nombre invraisemblable de personnes (72 % des Américains) qui considèrent qu’elle est malhonnête, qu’elle ment et qu’elle n’est pas fiable ? Certainement pas.
  • Ses conférences payées 250 000 dollars à des banquiers de Wall Street dont elle a refusé de publier le texte ? Pas le moins.
  • Son programme réchauffé sans aucune proposition nouvelle ? Pas plus.

C’est la misogynie, cette carte usée de la gauche morale, qui a causé son échec. Désespérant.

N’espérez pas lire cela dans vos médias français : vos journalistes sont soumis à la pensée dominante.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

(1) Allen et Parnes ne peuvent pas être accusés d’être partisans ou anti-Clinton : ils sont les auteurs d’un livre élogieux paru en 2014 : « HRC* » (pour Hillary Rodham Clinton) où ils dressent un portrait très favorable des années Clinton secrétaire d’Etat.

Sources : nytimes.comaxios.com,

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