Publié par Frank Khalifa le 10 mai 2017

Mes très chers Alain et Franck, je viens ici répondre à votre question « Pourquoi le rêve européen n’est-il pas définitivement révolu ? »

« Les quatre chevaux de l’Apocalypse se sont abattus dans notre existence : le fascisme, le nazisme, le communisme et surtout le nationalisme qui a perverti la fleur de la culture européenne ».

Je ne suis en aucun cas animé par un esprit de controverse jusqu’au-boutiste mais je me devais de répondre. En l’occurrence, il manque le cavalier de l’Apocalypse, je veux nommer ici l’islamo-nazisme né de la vacuité spirituelle d’un monde en liquéfaction, et de l’islamo-gauchisme par trop d’universalisme massificateur, et d’une dérive des droits de l’homme.

Là réside le nœud du problème de l’Europe : la dérive du cœur, faille du système des Lumières que les Lumières elles-mêmes ignoraient.

L’Histoire ne se répète pas, sauf si on applique les mêmes remèdes aux mêmes maux.

Nazisme et communisme sont bien des cadavres conceptuels que l’on aimerait ressusciter pour se donner une conscience d’être dans une position héroïque de veille historique. Mais le monde a réellement muté et l’idée d’une fraternité européenne est définitivement révolue, non parce que l’Europe économique a toujours été le lieu de la guerre, mais parce que l’Europe est le lieu de l’islamisme, nonobstant la Guerre en Irak et en Syrie, et qu’elle est le lieu d’un individualisme malsain, que les défenseurs historiques du collectivisme ont hypocritement épousé en catimini pour orchestrer le grand spectacle du monde, fait de suicides et de hold-up politico-médiaques.

L’Homme n’est pas mortel.

  • Il est déjà mort à Auschwitz, victime de l’échec bimillénaire de la civilisation européenne.
  • Il est mort une seconde fois avec la lâcheté de la bien-pensance démocrate et républicaine, qui a manqué de définitivement tarir les sources de l’idéologie mortifère.

l’abus des Lumières a affaibli le sens moral, conduit à la dureté, l’égoïsme, l’irréligion et l’anarchie

Le continent européen est le lieu artificiel du plus jamais ça, mais cet angélisme béat n’est qu’une paille blessant un œil meurtri par une mémoire holistique. Kant s’est planté par trop d’optimisme dans sa quête philosophique outrageusement volubile d’un perfectionnement humain illusoire. Son contemporain, Moïse Mendelssohn, dans sa Jérusalem au contraire et honteusement trop ignorée, a affirmé avec justesse que « l’abus des Lumières a affaibli le sens moral, conduit à la dureté, l’égoïsme, l’irréligion et l’anarchie. L’abus de la culture engendre l’abondance, l’hypocrisie, l’amollissement, la superstition et l’esclavage ».

Il suffit ! Le citoyen européen n’existe pas !

L’Europe se meurt d’un excès de félicité dadaïste et tantrique car l’Europe est cet éternel looser de la seconde guerre mondiale.

  • Vivons-nous actuellement dans une époque « éclairée » ? La réponse est rageusement négative.
  • Vivons-nous dans une époque de propagation des Lumières » ? La réponse est encore outrageusement négative.

L’Europe masochiste et d’un enthousiasme stérile, est devenu le lieu de l’arbitraire, du désordre et du discrédit. Seul l’entendement permet de faire avancer le monde, de le construire, car le monde n’est pas un objet d’enthousiasme mais un objet d’étude. Qui peut parler d’amitié lorsque les Européens sont écartelés par les diktats arabes, chinois, russes ou iraniens ? Honteusement, l’amitié se fait sur le dos du petit Etat juif quand le Grand Parlement européen décide d’aller dans le sens de l’immonde mouvement de boycott des produits israéliens, bien installés dans le bien-être quotidien du citoyen lambda européen, et à son insu, presque de façon bouffonne et cocasse.

Voltaire est certes l’éternel défenseur du malheureux et supplicié Callas, mais il fût l’auteur de l’odieux Dictionnaire philosophique aux relents « prophétiques » d’un antisémitisme moderne et meurtrier.

Que dis-je ? Peut-on faire l’impasse du traité de 65 000 mots, écrit par Luther en 1543, intitulé « Des Juifs et leurs mensonges » (En allemand, « Von den Jüden und iren Lügen »). Luther écrit que les Juifs sont un « peuple de débauche, c’est-à-dire pas des gens de Dieu, et que leurs fanfaronnades sur leur lignage, la circoncision et leurs lois doivent être considérées comme une cochonnerie… Ils sont remplis d’excréments du diable… dans lesquels ils se vautrent comme des pourceaux… Quant à la synagogue, c’est une putain incorrigible et une souillure du diable ».

Il soutient que « leurs synagogues et leurs écoles doivent être brûlées, leurs livres de prières détruits, leurs rabbins interdits d’officier, les hommes rasés, et leurs biens et argents confisqués. On ne doit montrer à leur égard aucune pitié ni aucune bonté, ne leur procurer aucune protection légale, et ces « vers venimeux et vénéneux » doivent être punis de travaux forcés ou expulsés une fois pour toutes.

Pis encore, il recommande leur meurtre quand il écrit : « Nous sommes fautifs de ne pas les tuer ».

Ne ratez aucun des articles de Dreuz, inscrivez-vous gratuitement à notre Newsletter.

Ainsi, ce n’est pas la peur de l’étranger qui est réactivée aujourd’hui en Europe mais bel et bien la haine du juif qui est revivifiée par le dernier cavalier de l’Apocalypse, l’islamo-nazisme dont la Takya a tétanisé le système neurologique de l’Europe.

Un retour aux frontières constitue un maigre rempart aux idées rampantes de cette nouvelle hydre, mais elle est nécessaire pour rééduquer les esprits dans la voie de la reconstruction européenne. De toute façon, l’unification européenne n’aura été qu’un leurre. La construction européenne a été le résultat d’un long processus marqué par une série d’accords coupés de la réalité d’un quotidien misérable pour un grand nombre, et la mise en place de l’Union Européenne a été le fruit d’une âpre négociation coupée de la volonté du citoyen, victime d’un hold-up de la bien-pensance.

Oui, l’Union européenne est en exemple unique d’intégration d’une zone de libre-échange avec un tarif extérieur commun pour tous les pays membres vis-à-vis des pays tiers, mais quid de l’harmonisation des législations ?

Ainsi, si l’Union Européenne semblait constituer une composante économique incontournable du fonctionnement de l’économie mondiale, qu’en est-il des résultats de la zone Euro, notamment au regard de la crise de la dette souveraine ? On nous martelait que l’Union européenne reposait désormais sur trois piliers. Que Nenni !

Le pilier des communautés européennes s’est économiquement et dangereusement fragilisé et les deux autres piliers, à savoir le pilier de la politique étrangère et de sécurité commune, et le pilier de la Justice et des Affaires étrangères ne sont que pauvrement inter-gouvernementaux.

Les revirements cyniques de la chancelière allemande, le Brexit et les dernières élections présidentielles sont très révélatrices du mal européen : l’intellect s’est perdu dans le triangle des Bermudes de l’angélisme européen.

Les règles du patriotisme interdisent à tout un chacun, au nom de l’intérêt national, de ne pas laisser cette chance et de donner tort à ceux que l’on qualifie, trop facilement par fascisme politique de l’autre bord, de fossoyeurs de l’Europe.

Cette dernière chance prend la forme du saut de l’ange dans le vide. Cavalier de l’apocalypse contre Saut de l’Ange, le grand spectacle du monde a repris sa tournée européenne et internationale.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Frank Khalifa pour Dreuz.info.

Soutenez Dreuz en partageant cet article

Partagez ce message !

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz