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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 12 mai 2017

J’avoue avoir été dépité que le Figaro Vox ait débité des âneries sur le directeur du FBI destitué, et qu’il ait débiné Trump en faisant appel à un approximatif « spécialiste de la politique et du droit américain », Jean-Eric Branaa.

Je ne sais pas où ils l’ont dégoté, Branaa. Il aligne le narratif de la gauche américaine alors qu’il devrait présenter les faits — et il suffit de taper Google News pour les trouver même si l’on ne suit pas l’actualité américaine de très près comme moi — pour informer honnêtement des lecteurs habituellement mieux servis par les plumes du Vox que par les faisans des canards.

Branaa reprend les clichés anti-Trump primaires pour décrire un président qui prend des « décisions impulsives… [pour se] débarrasser d’un haut fonctionnaire qui l’agaçait et le gênait »… et il se moque de « la naïveté du président américain, qui est … tombé des nues devant la bronca qui s’est élevée chez les démocrates. »

Je souhaite à Branaa et à tous d’être capable dans leur vie de prendre des décisions aussi « impulsives » et « naïves » que Trump : regardez où ça l’a mené.

Ce que Branaa tient pour la « naïveté » de cet homme qui a monté un empire qui emploie plus de 22 000 personnes, puis a affronté — et battu — lors de la primaire Républicaine, 14 candidats et politiciens de tout premier plan, puis la candidate naturelle poussée par Obama pour lui succéder, soutenue par l’ensemble de la presse américaine, des stars d’Hollywood, et des universitaires, n’est pas du tout de la naïveté, mais un calcul savamment orchestré par Trump pour exposer l’hypocrisie des Démocrates ! On souhaiterait aux politiciens français déconfits d’aussi naïves décisions impulsives face au léger Macron.

C’était ma mise en bouche. Le plat de résistance, l’information importante, essentielle, clé de voûte de toute l’affaire arrive en la personne de Rod Rosenstein, et le spécialiste de la spécialité Branaa n’en touche pas un mot.

Qui est Rod Rosenstein

C’est lui, Rod Rosenstein, qui a recommandé au Président Trump le limogeage de James Comey en raison de ses nombreux manquements et erreurs professionnelles, et parce que le public, et les agents du Bureau fédéral, ont perdu confiance dans son directeur, et dans la grande maison jadis considérée comme au-dessus de la politique.

Rod Rosenstein est le numéro 2 du Département américain de la Justice. Il est le supérieur hiérarchique de James Comey.

Agé de 59 ans, Rosenstein a passé 29 ans à la Justice — il est le plus ancien haut fonctionnaire du département. Il a été appointé à ce nouveau poste il y a 15 jours, et a reçu comme première mission d’examiner la conduite du directeur du plus puissant service de police au monde : James Comey, avec qui il est supposé travailler main dans la main.

  • Les anti-Trump primaires se sont bien abstenus de préciser que Rosenstein a un parcours irréprochable. C’est un incorruptible qui ne penche pas d’un millimètre à droite ou à gauche dans l’exercice de ses fonctions.
  • Pour laisser planer l’idée qu’il s’agit d’une machination de Trump, les journalistes n’ont pas dit que la nomination de Rosenstein a été approuvée par 94 membres du Sénat contre 6, soit la quasi-totalité des Démocrates, en raison de ses exceptionnels états de service.
  • Ils n’ont pas dit que nommé par George W. Bush, il a été — fait exceptionnel — l’un des 3 seuls juges fédéraux sur 93 qui ont été reconduits dans leurs fonctions par Barack Obama. Les autres ont tous été licenciés.
  • Et ils n’ont pas dit que toutes les figures Démocrates réclamaient la tête de Comey depuis l’an dernier.

Voilà pourquoi l’homme qui a rédigé la lettre recommandant au Président Trump de se séparer de Comey, après avoir étudié le dossier, est au dessus de tout soupçon.

Les charges

Dans sa lettre au président, Rosenstein motive ainsi sa recommandation :

  • « L’an passé, la réputation et la crédibilité du FBI ont souffert de sérieux dommages, et cela a affecté l’ensemble du département de la Justice. Cela a causé un trouble profond auprès de nombreux employés et anciens du département, de membres du Congrès, et de citoyens.
  • Je ne peux pas défendre la façon dont le directeur [Comey] a conclu son enquête sur les emails de la secrétaire [d’État] Clinton,
  • Je ne comprends pas son refus d’accepter le jugement presque universel qu’il s’est trompé.
  • Presque tout le monde est d’accord pour dire que le directeur [Comey] a fait de sérieuses erreurs ; c’est même un des rares sujets sur lequel les personnes de différents bords [politiques] sont tombées d’accord.
  • Le directeur a eu tort d’usurper l’autorité de la ministre de la Justice, le 5 juillet 2016, et d’annoncer que le cas devait être conclus sans mise en accusation : ce n’est pas de la compétence du directeur de faire une telle annonce.
  • Tout au plus, le directeur aurait dû dire que le FBI a terminé son enquête, et qu’il a présenté ses conclusions aux procureurs fédéraux.
  • Maintenant, le directeur défend sa décision en affirmant qu’il a pensé que la ministre de la Justice Loretta Lynch était en situation de conflit d’intérêts. Mais un directeur du FBI n’a jamais eu le pouvoir de se substituer au procureur fédéral et prendre la direction du département de la Justice.
  • Il existe une procédure bien établie lorsque le ministre de la Justice se trouve dans une position de conflit d’intérêt qui exige qu’il se récuse. Pourtant, le 5 juillet, le directeur a annoncé ses propres conclusions concernant l’enquête pénale sur le dossier le plus sensible de la nation sans l’autorisation des dirigeants régulièrement nommés du département de la Justice.
  • Accumulant les erreurs, le directeur a ignoré un autre principe établi de longue date : on ne fait pas de conférence de presse pour annoncer des nouvelles péjoratives concernant la personne visée par une enquête criminelle qui s’est soldée par une conclusion négative.
  • Le directeur a présenté sa version des choses à l’attention des médias comme s’il s’agissait d’un réquisitoire, mais sans procès. C’est dans le manuel de base de ce qu’on enseigne aux procureurs fédéraux et aux agents du FBI de ne pas faire.
  • En réponse aux doutes lors de l’audition devant des membres du Congrès, le directeur a défendu son point de vue en disant « mon but était de dire ce qui est vrai. Ce que nous avons fait, ce que nous avons découvert et ce que nous en pensons. » Mais le but d’une enquête pénale fédérale n’est pas d’annoncer nos opinions lors d’une conférence de presse. Le but est de déterminer s’il existe assez de preuves pour justifier un procès pénal, puis de laisser un juge fédéral nommé par le ministre de la Justice prendre sa décision, et — si la mise en accusation est validée — laisser le juge et le jury déterminer quels sont les faits.
  • Puis concernant sa lettre au Congrès, le 28 octobre 2016, le directeur présente sa décision comme étant le résultat d’un choix : soit il « parle » de la décision du FBI d’ouvrir une nouvelle enquête concernant les emails récemment découverts, soit il la « dissimule ». « Dissimuler » est un terme lourd de sens qui ne reflète pas fidèlement le sujet. Quand des agents fédéraux et des juges ouvrent une enquête criminelle, discrètement, nous ne « dissimulons » rien ; nous nous contentons simplement de suivre une très ancienne pratique par laquelle nous nous abstenons de crier sur les toits à propos d’informations non publiques. Dans ce contexte, le silence n’est pas de la dissimulation. »

« Mon opinion sur ces sujets, ajoute Rosenstein, est partagée par d’anciens ministres et vices ministres de différentes périodes et des deux partis :

  • Juge Laurence Silberman, vice-ministre sous le président Ford.
  • Jamie Gorelick, vice-ministre sous le président George W. Bush.
  • L’ex-ministre de la Justice de Bush Michael Mukasey.
  • Alberto Gonzales, également ministre de la Justice de Bush.
  • Les ex vice-ministres Gorelick et Thompson.
  • Donald Ayer, qui a servi au poste de vice-ministre de la Justice sous le président HW Bush.
  • Et enfin, Eric Holder, vice-ministre de la Justice du président Clinton et ministre de la Justice sous le président Obama, qui a déclaré que la décision du directeur du FBI « était incorrecte, car elle violait les règles et les traditions du département de la Justice ; qu’elle était en contradiction avec les recommandations que j’ai mises en place il y a quatre ans concernant la façon adéquate de mener une enquête en période électorale, et qu’elle rompait avec ces principes fondamentaux, et ont affecté négativement la confiance que le public plaçait dans le ministère de la Justice et dans le FBI ».

Voilà ce que le ministre en charge du dossier a conclu. Du lourd, vous en conviendrez.

Et le Président, qui dès le début de sa présidence avait perdu confiance en James Comey et voulait s’en séparer, mais ne possédait pas de cabinet en raison des obstructions des Démocrates, a suivi les recommandations de son ministre. Quoi de plus naturel, avec un tableau aussi noir.

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Il me semble que cela répond assez bien aux ridicules allégations des uns et des autres selon lesquelles le Président aurait « abusé de son pouvoir », concept déjà difficile à faire comprendre à un Américain. Faut-il rappeler, ce qu’oublie encore Branaa, qu’aux Etats-Unis, les fonctionnaires ne sont pas protégés par une soviétique immuabilité ?

Un dossier russe aussi vide que la vacuité médiatique

Je précise rapidement pour ceux qui s’imaginent à tort que le président aurait démis Comey parce qu’il s’approchait du but dans l’enquête du FBI sur les liens entre la Russie et la campagne électorale de Trump, qu’il s’agit là de pures spéculations, des ragots basés sur du vide pour les faire passer pour des réalités à force de les répéter.

La vérité est qu’il n’existe rien de tel et que le dossier est vide.

La réalité factuelle, celle qui est connue de tous, et sur laquelle Dreuz a pour tradition de s’appuyer, à l’inverse des médias qui hissent au rang de vérité toute hypothèse qui peut servir à démolir la droite, la voilà :

James Clapper, l’ex-directeur de la Sécurité intérieure de Barack Obama qui supervisait les 17 agences de Renseignement américain, a témoigné sous serment, cette semaine, devant une commission du Sénat, que ses enquêtes et celles des autres agences qu’il dirigeait ont déterminé qu’il n’existe aucune preuve de collusion entre la campagne Trump et les Russes destinée à donner la victoire à Trump.

Ce n’est pas Comey qui mène l’enquête, ce sont ses agents. Lui la supervise. Et elle n’a pas été interrompue par son limogeage. J’informe d’ailleurs Branaa et ceux qui suivent aussi mal le sujet que lui, que deux autres enquêtes du Congrès sont en cours, sur le dossier russe.

Conclusion

Je trouve Jean-Eric Branaa bien naïf de croire Trump assez naïf pour ne pas avoir anticipé que les Démocrates allaient ruer dans les brancards à l’annonce du licenciement de Comey. Branaa ne comprend pas l’intelligence de Donald Trump, ni sa philosophie de the Art of the deal, pas plus que les centaines de tweets du Président pointant du doigt en s’en moquant, l’hypocrisie et les petites manigances politiciennes du marécage de Washington.

« Le résultat de tout ceci, termine Rosenstein, c’est que le FBI ne pourra pas retrouver la confiance du public et du Congrès avec un directeur qui ne comprend pas la gravité de ses erreurs, et ne s’engage pas à ne jamais les refaire. En refusant d’admettre ses erreurs, le directeur ne peut pas mettre en place les mesures correctives qui s’imposent ».

Avec le limogeage de James Comey, le FBI retrouvera son statut, et le Président Trump restera dans les mémoires comme l’un des plus courageux présidents des Etats-Unis. Et le dossier est loin d’être clos.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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