Publié par Bernard Martoia le 20 mai 2017
la conception socialiste de l’impartialité

Un contre-pouvoir est organisé afin d’équilibrer le pouvoir des élites en place.

Pour l’anthropologue et anarchiste anglais David Graeber, autant un syndicat qu’une milice populaire peuvent remplir ce rôle. Pour l’oligarchie française formatée par l’ENA, un contre-pouvoir est nécessairement incarné par une autorité administrative indépendante…

La République française compte autant de partis politiques que de variétés de fromage. Mais est-ce vraiment le signe d’une vitalité démocratique ?

Parmi les 408 partis recensés en 2013, une cinquantaine d’entre eux bénéficiaient d’une aide publique versée par la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (C.N.C.C.F.P)

Un seuil de 5 % des suffrages exprimés était exigé pour le remboursement des frais de campagne. Cette limite avait été retenue afin d’éviter une prolifération des partis politiques. Peine perdue, car le nombre de partis a doublé depuis 1990, l’année de la création de cette autorité administrative indépendante.

Censée moraliser la vie politique à travers un financement public et transparent des partis politiques, cette réforme voulue par le Premier ministre Michel Rocard (1988-1991) a conduit non seulement à une prolifération des partis politiques, mais aussi à l’élimination des deux partis traditionnels au premier tour de l’élection présidentielle de 2017. Double échec, mais il y a pire encore…

L’enfer est pavé de bonnes intentions

Tel est l’enseignement de cette réforme à forte connotation morale qui devait empêcher l’argent sale de contaminer la politique française : Tout sauf la ploutocratie américaine ! Le résultat obtenu est pourtant l’inverse de l’objectif recherché par Rocard et ses amis socialistes avec l’élection en 2017 d’un OVNI de la politique dont la campagne a été financée essentiellement de l’étranger par la fondation Open Society de George Soros. Motus et bouche cousue sur cette grave entorse à la moraline socialiste !

Nulle part ailleurs qu’en France, une autorité administrative indépendante n’est parée de toutes les vertus pour remédier aux dysfonctionnements de la démocratie. Après la C.N.C.C.F.P de Rocard en 1990, ont été créés successivement la haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) et le parquet national financier par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en 2013.

Ces autorités administratives indépendantes ont vu le jour à la suite de scandales qui ont éclaboussé le camp du bien

Cela commença dans les années 1980 avec l’affaire Luchaire, du nom de la société d’armement qui avait contourné l’embargo à l’encontre de l’Iran en truquant les certificats d’exportation. La France se faisait passer pour une république bananière qu’elle est devenue entre-temps. Le ministre de la Défense de l’époque était un certain Charles Hernu, homme lige du président Mitterrand avec qui il partageait un passé trouble sous le régime de Vichy. Ce trafic clandestin fut révélé par le contrôleur général des armées Jean-François Barba au magazine l’Express en janvier 1987.

En raison du scandale provoqué par cette révélation, une enquête fut confiée au juge Michel Legrand (à ne pas confondre avec le chanteur) qui ne put obtenir les documents classifiés pour engager d’éventuelles poursuites à l’encontre des commanditaires de ce trafic d’armes avec un régime pratiquant le terrorisme international. La France avait accordé généreusement l’asile politique à l’ayatollah Khomeini dans la commune de Neauphle-le-Château dans les Yvelines. Dès son retour en Iran le 1er février 1979, Khomeini devint le chef charismatique du nouvel État théocratique ayant pour ambition de propager la révolution à tout le Moyen-Orient ! Malgré ce fiasco international qui aurait dû conduire le gouvernement français à une certaine retenue, une loi de circonstance fut votée à la veille de l’élection présidentielle française de 1988 portant sur la transparence de la vie politique (sic). Le ridicule ne tue pas.

Réélu triomphalement malgré cette affaire d’État, François Mitterrand donna l’ordre au ministre de la Justice Pierre Arpaillange de l’enterrer définitivement. Le procureur de la République Pierre Bézard requit un non-lieu qui fut prononcé le 16 juin 1989.

Concernant la création des deux autres autorités de moralisation de la vie publique française, le scandale était beaucoup moins grave que le premier, mais il était infiniment plus ridicule pour le camp du bien qui demeure très attaché au respect de son image.

Le ministre des Finances Jérôme Cahuzac était chargé de traquer la fraude fiscale après l’inévitable évasion des capitaux provoquée par l’augmentation colossale des impôts et des taxes votées par la majorité socialiste en 2012. Il professait la fermeté à l’égard des récalcitrants voulant sauver leur patrimoine à l’étranger. Cahuzac fut dénoncé par les Suisses qui en avaient assez de recevoir ses leçons de morale alors que son argent dormait tranquillement dans leurs coffres. Cet argent n’était pas vraiment le sien, mais celui de Rocard dont il était le conseiller officieux après qu’il eût quitté Matignon en 1991. Cahuzac n’aurait fait que placer en lieu sûr cet argent amassé par Rocard au cours de sa longue carrière politique. La devise du créateur de la première loi de moraline du camp du bien était fort simple : faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Le détournement de ces autorités administratives indépendantes à des fins politiques était largement prévisible, mais la droite la plus bête du monde n’a jamais remis en question l’héritage du camp du bien.

Sauf pour quelques esprits bornés et endoctrinés, il n’a pas échappé à l’immense majorité des Français que ces autorités administratives indépendantes n’ont pas été scrupuleusement impartiales dans le déroulement de la dernière campagne présidentielle.

Après un pilonnage médiatique pour le disqualifier aux yeux des veaux, le candidat conservateur François Fillon a été officiellement écarté de la course présidentielle avec sa mise en examen par le parquet national financier pour la rémunération de son épouse comme collaboratrice. C’est une pratique courante en France, certes détestable, car synonyme de népotisme pour les Anglo-saxons, mais généralement acceptée par les Français, et tout à fait légale dans le cadre du règlement des deux assemblées.

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Edith Cresson, qui fut la première femme française à devenir Première ministre en 1991, fut parachutée, l’année suivante, à la Commission européenne dirigée alors par le luxembourgeois Jacques Santer. Elle procura un emploi fictif à son amant dentiste. Cresson qui n’avait jamais été inquiétée en France pour cette pratique ne voulut pas démissionner à la demande pressante de Santer. Par son arrogance et son entêtement à rester, elle entraîna avec elle dans sa chute toute la Commission européenne, car nos voisins ne tolèrent ni nos mœurs ni nos valeurs républicaines. Les journalistes français prétendirent que Cresson avait été victime et non pas coupable de ce scandale qui avait éclaboussé l’image de probité de la commission. C’est dire le gouffre qui nous séparait de nos voisins à qui l’on se permettait de faire la leçon quand notre nation était encore la première puissance politique en Europe avant la réunification de l’Allemagne.

Accuser Fillon de népotisme ou de détournement de fonds publics ne repose sur aucune charge juridique qui puisse être retenue contre lui dans notre actuel État de droit. Les trois-quarts des parlementaires français emploient des proches comme collaborateurs.

Conclusion

La conception de contre-pouvoirs par des autorités administratives indépendantes est une pure vue de l’esprit des jacobins, car elles peuvent être facilement détournées des missions pour lesquelles elles ont été créées.

La seule utilité de ces autorités administratives indépendantes est de caser ou de recaser des personnalités dans notre éminente république fromagère. Après tout, les moutons ont la république qu’ils méritent. Tans pis pour eux s’ils sont régulièrement tondus pour entretenir cette dispendieuse oligarchie qui vit à leurs crochets. S’ils ne sont pas contents de leur sort, ils n’ont qu’à voter pour des candidats en faveur de la liberté. A ce propos, des candidats sous la bannière du mouvement des libérés de la sécurité sociale se présentent aux élections législatives. (1) C’est plus concret que le hold-up de la présidence avec le candidat du mouvement en marche qui n’avait aucun programme sinon celui caché de la poursuite de la mondialisation à marche forcée qui plaît tant aux élites hors-sol. C’est un choix crucial pour les moutons : soit ils gardent la camisole de force que leur impose la sécurité sociale, soit ils gagnent la liberté de s’assurer où bon leur semble. A bon entendeur…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bernard Martoia pour Dreuz.info.

Source :

(1) claudereichman.com

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