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Publié par Guy Millière le 15 juin 2017

Dès lors que les explications sont totalement absentes en France, je dois les donner ici. La “crise” du Qatar fait partie intégrante de la mise en oeuvre de la doctrine Trump.

Celle-ci repose sur un retour à une alliance forte des Etats-Unis avec les pays sunnites. Cette alliance est conditionnelle : Donald Trump ne demande pas aux pays sunnites de changer de régime (il a compris que la démocratie n’est pas compatible avec l’islam), mais il leur demande de couper tout lien avec le terrorisme islamique et avec toute activité de djihad et leur dit que c’est la condition stricte d’une alliance retrouvée avec les Etats-Unis.

Il leur dit aussi que l’autre condition de l’alliance est une reconnaissance par eux de l’Etat d’Israël. L’Egypte, l’Arabie Saoudite, les émirats sauf le Qatar, la Jordanie (après un moment de réticence) acceptent les conditions. Le Qatar les refuse et entend garder ses liens avec l’Iran, les Frères Musulmans et le Hamas. Le Qatar se trouve dès lors soumis à une pression extrême. La Turquie d’Erdogan, qui est sur la même ligne que le Qatar pour ce qui concerne les Frères Musulmans et le Hamas s’efforce de soutenir celui-ci. L’Iran s’efforce lui aussi de soutenir le Qatar, car si le Qatar tombe, l’alliance voulue par Trump avancera et l’Iran sera sur la voie de l’endiguement, qui est l’un des buts de l’alliance, avec la reconnaissance d’Israël par les pays sunnites et le net recul du terrorisme islamique et des activités de djihad.

En parallèle, l’avancée vers la chute de l’Etat Islamique s’accélère, et cette chute, dans laquelle les forces spéciales américaines dépêchées par Trump jouent un rôle essentiel, va renforcer les positions kurdes (les forces kurdes représentent l’essentiel des “forces démocratiques syriennes”) et impliquer un redécoupage de la Syrie et de l’Irak. Ce redécoupage impliquera une négociation entre la Russie et les Etats-Unis dans le cadre de laquelle Trump pense disposer d’une position de force à même de lui permettre d’exiger de Poutine qu’il entérine l’endiguement de l’Iran et qu’il pèse de tout son poids sur le Hezbollah au Liban, moyennant quoi les Etats-Unis accepteront le maintien des bases russes de Lattaquié et Tartous, dans le cadre d’un régime Assad maintenu dans les régions alaouites, accepteront l’annexion de la Crimée et lèveront les sanctions contre la Russie.

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Le renforcement des positions kurdes ne fait pas l’affaire d’Erdogan, qui ne veut ni d’une autonomie plus grande des régions kurdes en Syrie et en Irak, ni, plus largement, d’un redécoupage de la Syrie et de l’Irak. Trump entend placer Erdogan sous pression par ce renforcement, et entend aussi pousser Poutine à mettre lui-même Erdogan sous pression.

Le renforcement des positions kurdes ne fait pas non plus l’affaire de l’Iran qui y voit une cassure du croissant chiite, qui commençait à prendre forme. Il ne fait, bien-sûr, pas l’affaire de l’Etat Islamique, qui va perdre Raqqa, et tenter de porter le djihad sur d’autres fronts : des attentats en Europe sont à prévoir, et les attentats qui viennent de frapper Téhéran sont logiques en ce contexte.

En frappant l’Iran, les dirigeants de l’Etat Islamique essaient sans doute de se négocier une porte de sortie chez les dirigeants du monde sunnite.

L’alliance conditionnelle Etats-Unis pays sunnites va considérablement affaiblir le Hamas, qui, dans l’attitude du Qatar, joue sa propre survie.

Elle place l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas dans une situation très difficile : pour que l’alliance inclue Israël, les pays sunnites demandent des gestes “pro-palestiniens” aux Etats-Unis et à Israël, mais savent qu’ils obtiendront peu et revoient leurs exigences à la baisse. Il y aura sans doute quelques infimes “échanges” de territoires, une autonomie qui ne sera pas beaucoup plus que la situation actuelle, mais sera accompagnée d’une exigence ferme que l’Autorité Palestinienne cesse d’inciter au meurtre. Si l’exigence n’est pas satisfaite, l’Autorité Palestinienne n’aura plus aucun soutien du monde sunnite et sera sous une pression maximale des Etats-Unis, qui lui couperont très vraisemblablement les vivres.

Les pays producteurs de pétrole savent que les Etats-Unis n’ont plus besoin d’eux pour s’approvisionner en énergie

Le transfert de l’ambassade des Etats Unis à Jérusalem a été différé dans le cadre des négociations avec les pays arabes sunnites. Il n’a été que différé, pas du tout annulé, et les communiqués de la Maison-Blanche sont clairs et explicites sur ce point.

Un élément crucial des négociations en cours est le pétrole. Les Etats-Unis redeviennent indépendants énergiquement des pays producteurs de pétrole. Les pays arabes sunnites veulent l’alliance avec les Etats-Unis parce qu’ils veulent absolument l’endiguement de l’Iran. Ils savent en outre que les Etats-Unis n’ont plus besoin d’eux pour s’approvisionner en énergie. Israël devient un pays producteur de pétrole et de gaz naturel et renforce sa puissance. La Russie vit de ses ressources en pétrole et en gaz naturel, et Poutine sait que Trump peut faire baisser les cours mondiaux, et créer des difficultés profondes à la Russie. La Turquie s’approvisionne en pétrole en Irak et en Iran, mais reçoit l’essentiel de son gaz naturel de Russie.

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Un autre élément des négociations en cours est la chaine de télévision al-Jazeera, qui est une chaîne du Qatar, et qui est sur la ligne des Frères Musulmans, et soutient le Hamas et tous les groupes djihadistes : Trump et les pays arabes sunnites veulent un changement de ligne d’al-Jazeera.

Tout ce que je viens de décrire est très mobile.

Néanmoins, une recomposition révolutionnaire du Proche-Orient prend forme grâce à Donald Trump. Cette recomposition sera, si elle aboutit, l’un des changements géopolitiques les plus importants de ce début de vingt-et-unième siècle.

Un dernier point: le Qatar a sur son sol la plus grande base américaine de la région, Donald Trump le sait. La base restera. L’émir du Qatar pourrait, lui, se brûler s’il persiste à jouer un jeu dangereux pour lui. (J’ai ajouté cette phrase pour ceux qui pensent que Donald Trump ignore ce qu’il sait en réalité infiniment mieux qu’eux).

Un point supplémentaire : la France a joué ces dernières années la carte du Qatar et celle de l’Iran. Ces cartes risquent fort d’être des cartes perdantes assez rapidement. Macron, ces derniers jours, semble s’être mobilisé pour le Qatar, en concertation avec Erdogan, et avec l’Iran. Il n’est pas étonnant que les explications soient totalement absentes en France en ce contexte.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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