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Publié par Abbé Alain Arbez le 17 juillet 2017

Non à l’antisionisme. Ce n’est pas Emmanuel Macron qui le découvre à la cérémonie mémorielle du Vel’ d’Hiv, c’est en 2004 à Buenos-Aires (Argentine).

Il s’agit alors d’une déclaration officielle conjointe de l’Eglise catholique-romaine et du Comité juif international pour le dialogue interreligieux, et qui de ce fait offre une étape nouvelle dans la lutte contre les diverses formes d’antisémitisme.

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Totalement occultée par les médias occidentaux qui n’aiment pas ce discours, cette clarification apportait en réalité une perspective réactualisée dans les relations controversées entre Eglise catholique et Peuple juif. C’était pertinent au moment où montaient en puissance l’antisémitisme musulman et le boycott d’Israël par des organisations altermondialistes et gauchistes..

Les protagonistes de ce symposium judéo-catholique étaient d’une part la Commission pontificale pour les Relations avec le Judaïsme, avec le Cardinal Walter Kasper délégué du Pape Jean Paul II, et d’autre part le Comité juif international pour le Dialogue interreligieux, sous la Présidence du Congrès Juif Mondial.

Cinquante trois personnalités catholiques et juives provenant de 26 pays ont donc réussi à travailler ensemble la question de l’antisémitisme et de l’ANTISIONISME à partir de dossiers d’actualité, d’événements factuels, dans le but de définir une position claire et des objectifs communs entre catholiques et juifs.

De ces échanges interconfessionnels représentatifs est ressortie une déclaration finale rejetant explicitement toute forme directe ou indirecte d’antisémitisme, y compris – et cela n’est pas anodin vu la teneur de certains slogans médiatisés – l’antisionisme, continuel prétexte à banaliser la haine envers les Juifs en diabolisant Israël.

(Contrairement aux critiques émises par certains milieux, cette posture loyale envers la légitimité de l’Etat hébreu n’interdit aucunement toute critique du gouvernement israélien et de sa politique, mais à condition de garder la mesure employée envers les autres états).

Ce qui est rejeté ici par les autorités catholiques et juives, c’est la mise en cause systématique de la légitimité reconnue à l’Etat d’Israël par l’ONU en 1948. Mais c’est également la présentation partiale et unilatérale des événements du conflit palestino-israélien, propre aux médias et à certaines mouvances idéologiques, laïques ou chrétiennes.

Pour les organisateurs de ce Forum, dénoncer l’antisionisme comme une variante de l’antisémitisme constituait véritablement un moment historique : « L’Eglise catholique reconnaît dans l’antisionisme une agression non seulement contre les Juifs, mais contre le Peuple juif en tant que tel ».

Mais le symposium de Buenos-Aires manifestait aussi la volonté commune d’une coopération caritative et humanitaire entre juifs et catholiques au service de populations éprouvées. Le Père Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal français précisait : « Nous sommes passés d’un dialogue à une véritable coopération sociale, basée sur l’héritage commun du Mont Sinaï ».

Il est vrai qu’un centre social de secours aux déshérités de Buenos Aires fonctionnait déjà, géré conjointement par Caritas et une Organisation juive. D’autres expériences identiques existent également dans les Territoires sous Autorité palestinienne, en Israël, et au Kosovo.

Autre volet de la même déclaration : le terrorisme.

Au Proche-Orient, des organisations terroristes se sont depuis des décennies spécialisées dans l’attaque de civils, envoyant des kamikazes se faire exploser parmi des innocents au nom de l’islam. Avant même que s’opère le déplacement vers l’Europe des attentats meurtriers, le colloque de Buenos Aires rappelait un principe condamnant les exactions commises au nom de l’idéologie islamiste : « Le terrorisme est un péché contre l’Homme et contre Dieu ». Il est clair que le terrorisme est déjà injustifiable par lui-même, mais quand il s’exerce prétendument au nom d’un dieu, il est encore plus répugnant. Le pape Benoît XVI développera avec rigueur et courage à Ratisbonne sa critique d’une politique d’agression déguisée en religion.

C’est donc dans le même état d’esprit que le successeur du pape Jean Paul II a poursuivi les relations entre catholiques et juifs, recevant régulièrement des délégations de personnalités juives et des groupements de rabbins. Et rappelant régulièrement devant des milliers de pèlerins lors des audiences du mercredi qu’on ne peut pas être chrétien et antisémite !

Le pape François était en 2004 – lors de la déclaration contre l’antisionisme – archevêque de Buenos Aires, et il avait pris part à la rencontre.

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Voilà qui sans aucun doute peut éclairer le sens de sa déclaration de fin 2015, quand, pour célébrer les 50 ans de Nostra Aetate et les racines juives du christianisme, le souverain pontife déclare avec clarté devant les représentants du Congrès juif mondial reçus au Vatican :

« Attaquer les Juifs ou Israël relève de l’antisémitisme. Il peut y avoir des désaccords politiques entre gouvernements et sur des questions politiques. Mais l’Etat d’Israël a parfaitement le droit d’exister dans la sécurité et la prospérité ! ».

A l’heure des incessantes campagnes de boycott, des diffamations grossières et de la désinformation orchestrée de toutes parts contre l’Etat hébreu, cette mise au point mériterait un plus large écho qu’elle n’a eu.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez prêtre, pour Dreuz.info.

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