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Publié par Magali Marc le 9 août 2017

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit ce long essai de Jamie Palmer, publié par le site Fathom Journal.

Il met en perspective le développement de la pensée antisioniste et antisémite de la Gauche occidentale. Plusieurs lecteurs de Dreuz y trouveront des éléments qu’ils connaissent déjà, mais ce trajet dans la pensée de la Gauche nous rappelle que les gauchistes sont souvent de bonne foi, mal informés et obnubilés par la nécessité de porter un jugement vertueux sur Israël.

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La Gauche et le conflit israélo-palestinien: les voies de la juste haine

Dans cet essai opportun et éloquent, Jamie Palmer explore l’impact sur la politique de la narration désespérément simpliste du conflit israélo-palestinien qui a été conçue par la Gauche pour protéger le statut des «Palestiniens» en tant que victimes totalement irréprochables, n’ayant aucun agenda politique ni aucune responsabilité morale.

Au fil des années, soutient Palmer, les limites explicatives de cette narration se sont heurtées aux complexités sur le terrain: le terrorisme arabe, le maximalisme palestinien et le rejectionisme, les attentats-suicides lors de la Deuxième Intifada, la montée de la violence islamiste, l’antisémitisme éliminationniste dans la population –qui n’ont fait que produire de nouvelles crises de compréhension et une demande d’explications toujours plus conspirationnistes du comportement israélien. Les analyses antisionistes et conspirationnistes se sont engouffrées pour combler le vide de la compréhension et ont été absorbées par des sections toujours plus importantes de la Gauche. La sélectivité délibérée d’une analyse qui n’autorise aucun versement dans la colonne «crédit» du bilan israélien ni aucun débit dans la colonne «palestinienne», a produit une vision déformée du conflit, aussi tragique qu’inutile.

Au début de l’an dernier, j’ai écrit une chronique pour Quillette au sujet des accusations de «pinkwashing» (NDT: «lavage rose», le rose étant la couleur qui symbolise les gays) portées contre l’État d’Israël et ses partisans.

Selon cette accusation:

  • (a) Israël utilise l’attitude progressiste des Israéliens concernant les droits des homosexuels comme un moyen de distraire la communauté internationale de sa façon de traiter les «Palestiniens» et
  • (b) toute tentative d’universalisations des normes LGBT occidentales est une forme d’impérialisme culturel visant à stigmatiser les pays arabes comme étant arriérés et barbares.

Il me semble particulièrement étrange que des arguments comme ceux-ci soient utilisés par des militants de gauche et des universitaires, dont beaucoup s’identifient comme étant eux-mêmes «gays».

Pourquoi des gens qui défendent les droits des homosexuels se consacrent-ils à la défense d’un discours lamentable sur les problèmes LGBT et dénoncent des progrès louables?
Ma théorie c’est que parmi les partisans progressistes de la «Palestine», nous voyons une manifestation du même phénomène pervers que George Orwell avait observé chez les staliniens occidentaux à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le Communisme était perçu par ses adhérents comme étant un système plus éthique et plus juste que le Capitalisme et rien de ce que les États communistes faisaient ne pouvait faire basculer ce jugement moral fondamental– ni les goulags, ni la famine, ni les purges, ni la persécution impitoyable des libres-penseurs et des dissidents, et ni non plus la subjugation impérialiste des États satellites et de leurs misérables populations.

Pendant ce temps, les défaillances et les imperfections des Démocraties libérales de l’Occident étaient longuement discutées, aidées paradoxalement par une presse libre et une culture de l’autocritique, dont l’absence empêchait toute discussion ouverte dans le bloc communiste.

C’est ainsi que les Arabes «palestiniens» d’aujourd’hui sont ennoblis, non pas grâce à leur idéologie, mais à cause de leur situation d’apatrides opprimés, tandis que de simples détails ne peuvent pas venir compliquer la narration simpliste de la nécessité de leur «libération» défendue par une bonne partie de la Gauche.

Si les Arabes «palestiniens» persécutent et emprisonnent leurs propres citoyens LGBT, c’est leur affaire et, de toute façon, qui sommes-nous pour juger leurs mœurs culturelles?
Et si les Israéliens organisent une marche de la fierté gay à Tel-Aviv, cette manifestation ostentatoire de tolérance ne peut être qu’une tentative cynique de dissimuler leur authentique cruauté et leur racisme.

C’est de cette façon que les défenseurs occidentaux progressistes de la «Palestine» rationalisent leur soutien non négociable à un mouvement nationaliste, dont les valeurs morales et politiques sont souvent si complètement différentes des leurs.

Ma chronique de l’an dernier a donné lieu à de prévisibles réponses antipathiques de la part de lecteurs pro-palestiniens.

Mais un certain nombre de défenseurs d’Israël avaient aussi des critiques à formuler.

C’est bien beau, disaient-ils, mais d’après eux j’avais inversé le problème. Ils soulignaient que ces militants gauchistes démontrent très peu d’intérêt lorsque les «Palestiniens» souffrent aux mains d’autres Arabes.

Si jamais on apprend que des réfugiés «palestiniens» sont persécutés au Liban ou meurent de faim ou ont été massacrés en Syrie, c’est encore la faute d’Israël, car c’est Israël qui a fait d’eux des réfugiés pour commencer.

Il est donc parfaitement raisonnable de conclure que ce n’est pas l’oppression des «Palestiniens» qui cause l’indignation des ennemis d’Israël, mais la judaïté de leurs adversaires.

À ce qui précède, on pourrait ajouter qu’aucune autre lutte de libération ni aucun autre conflit territorial ne suscite autant d’intérêt passionné que la «cause palestinienne» et que les Israéliens subissent une incomparable campagne de désinformation vicieuse, parfois antisémite.

Mais je propose une description du militantisme anti-israélien, dès lors comment puis-je le faire finir là où il a commencé?

L’antisémitisme ne peut pas être sa propre cause ni se propager comme la grippe, de sorte que nous sommes confrontés à la question de son attrait durable pour des personnes bien intentionnées, dont le point de départ n’est pas la haine des juifs, mais leur préoccupation pour les laissés pour compte et les opprimés.

Une partie de la réponse à cette question réside dans une particularité de la pensée antisémite. Ce qui rend l’antisémitisme distinct des autres types de racisme, c’est le degré de pouvoir explicatif qu’il s’arroge.

C’est une théorie conspirationniste qui prétend déceler qui a le pouvoir et le contrôle et, comme toutes ces sortes de théories, on a besoin d’une bonne raison pour l’adopter et la trouver rationnelle et moralement acceptable.

Certaines personnes abordent le conflit avec des attitudes antisémites déjà formées et apprises ailleurs.

Les Staliniens, les suprématistes blancs et les islamistes encouragent la méfiance et l’aversion envers les Juifs pour des raisons idéologiques.

Mais qu’en est-il de la majorité des jeunes auteurs et militants des campus universitaires qui vont travailler dans des ONG et qui écriront des articles pour les médias de masse gauchistes?
La plupart d’entre eux sont fiers de leur aversion pour le racisme et ils n’arrivent pas devant le conflit israélo-arabe avec une opinion anti-Israël toute faite et irrationnelle.

Dans les cas où de telles attitudes se développent par la suite et se manifestent dans des déclarations et des allusions antisémites, elles servent généralement à expliquer ce qui autrement semble incompréhensible.

Le raisonnement motivé conduit à la construction d’une narration du conflit conçue pour protéger le statut prédéterminé des «Palestiniens» en tant que victimes. Mais comme les limites explicatives de cette narration se heurtent à des situations complexes sur le terrain, elles ne peuvent produire que de nouvelles difficultés de compréhension qui font appel à des explications de plus en plus conspirationnistes du comportement israélien.

Le piège de la simplicité

L’un des développements du conflit sur lequel les Occidentaux ont eu beaucoup de mal à s’entendre a été le terrorisme arabe. Cela a été un problème particulièrement pour la Gauche politique.

Bien que cela ait été davantage remarqué dans les années qui ont suivi l’attaque du 11 septembre 2001 (NdeT: sur le World Trade Center et le Pentagone), cela n’avait rien de nouveau.

À la fin des années 60 et 70, les factions radicales de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), frustrées par l’inefficacité de leurs incursions sporadiques sur le territoire israélien, ont commencé à cibler des Israéliens et des Juifs en Europe.

Une campagne soutenue d’assauts sur des cibles faciles et des incidents spectaculaires de piraterie aérienne a semé la panique sur le continent.

« Notre objectif minimum», a expliqué la terroriste Leila Khaled, du Front populaire pour la libération de la Palestine (PFLP), « était l’inscription du nom de la Palestine dans la mémoire de l’humanité ».

On aurait pu penser que ce serait une manière d’agir qui se révélerait contre-productive.

Pourtant, non seulement cette stratégie a donné des résultats probants, mais paradoxalement, elle a aidé à retourner l’opinion publique contre Israël.

La nouvelle Gauche révolutionnaire frissonnait en écoutant la rhétorique de libération et de vengeance de l’OLP et excusait la terreur impitoyable qui en résultait.

Même si les gouvernements européens ont dénoncé officiellement ces attaques, l’empressement à faire disparaître le problème s’est rapidement changé en politique d’apaisement.

Les pirates de l’air arabes ont invariablement exigé des rançons et la libération de ceux qui avaient déjà été reconnus coupables par les tribunaux européens d’avoir participé à des attaques terroristes antérieures, et ces demandes

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