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Publié par Manuel Gomez le 30 août 2017

Cette semaine l’Algérie rend hommage à celui qui fut l’un de ses grands dirigeants, Ferhat Abbas.

J’ai eu l’occasion de le côtoyer durant quelques années, alors qu’ j’étais jeune pigiste, engagé par Albert Camus, au quotidien « Alger Républicain » et que lui-même « tirait » son hebdomadaire « Egalite », sur les rotatives de ce même quotidien et, plus tard, dans sa propre imprimerie derrière le cinéma « Majestic ».

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Quelques fois nous nous sommes régalés en dégustant l’excellent « créponné », attablés sur le trottoir chez « Grosoli », à quelques mètres de son atelier.

J’ai eu le privilège d’assister à quelques échanges entre ces deux intellectuels, lors des fréquents séjours de Camus à Alger. Tous deux, à l’époque, avaient des idées très proches sur le destin de l’Algérie car, tous deux, prônaient une totale égalité mais se séparaient sur le sujet du collège unique qui, pour Albert Camus, accorderait un pouvoir supérieur aux Algériens sur les Européens.

Tout comme Albert Camus, Ferhat Abbas croyait à un avenir de l’Algérie associée avec la France. Il était, à l’époque, profondément francophone.

Il écrivait : « Je me mis à penser que l’Algérie ressemblait à la France … Il n’y a rien dans le saint Coran qui puisse empêcher un Algérien musulman d’être nationalement un Français […] au cœur loyal et conscient de sa solidarité nationale. »

Il était favorable à la politique d’assimilation, et militait activement au Mouvement de la jeunesse algérienne, qui réclamait l’égalité des droits dans le cadre de la souveraineté française.

Et cela s’expliquait par son parcours scolaire puis universitaire.

Il était reconnaissant envers la France, envers ses instituteurs et professeurs, de lui avoir permis, grâce à une bourse, d’obtenir son diplôme de docteur en pharmacie, en 1933. Il installa son officine à Sétif, où il devient rapidement une importante figure politique, conseiller municipal puis conseiller général.

Auparavant, lors du congrès tenu à Alger, en 1930, il avait été élu vice-président de l’UNEF (Union des Étudiants de France).

Il fut l’objet de fortes critiques, des différents groupements indépendantistes, lorsque, en date du 23 avril 1936, il écrivait un article intitulé : « La France, c’est moi », dans lequel il brûlait les idoles nationalistes et clamait son amour de la France et de la colonisation : « Si j’avais découvert la nation algérienne, je serais nationaliste et je n’en rougirais pas comme d’un crime. Mais je ne mourrai pas pour la patrie algérienne parce que cette patrie n’existe pas. J’ai interrogé l’histoire, j’ai interrogé les vivants et les morts, j’ai visité les cimetières, personne ne m’en a parlé… On ne bâtit pas sur du vent. Nous avons donc écarté une fois pour toutes les nuées et les chimères pour lier définitivement notre avenir à celui de l’œuvre française dans ce pays. »

Ferhat Abbas effectue son service militaire de 1921 à 1923.

C’est au cours de la deuxième guerre mondiale et lors des événements du 8 mai 1945 qu’il s’engage résolument contre les indécisions des gouvernements de la France, après avoir reçu une fin de non-recevoir de son rapport adressé au maréchal Pétain, intitulé « L’Algérie de demain », appelant son attention sur le sort des indigènes musulmans et réclamant des réformes.

Après le débarquement allié en Afrique du Nord, Ferhat Abbas se tourne vers l’Amiral Darlan, représentant, avec le général Giraud, la France aux côtés des alliés.

Il se heurte à nouveau sur le choix français de l’immobilisme sur le sort des musulmans comme pour celui des juifs.

Dès lors Ferhat Abbas se détourne de la France et s’investit totalement dans la lutte pour l’indépendance.

Il publie en 1943 le « Manifeste du peuple algérien » où il fait allusion à une nation algérienne.

Le projet étant bloqué par le général Georges Catroux, Ministre des affaires algériennes du  gouvernement de la France-libre, sous les ordres du Général De Gaulle.

Il est assigné à résidence à In Salah.

En 1944, il crée les Amis du manifeste de la liberté, et sera injustement accusé d’avoir fomenté les émeutes de Sétif du 8 mai 1945 (alors que les vrais responsables sont les partisans de Messali Hadj, (lui-même exilé à Madagascar).

Libéré en 1946, il fonde l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) qui obtient treize sièges à l’assemblée, étant lui-même élu député de Sétif.

Il ne participe pas à la révolution du 1er novembre 1954, mais, après plusieurs rencontres avec Abane Ramdane et Amar Ouamrane, il rejoint en mai 1955 le FLN.

Le 19 septembre 1958, il est nommé président du premier Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA).

Mais en août 1961, considéré comme trop proche de la France, il est remplacé par Benkhedda.

Lors de l’indépendance de l’Algérie, il se rallie à Ben Bella, mais désapprouve le parti unique.

Il succède à Abderrahmane Farès, président de l’exécutif provisoire, et devient le président, élu par 155 voix contre 36 blancs ou nuls, de la première Assemblée nationale constituante (ANC).

Faisant fonction de chef de l’État, il proclame, le 25 septembre 1962, la naissance de la République algérienne démocratique et populaire.

Ferhat Abbas démissionne le 15 septembre 1963, suite de son profond désaccord avec la politique de « soviétisation » conduite en Algérie par Ahmed Ben Bella en dénonçant son «gauchisme destructeur».

Exclu du FLN et emprisonné à Adrar dans le Sahara, il sera libéré en mai 1965 par Boumediene, à la veille du coup d’État du 19 juin.

Dénonçant « le pouvoir personnel et anti-démocratique » » de Boumediene, Abbas est une nouvelle fois assigné à résidence.

A 81 ans, en 1980, il publie ses mémoires dans « Autopsie d’une guerre » puis, en 1984, dans un nouveau livre « L’Indépendance confisquée », il dénonce la corruption du pouvoir qui règne en Algérie.

Ferhat Abbas sera décoré, le 30 octobre 1983, de la médaille de la résistance, par le président Chadli Bendjedid.

Décédé à Alger le 24 décembre 1985, Ferhat Abbas  est enterré au carré des martyrs du cimetière El Alia d’Alger.

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Ferhat Abbas fut l’un de ces intellectuels formés par la France qui ne rêvait, comme tant d’autres, que d’une assimilation totale et qui, comme tant d’autres également, fut rejeté, négligé et je peux même ajouter « trahi » par des gouvernements français d’abandon qui préférèrent s’associer à des terroristes, des assassins, pour offrir à l’Algérie indépendante le destin tragique qui est le sien.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

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