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Publié par Eduardo Mackenzie le 30 août 2017

Une réponse à Amnesty International sur les propos de Daniel Pécaut.

Dans une interview d’Yves Hardy, publiée le 6 août 2017 par La Chronique d’Amnesty International (1) le professeur Daniel Pécaut, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de la Colombie, commentait « les enjeux de la transition à la paix ».

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Toutefois, il y avait, selon moi, dans les déclarations du professeur Pécaut, un certain nombre d’erreurs de fait et d’analyse. Voici mes commentaires.

  1. La popularité du président Juan Manuel Santos ne s’est pas effondrée à cause du scandale Odebrecht : elle s’est effondrée bien avant. Ceci en raison des concessions inouïes, inacceptables pour une démocratie, faites par le chef d’Etat colombien aux Farc lors des négociations « de paix » à La Havane : zéro jours de prison pour les milliers de crimes et délits commis par les chefs et les membres des Farc ; désarmement minimaliste des Farc ; liberté de tous leurs criminels emprisonnés ; un tribunal de justice sous contrôle des Farc (la « justice spéciale de paix », JEP) ; les Farc refusent d’indemniser leurs victimes malgré leur énorme trésor de guerre amassé depuis des décennies ; possibilité pour les chefs et membres des Farc d’élire et d’être élus à tous les postes (y compris celui du président de la République) ; 12 stations de radio pour renforcer l’appareil de propagande des Farc ; des allocations et des subventions à tous les membres des Farc et, surtout, l’octroi de terres et de vastes zones agraires du territoire colombien (161 enclaves au total) où la force publique n’aura pas droit de cité.
  2. En raison de ces facilités inouïes accordées aux Farc, qu’aucune organisation politique et aucun citoyen colombien ne peut avoir, les Colombiens ont rejeté l’« accord de paix » dans le plébiscite du 2 octobre 2016 : 31.5 millions de citoyens ont en effet compris que Santos était en train de livrer la Colombie aux Farc et à La Havane.
  3. L’ex-président Alvaro Uribe n’est pas « réfractaire à l’accord de paix ». Il critique les aspects les plus scandaleux de ce texte mais il ne demande pas sa suppression totale. Certes, d’autres secteurs de l’opposition parlementaire demandent, à juste titre, l’abolition totale de cet accord.
  4. Le professeur Daniel Pécaut affirme qu’Alvaro Uribe « a mené une campagne à la Donald Trump avec mensonges à la clé » et que « le rejet de la première version de l’accord de paix, lors du référendum [sic] du 2 octobre dernier, traduit leur scepticisme. » Faux. Pécaut ne fait que répéter ce que le président Santos a dit en France pour expliquer son échec du 2 octobre 2016 : que les Colombiens ont voté NON aux accords de paix au plébiscite car « beaucoup de mensonges ont été dits pendant la campagne référendaire » (Le Figaro, 26 juin 2017). Or, le Conseil d’Etat colombien vient de confirmer que, contrairement aux allégations de Santos, le vote des citoyens au plébiscite a eu lieu légitimement, sans mensonges, et donc que la volonté populaire de rejeter ces accords doit être respectée par le président de la République. Jamais il n’y a eu une « deuxième version » de l’accord de paix. Santos a imposé le texte qui avait été rejeté par les Colombiens.
  5. Pécaut affirme que les Farc ont montré de la « bonne volonté ». Inexact. Elles ont violé la promesse de rendre leurs armes. Elles ont rendu une partie infime de leurs stocks et l’on fait sans témoins et sans le regard de la presse. Mais il y a pire : les Farc n’ont pas voulu rendre les enfants-soldats recrutés de force (11 556 mineurs selon le ministère public colombien). Seulement 119 enfants ont été relâchés depuis septembre 2016. On est bien loin du compte. Mais cela ne les empêche pas d’affirmer cyniquement que les autres enfants resteront dans leurs rangs « volontairement ». Une partie des enfants sortis des campements ont été transférés directement dans un « programme » sous le contrôle des Farc, dans des endroits méconnus, appelé « chemin différentiel de vie ».
  6. Les chiffres donnés par Daniel Pécaut sur les superficies consacrées à la culture de la coca en Colombie ne sont pas faux mais ils sont incomplets. Il affirme qu’ils « sont passés de 60 000 ha en 2014 à 180 000 ha aujourd’hui ». En réalité, entre 2013 et 2016, c’est-à-dire pendant les négociations de paix, la culture de la coca en Colombie a augmenté de plus de 130%, de 80.500 ha à 188.000 ha. La production de cocaïne a augmenté aussi, de plus de 200% dans la même période, selon William Brownfield, sous-secrétaire d’Etat pour la lutte contre le trafic international de drogues, lors d’une audience auprès du Congrès des Etats-Unis. Les Farc avaient exigé de Santos l’interdiction de l’éradication des cultures de coca par aspersion aérienne et la réduction de la destruction manuelle des narco cultures. Santos a obtempéré et a promis, en plus, l’impunité aux cultivateurs de coca pendant plus de deux ans. Résultat : les narco cultures et le narcotrafic ont monté en flèche en Colombie.
  7. Dire que « les groupes paramilitaires ont commis davantage d’atrocités que les Farc » équivaut à diluer la responsabilité historique des Farc dans les atrocités que la Colombie a subi pendant plus de 50 ans. L’action subversive et terroriste des Farc est bien antérieure à 1964, date choisie par certains historiens de gauche cherchant à réduire l’ampleur de l’action déprédatrice de cette guérilla communiste créée de toutes pièces par le PCC au début de la Guerre Froide. Cependant, même si on prend la date de 1964, les chiffres sont impressionnants. Les Farc ont été les responsables de la plupart des crimes commis depuis: l’exode forcé de sept millions de paysans, la mort violente de 260 000 personnes (80% étaient des civils) et la disparition de 60 000 autres. Sans oublier dix mille personnes qui ont été tuées ou mutilées par les mines antipersonnel des guérillas. Par ailleurs, les Farc ont en plus, kidnappé 24 482 personnes et ont recruté de force 11 556 enfants.
  8. Le professeur Pécaut dit que « la réforme agraire est indispensable car la moitié de la terre [en Colombie] est aux mains de 3 % des possédants. » C’est un chiffre qui revient souvent mais quelle en est la source ? En fait, ce que les Farc prétendent instaurer n’est pas une « réforme agraire » : les Farc cherchent à faire, à travers la « négociation de paix », une opération de concentration des terres entre leurs mains. Car pour les Farc « le concept de terre est indissolublement lié à celui de territoire » (1). L’objectif des Farc est d’obtenir le contrôle territorial effectif de vastes régions, dans le but bien précis de renforcer le contrôle « révolutionnaire » sur la population, et pour améliorer leurs positions pour la conquête du pouvoir, et pas de redistribuer la terre à des paysans libres. La « réforme agraire intégrale » qu’elles exigent lors des négociations à La Havane consiste à agrandir de façon dramatique les « zones de réserve paysanne » (ZRC) et à confiner les paysans dans des petites unités non rentables de cultures « alimentaires ». Les ZRC furent créées par le gouvernement colombien avant 2002. Les Farc cherchent à en obtenir le contrôle direct et d’autres zones. Les premières six ZRC couvraient au total 831 111 ha. Pour donner des gages de bonne volonté, le président Santos a accepté d’ajouter 1 722 000 ha de plus, avant l’ouverture des négociations à La Havane. Actuellement, il y a 23 ZRC qui représentent une surface de 2 056 059 ha au total. Ce n’est pas tout. Les Farc contrôlent par la violence la plupart des 30 millions d’hectares des resguardos indigènes et la plupart des 4 millions d’hectares des territoires des afro-descendants. L’objectif des Farc est d’arriver à contrôler 50 millions d’hectares, ce qui équivaut à 40% du territoire de la Colombie. Si les Farc réussissent à s’emparer de ces immenses territoires, et à imposer une culture de minifundio, elles auront réalisé la plus réactionnaire et la plus autoritaire contre-réforme agraire de l’histoire de la Colombie.

A la fin de l’interview, le professeur Pécaut semble être d’accord avec son interlocuteur quand il dit que « l’accord de paix ne signe pas forcément l’entrée de la Colombie dans une nouvelle ère ». Ceci est vrai si la « nouvelle ère » était vue comme un pas vers la modernité. Or, les accords Farc-Santos ont ouvert une période de régression sociale et de peur généralisée dans la population car les Farc montrent qu’elles n’ont aucune idée de ce qu’il conviendrait de faire pour la liberté et la prospérité de la population et du pays. En fait, elles n’ont pas renoncé à leurs objectifs de toujours : s’emparer du pouvoir pour détruire la démocratie et l’économie de marché et instaurer en Colombie la « dictature du prolétariat » sous la tutelle de la Cuba castriste. « Les incertitudes quant au devenir de l’accord prédominent » admet le professeur Pécaut. C’est peu dire. J’ajouterai : les incertitudes quant au devenir de la Colombie sont plus que jamais inquiétantes.

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© Eduardo Mackenzie pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

(1).- https://www.amnesty.fr/justice-internationale-et-impunite/actualites/colombie-le-pouvoir-est-affaibli-par-lacorruption

 

(2).- Déclaration d’Ivan Marquez, l’un des chefs des Farc, au début des négociations de paix à la Havane, en 2012.

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