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Publié par Bernard Martoia le 20 septembre 2017

En paraphrasant Frédéric Bastiat qui fut l’un de nos plus grands économistes, il y a ce que l’on voit à la télévision avec les discours devant un parterre de diplomates et de journalistes, et il y a ce que l’on ne voit pas dans les coulisses.

L’ouverture de l’AG est fixée à la troisième semaine de septembre. Cette date est judicieusement placée, car c’est la période la plus agréable de l’année qui commence à New York.

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Après la chaleur moite de l’été — immortalisée sur le grand écran par Alfred Hitchcock avec son film Fenêtre sur Cour où le reporter James Stewart est cloué sur son lit avec une jambe plâtrée, mais avec Grace Kelly l’aidant à surmonter sa convalescence par ses apparitions éblouissantes — souffle une douce brise sur Gotham, un surnom donné à New York par une vieille revue et que je préfère à celui de Big Apple en vogue à l’étranger. « Oh c’est l’Eden, » exulta le poète hollandais Jacob Steendam. « Une terrestre Canaan où la terre coule comme le lait ou le miel, » écrivit l’écrivain anglais Daniel Denton, et d’ajouter que l’air y aurait un goût sucré. N’en jetez plus ! La corbeille est pleine.

En conclusion, les diplomates sont des gens raffinés qui savent choisir non seulement le lieu de la rencontre, mais aussi le moment.

Il y a parfois des grincements de dents quand l’initiative leur échappe

Tel fut le cas lorsque le président américain Théodore Roosevelt décida de cantonner les négociateurs russes et japonais à Portsmouth tant qu’ils n’eurent pas scellé la paix entre leurs deux pays qui étaient en guerre en Mandchourie.

C’était une décision habile prise par un président énergique comme il y en a peu dans l’histoire. Les deux chefs de délégation, le baron Komura pour le Japon et le ministre Sergei Witte pour la Russie trouvèrent un terrain d’entente dans ce port de pêche à la baleine où il n’y avait ni casino ni grand hôtel pour jouer les prolongations. Le traité de Portsmouth fut signé le 5 septembre 1905 quand la pluie et le vent commencent à battre la côte sauvage du Maine. Teddy Roosevelt reçut le prix Nobel de la paix en 1906 pour sa médiation. (1)

Retour prosaïque sur la traditionnelle ouverture de l’AG la troisième semaine de septembre

Les discours que l’on entend dans la grande salle de l’AG ont un indéniable lyrisme en faveur d’un monde où une paix éternelle serait enfin scellée. Mais comme nous l’a appris le philosophe Thomas Hobbes, dans son Léviathan qu’il écrivit pendant la guerre civile anglaise, l’homme reste un loup pour l’homme. Aussi gardons-nous de croire à leurs belles paroles galvaudées.

La traditionnelle queue

Dans cette vénérable institution qui fête sa 70e assemblée générale, il est de tradition que le représentant du Brésil fasse le premier discours. Cela remonte à la première assemblée, en 1947, lorsqu’Osvaldo Aranha fut le premier à s’exprimer. Ensuite prend la parole le chef de la délégation du pays hôte, c’est-à-dire les États-Unis d’Amérique.

Après leur passage, il n’y a ni tradition ni protocole. C’est la queue pour tout le monde dans le long couloir gris menant au bureau des inscriptions. Les diplomates là, font comme tout le monde, sauf qu’ils ont le droit de se relayer.

Plus une délégation a de diplomates, plus elle anticipe l’ouverture de la queue, et plus elle a de chances de décrocher un rang honorable de passage. C’est pourquoi les diplomates français font la queue longtemps à l’avance. Est-ce à cela que l’on mesure l’importance d’une nation ? Il y a pourtant une exception à la règle avec l’Algérie qui met un point d’honneur à être la voiture balaie du peloton des 180 nations. C’est juste, car personne ne se rappelle du passage des coureurs dans la masse du peloton.

Il est notoire que l’attention du public baisse avec la répétition des discours ampoulés et creux. Mais il y a parfois des exceptions qui réveillent le public endormi. Ce fut le cas, en 2012, lorsque le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu brandit un graphique sommaire montrant la construction de la bombe nucléaire iranienne avec la menace d’un holocauste pesant sur son pays. (1) Il suscita un vif intérêt, car les diplomates ne sont pas habitués à ce genre de discours. Plus en arrière dans le temps, il y eut évidemment l’inimitable Nikita Kroutchev martelant son pupitre avec ses poings ou avec sa chaussure pour manifester sa vive désapprobation des capitalistes.

Le discours tronqué du chef de la délégation française

Parmi les souvenirs que je garde de mon séjour à la mission française auprès des Nations Unies, il en est un révélateur de la méthode de travail des diplomates français. Comme le discours d’ouverture est toujours placé à la troisième semaine de septembre, ils ont le temps de le préparer. Mais il arrive que le peaufinage devienne obsessionnel entre plumes concurrentes et qu’il dérape sur le temps imparti.

Tous les discours doivent être déposés au bureau de la traduction afin qu’ils soient traduits et imprimés dans les cinq langues officielles avant le début de la séance. Par conséquent, il est impératif qu’il soit prêt le jour J-1. Il règne toujours une fébrilité le jour en question non pas sur le fond, mais sur la forme du discours. Un tel voudrait supprimer un adjectif, un autre ajouter une virgule. Plus il y a de plumes concernées et plus la foire d’empoigne dure.

C’est ainsi que vers 18 heures, je croisai dans le couloir Robert, l’homme à tout faire de la mission, et plus particulièrement chargé d’imprimer le discours en français. D’un abord jovial en temps ordinaire, il parut tendu. Il m’expliqua la raison. « Le discours n’est pas prêt, » me dit-il. « Ils palabrent et coupent encore les cheveux en quatre, » ajouta-t-il. Cette attente le rongeait, car cela signifiait qu’il allait devoir rester toute la nuit. Il habitait loin de Manhattan. Son domicile était dans le Queens, proche de l’aéroport de Kennedy. Quant à moi, mes horaires de travail étaient élastiques, je savais quand je commençai (17 h), mais jamais quand je quittais le bureau ; au mieux à minuit, au pire à 7 h du matin quand la relève arrive. Ce fut le cas lors de mon dernier jour de travail à la mission parce que les délégations étrangères ergotaient sur leur quote-part respective du budget. Les Chinois ne voulaient pas que la leur fût augmentée d’un iota. Au lieu de prendre en considération le PIB, ils invoquaient le ratio PIB/habitant qui leur était beaucoup plus favorable.

Alors que l’heure du dîner avait sonné depuis un bon moment, je pointai mon nez dans la grande salle de réunion. Ils étaient treize assis à la grande table en verre translucide. Je voyais leurs chaussures noires bien cirées battre la cadence sur la moquette de couleur marron clair. L’ambiance était sereine malgré le compte à rebours. J’attendis discrètement qu’un levât les yeux dans ma direction. « Oui Bernard, qu’y a-t-il ? » M’interrogea Sylvie qui avait décelé ma présence. « Robert ronge son frein, » dis-je de façon laconique afin de ne pas susciter d’irritation. Aucune réaction.

Quand j’entendis des voix dans le couloir, je me précipitai à l’accueil pour intercepter les sortants. « Nous allons dîner, » me répondit-on. Je savais ce que cela voulait dire. « Nous allons fignoler le discours autour d’une bonne table. » J’annonçai la mauvaise nouvelle à Robert qui la prit sans réagir. Il en avait tellement vu depuis qu’il travaillait à la mission  que plus rien ne semblait l’étonner. Vers 23 h, les diplomates guillerets furent de retour à la mission. Ils avaient fini d’ergoter. Le point virgule était remplacé par une virgule, et l’adjectif incisif par un autre neutre pour ne froisser aucune délégation. Le discours fut donné à Robert un peu après minuit. Il se mit immédiatement à l’ouvrage. Quand je quittai mon bureau vers 2 h du matin, il n’y avait plus que lui et un garde de sécurité dans la mission. Tous les autres étages de la grande tour noire étaient éteints depuis longtemps. Cette tour accueille une quinzaine de délégations en raison de sa proximité du siège des Nations Unies sur l’East River.

De retour à la mission le lendemain soir, il régnait une effervescence inhabituelle. « Le ministre s’est arrêté net dans son discours à l’Assemblée générale parce qu’il est tronqué, » m’apprit une secrétaire du soir. Cela ne me surprit qu’à moitié. Même si Robert ne pouvait me donner une explication, car il était finalement rentré dormir chez lui, j’appris de sa bouche le surlendemain qu’on ne lui avait pas donné la dernière mouture, mais une version tronquée.

Passé l’effervescence de l’incident, il ne se passa rien, car personne dans l’AG n’avait noté la rupture dans le discours du ministre. De mon côté, je notai qu’il y avait eu treize diplomates à la grande table, un chiffre maudit depuis le dernier repas du Christ avec ses disciples. Pointillisme oblige, la mission française reste toujours la dernière éclairée la nuit.

J’ai eu un soir entre les mains un câble de l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies Madeleine Allbright. C’était à la mi-décembre quand les âpres négociations sur le budget se déroulent. Madeleine était une femme énergique. Elle  écrivit textuellement à ses homologues masculins qu’elle n’avait pas envie de passer Noël en leur compagnie, et qu’il fallait absolument trouver une  solution avant la date butoir du 23 décembre. Son mémorandum en quelques points sans circonlocution sortait de la langue de bois ordinaire.

La seule différence depuis mon départ de la mission est le filtrage au bas de la tour depuis que deux autres ont été démolies par des avions le 11 septembre 2001.

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