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Publié par Oksana Zvirynska le 23 septembre 2017

Voici ce que l’officier de Garland, Greg Stevens, a appris lors de sa lutte contre les terroristes pour protéger la vie des participants au concours «Draw the Prophet» («Dessine le prophète») organisé par Pamela Geller en défense de la liberté d’expression.

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À Garland, au Texas, l’agent de police Greg Stevens venait de reprendre son poste à l’entrée ouest du Curtis Culwell Center lorsqu’une voiture s’arrêta brusquement dans l’allée, parallèlement aux cônes de signalisation qui bloquaient l’accès du public à l’aire de stationnement et aux bâtiments derrière lui. De sa position à l’arrière droit de la voiture, qui était garée en partie dans la rue et en partie dans l’allée bloquée, il pouvait voir les plaques d’immatriculation d’Arizona sur le véhicule.

Bien que l’on s’attende à ce que le concours «Draw the Prophet Contest», largement annoncé et controversé, attirerait des visiteurs de partout, les plaques d’un autre Etat ont attiré l’attention de Stevens. Mais les plaques n’ont pas attiré son attention autant que le passager qui sortait du véhicule, avec un fusil d’assaut dans les mains.

Terroristes nationaux

Le passager s’appelait Elton Simpson, l’un des deux citoyens américains radicalisés qui étaient venus attaquer la foule au Culwell Center, peu avant 19h00 le 3 mai 2015, au nom de l’Etat islamique (ISIS).

Porteur d’un vêtement pare-balles souple et d’un équipement pour mener la charge, d’un pistolet et d’un sac à dos, Simpson sortit de la voiture avec le sourire et commença à tirer au fusil équipé d’un chargeur à tambour de 100 balles.

Les témoins ont déclaré qu’il avait tiré si vite, qu’on aurait cru que Stevens et l’officier de sécurité du district de Garland, Bruce Joiner, faisaient du tir automatique.

Le sourire sur le visage de Simpson a donné à Bruce Joiner l’impression qu’il s’agissait d’une blague, mais quand Greg Stevens a vu le canon du fusil sortir de la voiture, il a tout de suite compris qu’il s’agissait d’une menace et a également vu que sa position tactique était médiocre.

Stevens était debout dans l’espace ouvert, sans aucun espoir de se cacher quelque part, lorsque Simpson a dirigé le fusil vers lui et l’agent de sécurité qui n’était pas armé, à son arrière gauche. Stevens a immédiatement compris que la seule façon dont il allait prévaloir lors du combat à venir était de retenir agressivement Simpson et le conducteur, qui était en train de sortir du véhicule sur le côté opposé avec un fusils d’assaut AK équipé d’un chargeur à tambour.

Le combat contre l’ennemi

Stevens a sorti son pistolet Glock 21 et a tiré sur Simpson quatre à cinq rafales alors que Simpson tirait sur lui et Joiner avec son fusil.

À mesure que Stevens tirait, il avançait lentement sur les suspects à 15 mètres de là, tout en attaquant les deux hommes avec insistance ; il tirait rythmiquement tout en évaluant la situation. Stevens était conscient du fait qu’il devait compter ses coups, et sa tactique fut récompensée par le fait que Simpson tomba au sol et fit tomber son fusil.

En passant à la menace suivante, Stevens a pivoté vers la gauche et a tiré sur le conducteur, Nadir Soofi, qui portait également un vêtement pare-balles souple et un équipement de charge, et avait un sac à dos et un pistolet. Alors que Soofi contournait la voiture et se cachait derrière elle avec son fusil levé en position de tir, son côté gauche a été exposé à Stevens, qui a soigneusement visé et a tiré dans le coude de Soofi, puis au-dessus du coude, puis du côté de la poitrine et de l’épaule, tout en continuant à avancer et à tirer à un rythme contrôlé.

Son Speer Gold Dot de calibre 45 a touché Soofi dans l’épaule, mais la balle a été bloquée par l’équipement de charge, restant dans sa colonne vertébrale à la base de son cou. Cependant, le coup qui l’a frappé au-dessus du coude a été esquivé par le vêtement pare-balles et est entré dans le côté de sa poitrine où il a détruit le cœur et endommagé un poumon. Après que Soofi soit tombé à terre, il s’est soulevé momentanément puis s’est effondré.

Stevens ne savait pas où ses cartouches avaient touché les deux suspects, mais il savait qu’il «faisait des progrès» parce qu’ils étaient tous deux tombés. Cependant, comme il ne pouvait pas être sûr que les deux menaces n’avait été éliminées, il s’est retourné vers Simpson pour évaluer la situation.

Simpson était au sol, mais ses bras se déplaçaient dans la zone autour du haut de sa poitrine, près de l’endroit où le pistolet était situé dans son matériel de charge. Craignant que Simpson allait accéder au pistolet, ou peut-être utiliser un dispositif explosif caché dans son sac à dos (les séances d’information avant l’événement indiquaient qu’il s’agissait d’une menace probable), Stevens a tiré sur lui plusieurs fois pour mettre fin à ses mouvements. Tout aussi rapidement, il a chargé Soofi pour la deuxième fois et a déchargé le reste de ses 14 balles sur le suspect qui a arrêté tout mouvement.

Stevens savait instinctivement que son Glock 21 avait la culasse bloquée et a réalisé un rechargement d’urgence presque inconsciemment. Toujours en mouvement, il s’est approché de Simpson avec l’intention de lui tirer dessus à nouveau, si nécessaire.

Les secours arrivent

À ce moment-là, Stevens, s’imaginant tout seul dans la zone de tir, a lentement pris conscience qu’un groupe d’officiers du SWAT criait des ordres aux suspects. Lorsque Simpson, toujours en mouvement, n’a pas levé les mains, les officiers du SWAT lui ont tiré dessus avec leurs carabines Colt Commando 5,56 mm pour l’empêcher de déclencher une éventuelle ceinture d’explosifs. Stevens a ensuite raconté que les ordres et les coups des fusils semblaient être «étouffés», comme ceux de son propre arme.

Avec les deux suspects gisant par terre, Stevens et les officiers du SWAT se sont cachés derrière un véhicule Bearcat qui avait été déplacé. La possibilité d’explosifs dans le véhicule était dans l’esprit de tous les présents, alors les officiers se sont occupé des attaquants abattus, tandis qu’une équipe spécialisée était chargée de la neutralisation, de l’enlèvement et de la destruction d’éventuels explosifs dans leurs sacs à dos et leur véhicule. Pendant ce temps-là, Joiner, qui avait été blessé, a été évacué et a reçu un traitement médical pour la seule blessure subie par ceux du camp du bien – une blessure par balle au mollet qui aurait été causée par un ricochet.

Une longue journée devient encore plus longue

Il y avait une grande inquiétude que Soofi et Simpson n’étaient qu’un leurre ou un détournement, et que la force principale de l’attentat terroriste était encore à venir. Par conséquent, Stevens rejoint un groupe d’autres officiers pour occuper un poste sur le périmètre de l’autre côté du Culwell Center afin de créer la meilleure protection contre une éventuelle attaque terroriste venant du côté de la zone boisée.

Stevens est resté en alerte maximum pendant quelques heures avant de pouvoir être soulagé et retiré de la ligne de front, mais il n’a pas été autorisé à quitter la scène parce que les procédures menées par l’équipe de déminage étaient encore en cours. Au moment où il a été interrogé et renvoyé chez lui, il était en service depuis près de 15 heures, et les fusillades avaient pris fin depuis près de 9 heures.

Cela a été une journée d’enfer pour un type qui était en train d’exercer ce qui devait être une «simple tâche supplémentaire».

Leçons et observations

Il y a beaucoup de conclusions à tirer de l’expérience de l’agent Stevens pendant l’attaque terroriste du Culwell Center. Parmi les moments les plus importants sur lesquels il serait utile de se concentrer, on peut citer:

  • Connaissance de la situation

Stevens savait que quelque chose se passait bien avant qu’il n’ait vu le fusil sortir de la voiture. L’arrêt brusque de la voiture partiellement dans la voie de circulation, et les plaques d’un autre Etat qui fasaient penser aux informations des service du renseignement suggérant la possibilité d’une attaque par des non-résidents étaient des indications importantes qui l’ont alerté sur un danger potentiel. Sa conscience lui a permis de recueillir rapidement des informations et de confirmer la menace avant que les personnes qui l’entourent puissent assembler tous les éléments d’information.

  • Préparation psychologique

Stevens a participé à plusieurs séances de consignes préalables où les menaces potentielles et les plans pour les neutraliser ont été examinés. Ces séances d’information ont servi de répétitions mentales qui, combinées aux solides connaissances de sécurité de l’agent, et à sa mentalité stratégique, l’ont mentalement préparé au fait qu’une attaque pourrait survenir. Cela lui a donné la possibilité de faire des évaluations rapides sur la menace lorsqu’elle s’est présentée, lui permettant de contourner le déni et la confusion qui sont la réaction commune dans ces scénarios. Il ne s’est pas demandé: « Qu’est-ce qui se passe? » Il ne s’est pas dit: « Cela n’est pas en train de se produire ». Au lieu de cela, Stevens, d’après ses déclarations, « a immédiatement su que le combat commençait » lorsque Simpson a quitté la voiture et a agi sans hésitation, même si d’autres autour de lui se disaient que c’était une farce et non une véritable attaque.

  • Une contre-attaque aggressive

La contre-attaque immédiate et agressive de Stevens a été le gage de sa sécurité et de sa victoire après le début du combat. En s’approchant agressivement des terroristes et en attaquant l’embuscade, Stevens a changé l’évolution dynamique de la situation et les a mis sur la défensive. Il a interrompu leur cycle d’agression et les a immobilisés par la confusion qu’il a créée dans leur esprit, tout en minimisant ses vulnérabilités. Sa contre-attaque agressive a détruit leur capacité de tirer en créant un choc, une surprise, ou en causant des victimes, et a raccourci le temps qu’ils avaient pour infliger des pertes.

  • Réduction de la distance

S’il s’était retiré pour se mettre à l’abri au lieu d’attaquer, Stevens aurait permis aux attaquants de profiter de leur position supérieure, de la puissance et de la probabilité de succès offerte par leurs fusils. Une retraite leur aurait donné la possibilité de lui tirer en rafale dans le dos, et même s’il avait réussi à se cacher – derrière une voiture ou un arbre – indemne, les fusils auraient pu percer cette couverture, ainsi que son vêtement pare-balles. Une distance accrue n’aurait pas entravé les attaquants armés de fusils, mais aurait rendu plus difficile pour Stevens la précision de ses tirs avec son arme de poing. En diminuant la distance, il a maximalisé l’efficacité de son arme de courte portée tout en éliminant l’avantage de longue portée de l’attaquant.

  • Compétence dans le maniement des armes

Stevens se décrit comme un tireur « meilleur que la moyenne », mais « pas un tireur de premier plan », comme le sont beaucoup des officiers de son département. Cependant, il a montré de quoi il est capable : les faits montrent clairement qu’il a fait plus de tirs réussis que de tirs manqués sur deux menaces en mouvement, car il s’est déplacé de 13 à 6 mètres sous le feu d’armes qui pouvaient facilement traverser son gilet pare-balles.

Les résultats de la police nationale oscillent autour de 20 % de tirs réussis, mais presque tous les tirs de Stevens ont atteints leur cible, grâce à son sang-froid et à l’application habile des principes fondamentaux de tir. Il est instructif de voir que Stevens avait une vision claire de ce qui se passait devant lui lors des tirs, et qu’il a pris le temps pour obtenir une image correcte, mais pas parfaite – ce que la plupart des instructeurs appelleraient une «image d’ensemble éclair» – parce que, a-t-il expliqué, «je savais que j’avais besoin de tirer. »

L’obtention d’une image visuelle convenable vu les circonstances l’a certainement aidé à tirer des coups de feu réussis sur la cible. « Master class » ou non, il a démontré un excellent équilibre entre vitesse et précision qui peut servir d’exemple pour nous tous.

  • La valeur de la formation

Stevens n’a pas atteint ce niveau de compétence par accident. Au cours de 38 ans dans le domaine du maintien de l’ordre, il a accordé une attention particulière aux formations qu’il a reçues, en profitant de toutes les offres de formation supplémentaires qui lui étaient proposées.

Peu de temps avant l’attaque du Culwell Center, il a participé à une formation du Département des armes à feu où il devait frapper des cibles multiples à différentes distances – exactement les compétences qu’il aurait à bientôt utiliser pour arrêter les terroristes. Stevens insiste que les agents doivent «s’entraîner avec un but», qui est de construire et renforcer leurs bonnes habitudes de formation et «savoir résister à la tentation de la paresse et de l’envie prendre des raccourcis» lors des formations. Il considère que «la formation est un cadeau, un privilège», et il encourage les agents à en tirer le meilleur parti, car «nous ne choisissons pas le moment, c’est lui qui nous choisit».

Sa performance exceptionnelle pendant cet attentat, une première en son genre, où l’officier a été impliqué par les circonstances, est le témoignage de l’efficacité d’une bonne formation et d’un dévouement personnel pour faire son maximum possible.

Félicitations

L’agent de police Stevens est un père de famille, humble, qui s’acquitte avec beaucoup de fierté de son service à la communauté, et il se sent mal à l’aise avec toute l’attention qu’il a reçue après l’attaque du Culwell Center. Il pense que la plupart des officiers «apprécient une tape occasionnelle sur l’épaule» parce qu’ils n’ont pas l’habitude d’obtenir beaucoup de remerciements ou de louanges, mais ils ne cherchent ni n’ont besoin de beaucoup d’attention publique pour être satisfaits.

Cependant, Stevens mérite une bonne tape amicale sur le dos de la part de ses collègues officiers pour l’exemple qu’il leur a montré pendant cette attaque. Nous pouvons tous profiter de son expérience, et nous lui devons une dette de remerciement pour son service et le modèle de professionnalisme qu’il a manifesté lors de la première attaque terroriste de l’Etat islamique sur le sol américain.

Rappelez-vous l’avertissement de l’agent Stevens : nous ne choisissons pas le moment, il nous choisit. Faites un bon entraînement et restez toujours vigilants.

L’auteur

Le lieutenant-colonel (retraité), Mike Wood est instructeur certifié dans les armes à feu de la Division de l’application des lois de la National Rifle Association (NRA) et auteur du livre « Newhall Shooting: A Tactical Analysis* ». Le site officiel du livre est newhallshooting.com.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : un texte de Mike Wood, traduction © Oksana Zvirynska pour Dreuz.info.

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