Publié par Marina Linardi le 15 septembre 2017

Pendant près de deux décennies, l’American Jewish Committee (AJC) a dénoncé la marée montante de l’antisémitisme. Lorsqu’on leur demande la source de cet antisémitisme, leur réponse est toujours la même : regardez dans trois directions – l’extrême gauche, les néo-nazis et les djihadistes.

Trop de personnes dans notre monde hyper politisé, cependant, préfèrent éviter cette analyse trifocale. Pour eux, ça ne passe pas bien idéologiquement, alors … au diable les faits, ils choisissent de feindre qu’ils n’existent pas !

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« A l’AJC, nous n’avons pas un intérêt personnel à affronter un ennemi «préféré». Nous sommes une agence juive aux avant-postes qui ne peut s’offrir le luxe de choisir ses menaces sous prétexte qu’elles peuvent convenir à des perspectives partisanes subtiles – ou moins subtiles » explique son président David Harris.

Les néo-nazis

  • Lorsque les néo-nazis sont sortis par centaines à Charlottesville et ont chanté des diatribes qui nous glacent le sang et évoquent le Troisième Reich, de nombreux Juifs se sont précipités pour les condamner, et à juste titre. Nous étions assurément parmi eux.

Approprié ou non, certains juifs célèbres ont même choisi de brandir l’étoile jaune, rappelant ce que les Juifs dans les camps de concentration allemands et les ghettos ont dû supporter, les marquant pour une extermination probable.

« Tout en admirant cette détermination post-Charlottesville de se lever en tant que juifs, dit David Harris, je ne pouvais éviter de me demander où certaines d’entre eux étaient ces dernières années lorsque les menaces et les attaques antisémites provenaient d’ailleurs. »

Pour être absolument, indubitablement clair, il y a un danger réel émanant de l’extrême droite néo-nazie.

Pendant un certain temps, nous avons pensé que ce danger était plus présent en Europe, où, à la différence des Etats-Unis, des néo-nazis se cachent sous les bannières de partis politiques d’extrême droite, comme l’Aurore d’or en Grèce, Jobbik en Hongrie et le Front national en France. Ils cherchent à exercer leur influence dans les urnes, en plus de leurs activités sur les réseaux sociaux et dans la rue.

Dans certains cas, ils adulent les fascistes du 20ème siècle, demandent des registres de juifs, minimisent ou même nient l’Holocauste, et discutent du pouvoir et de l’influence juifs.

Il s’avère qu’ils ont des partisans aux États-Unis qui marchent dans les rues en déclarant que «les Juifs ne nous remplaceront pas» et exigent «le sang et le sol», une traduction de la croyance nazie «Blut und Boden ».

Mais le danger ne commence pas et ne se termine pas ici. Notre inquiétude et notre indignation ne devraient pas non plus.

L’extrême gauche

  • Tout d’abord, l’extrême gauche pose également des défis énormes.

Beaucoup dans leur camp semblent avoir un problème avec un pays sur terre – et il se trouve comme par hasard que c’est le seul pays à majorité juive, avec une population juive d’un peu plus de six millions de personnes, dont beaucoup étaient déjà la cibles de l’extrême droite, de l’extrême gauche et des djihadistes au siècle dernier.

Aucune autre nation ne réveille les passions de l’extrême gauche autant qu’Israël le fait. Seul Israël, pays démocratique, est constamment dans sa ligne de mire.

Ils n’organisent pas des campagnes BDS, des flottilles, des « flytilles », des semaines contre l’apartheid ou des protestations violentes contre les véritables agresseurs des droits de l’homme. Ils le font seulement contre Israël, et en même temps, ils se défendent contre ceux qui les accusent de vouloir la disparition de l’Etat juif.

Dans le même ordre d’idées, ils célèbrent le droit à l’autodétermination du « peuple palestinien », mais ils le nient radicalement aux Juifs.

Leur obsession implacable à défier les aspirations nationales du peuple juif n’est elle pas une forme d’antisémitisme ? Bien sûr que si, et c’est reconnu comme tel par le Secrétaire général de l’ONU, par le Président de France Macron, par l’ex Premier ministre français Valls, par le Pape François, maintenant par l’Union européenne, et par de nombreux autres chefs d’Etats éclairés.

Quelle est la dernière fois, par exemple, où quelqu’un a vu une manifestation de ces soi-disants militants des droits de l’homme d’extrême gauche, sur un campus américain ou ailleurs, dénonçant, au hasard :

  • les meurtres de masse en Syrie ;
  • le génocide de l’État islamique contre les Yazidis ;
  • l’anéantissement du pays par le gouvernement vénézuélien ;
  • les camps de concentration de centaines de milliers de détenus en Corée du Nord ;
  • les exemples récurrents de l’antisionisme et de l’antisémitisme du Parti travailliste britannique, qui commence au sommet du parti ;
  • les violations en série de l’Iran des droits des femmes, des homosexuels, des chrétiens, des apostats, et des minorités religieuses ;
  • les violations et abus de l’Autorité palestinienne contre les Arabes palestiniens, et les exécutions sommaires en pleine rue par le Hamas à Gaza ;

La sélectivité flagrante et l’hypocrisie de ces groupes d’extrême gauche en dit très long.

Mais les lentilles bifocales ne sont pas suffisantes non plus. Des trifocales sont nécessaires.

L’islam

Récemment, la plus grande menace physique pour les Juifs provient des musulmans.

Considérez le fait que chaque attaque fatale contre les Juifs en Europe ces dernières années a été menée par des musulmans.

Du supermarché casher de Paris à une école juive de Toulouse, du Musée juif de Bruxelles à la synagogue de Copenhague, des meurtres d’Ilan Halimi à Sarah Halimi à Paris, de la famille Pinto la semaine dernière aux Israéliens (et Bulgares) tués à Burgas le 18 juillet 2012, ils ont tous été perpétrés par des musulmans.

Ajoutez à cela les ambitions génocidaires de l’Iran, du Hezbollah et du Hamas, les enseignements salafistes dans de nombreuses madrassas et mosquées, l’antisémitisme omniprésent dans de nombreux médias arabes, et les livres pour les enfants arabes de Palestine et vous avez une vision un peu plus proche de cette réalité.

Conclusion 

Par tous les moyens, exprimons notre répulsion totale lorsque les nazis marchent à Charlottesville, lorsque Faurisson est invité sur scène par Dieudonné, lorsqu’Alain Soral crache sa haine, lorsque Marine Le Pen protège des néo-nazis au Front national, lors David Duke applaudit les actions de BDS. Répliquons lorsque l’ex occupant du Bureau ovale ou le Président français manquent de clarté morale en faisant une équivalence entre Israël et le Hamas pendant les drames qui se déroulent au Moyen-Orient.

Mais le même outrage juif doit se manifester lorsque Roger Waters, le célèbre co-fondateur de Pink Floyd, joint ses applaudissements envers BDS à ceux du président du Ku Klux Klan, que le dirigeant d’un pays, l’Iran, appelle à un monde sans Israël, lorsque le haut responsable du Hezbollah appelle à massacrer les Juifs, lorsque des enfants juifs sont abattus dans une école juive pour le simple fait qu’ils sont juifs, lorsque des groupes antisémites sur les campus américains choisissent Israël, parmi 193 États membres de l’ONU, pour leurs opérations de délégitimation et demander sa disparition, lorsqu’un élu socialiste manifeste au côtés d’activistes qui hurlent « morts au juifs » à Paris, ou qu’un ancien président français offre des obsèques nationales au terroriste Arafat.

Car s’agissant de l’antisémitisme, nous n’avons pas intérêt à affronter un ennemi préféré et ignorer un autre.

Ah, et comme si les choses n’étaient pas déjà assez compliquées, nous ne devons pas non plus perdre de vue les alliances apparemment bizarres – car ils défendent des valeurs diamétralement opposées – qui surgissent entre les islamistes, l’extrême gauche et les antifa concernant Israël et le sionisme ; et entre les islamistes et les néo-nazis d’extrême droite sur le déni de l’Holocauste, la dénonciation d’un « complot juif mondial » et la diabolisation des juifs.

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En d’autres termes, il est temps pour ceux qui s’intéressent réellement à l’antisémitisme d’ouvrir les yeux – et surtout de ne pas permettre à la pensée idéologique ou partisane, ni aux pitbull de la gauche que sont les organisations comme SOS Racisme, CAIR (Council on American–Islamic Relations), LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme), SPLC (Southern Poverty law center) et d’autres, « d’affiner » le champ de vision.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction © Marina Linardi pour Dreuz.info.

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