Publié par Dreuz Info le 9 octobre 2017

Interpol a admis des terroristes en son sein. «L’État » de Palestine qui n’en est pas un a été admis en tant que nouvel État membre en raison d’un vote secret.

Par Michael Wilner, le 6 octobre 2017

Les membres du Congrès commencent à exiger des réponses sur les raisons pour lesquelles les États-Unis semblent avoir été piégés.

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L’administration Trump pensait qu’elle avait un plan pour empêcher les Palestiniens de se joindre à Interpol le mois dernier. Le problème était que leur plan reposait sur les Russes.

Lors de l’assemblée générale annuelle de l’Organisation internationale de police criminelle à Beijing, la délégation des États-Unis a proposé à Moscou un marché. Les États-Unis étaient prêts à faire pression sur le Kosovo pour qu’il retire sa candidature à l’adhésion si la Russie acceptait de soutenir sa stratégie visant à retarder le vote sur la candidature palestinienne.

Un accord a été réalisé avec la Serbie et la Chine. Mais à la fin de ce sommet, la Palestine a été admise à INTERPOL et le Kosovo n’en fait toujours pas partie. Comment se fait-il que la Russie a-t-elle obtenu ce qu’elle voulait, et que les États-Unis ont subi un échec ?

« Je ne suis pas sûr de pouvoir vous donner une réponse satisfaisante à ce sujet », a déclaré un haut fonctionnaire du ministère de la Justice au journal The Jerusalem Post la semaine dernière, en détaillant les efforts échoués de l’administration. « Les événements ne se sont pas déroulés comme nous l’aurions aimé. Nous ne sommes pas contents de ces résultats ».

Le principe de la stratégie de Washington consistait à repousser l’examen par Interpol de toutes les nouvelles candidatures pour au moins un an, suite à la décision de l’organisation de la police criminelle d’adopter de nouveaux critères d’adhésion à cette même conférence. La délégation des  États-Unis, représentée par le sous-procureur général Rod Rosenstein (dont le rôle dans le dossier d’accusation de collusion entre Trump et la Russie est assez trouble), a proposé cinq amendements pour retarder l’examen de tous les nouveaux membres – y compris l’«État de Palestine» – pour une période d’un an après la mise en place de ces nouveaux critères.

« À tout le moins, un vote sur l’admission de nouveaux membres devrait se produire seulement après que tous les membres actuels ont suffisamment de temps pour étudier les nouveaux critères et les appliquer soigneusement », a déclaré Rosenstein à Beijing. « Il serait irresponsable pour cet organisme de prendre une décision précipitée concernant les demandes en cours à la même session où nous examinons le projet de résolution modifiant les critères et le processus de sélection des membres ».

Rosenstein a soutenu que les Palestiniens ne pouvaient pas répondre aux exigences de base de fonctionnement d’Interpol : un pays a besoin d’avoir des «frontières définies» et «l’autorité pour entrer en relation avec d’autres États» afin d’émettre des notices rouges demandant l’arrestation de personnes, a-t-il déclaré.

Et l’administration a ensuite demandé pourquoi une organisation non politique, qu’Interpol prétend être, s’engagerait volontairement dans l’exercice fortement politisé de la reconnaissance des États-nations.

La Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas et Israël ont soutenu les efforts des États-Unis concernant l’amendement qui aurait bloqué le vote, tandis que l’Iran, l’Irak et la Turquie ont effectué une pression plus agressive contre eux, disent plusieurs source gouvernementale des Etats-Unis.

La Russie, la Chine et la Serbie ont d’abord soutenu la stratégie d’amendement des États-Unis, en accord avec leur promesse. Et, à son tour, les États-Unis ont exercé une pression sur le Kosovo pour l’empêcher d’adhérer.

Pristina a finalement retiré sa candidature après avoir été avertie par l’administration Trump qu’elle ne gagnerait pas un vote si elle l’avait essayé.

La stratégie des États-Unis reposait sur l’adoption d’un de ces cinq amendements. Aucun d’entre eux n’a pas été adopté car les votes sur ces amendements sont anonymes.

Les fonctionnaires américains se demandent maintenant si la Russie ne les a pas doublés, et si elle a offert le soutien promis en échange des accords sur le Kosovo. En effet, après que les cinq amendements ont échoué, la Russie, la Chine et la Serbie se sont déclarées libérées de leur engagement à bloquer la demande d’adhésion des Palestiniens.

« Nous avons simplement préparé la voie » pour l’adhésion de la Palestine à Interpol, a déclaré un fonctionnaire américain ayant connaissance des événements qui se sont produits à Beijing. « Nous nous appuyions sur une stratégie qui était imparfaite ».

Le Département de la Justice a déclaré que Washington a exercé une pression importante sur les pays membres pour voter en faveur de l’amendement et, par la suite, contre la candidature palestinienne.

« Les États-Unis se sont engagés dans un lobbying intense pour préparer le soutien aux cinq amendements et ont finalement échoué », a déclaré le fonctionnaire du Département de la Justice. Cependant les membres du Congrès commencent à exiger des réponses sur les raisons pour lesquelles les États-Unis ont échoué.

« La stratégie diplomatique de l’Amérique à Interpol a clairement échoué, et il semble que nous n’avions pas de plan B », a déclaré le représentant Elliot Engel (District de New York), membre haut placé du Comité des Affaires étrangères de la Chambre, au journal the Post. « C’est un vrai impact de la politique étrangère de l’administration Trump: la Russie et la Chine nous ont dépassés, et maintenant les Palestiniens font partie d’Interpol et notre allié, le Kosovo, n’y est pas ».

«Je suis impatient d’entendre les ministères de l’État et de la Justice sur la façon dont ils prévoient corriger cette situation», a ajouté Engel.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction © Oksana Zvirynska pour Dreuz.info.

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