Publié par Rosaly le 14 octobre 2017

A la veille des élections législatives anticipées en Autriche, le scénario le plus probable serait celui d’une seconde alliance entre les conservateurs du Parti populaire autrichien Övp (Österreichische Volkspartei) d’orientation chrétienne-démocrate et les ultranationalistes du Parti de la Liberté d’Autriche (Fpö) (Freiheitspartei Österreichs).

Selon les derniers sondages, le Parti populaire (Övp) dirigé par le jeune ministre des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, est donné largement vainqueur dans les intentions de vote, avec 33% des voix. Et à talonner le parti de Kurz, ce ne sont pas les sociaux démocrates de l’actuel chancelier Christian Kern (Spö), mais le Fpö, le Parti de la Liberté pour l’Autriche de Heinz-Christian- Strache, avec 27% des voix.

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Le Spö, le parti social-démocrate d’Autriche (Sozialdemokratische Partei Österreichs) semble plafonner à 22%, après avoir été éclaboussé par le scandale de leur campagne de calomnies sur Facebook à l’encontre de Sebastian Kurz, diffusant des fake news lui attribuant faussement des propos racistes et antisémites.

Un remake de la « grosse koalition » entre le Spö et le Övp semble donc improbable , voire impossible. Les élections anticipées ont été demandées par le jeune ministre des Affaires étrangères, notamment à cause d’importantes divergences sur le thème de l’immigration, au sein de l’alliance entre sociaux-démocrates et conservateurs.

Mais qui est Sebastian Kurz, responsable de la crise, qui ébranla le gouvernement en mai dernier et qui aujourd’hui vise la chancellerie ?

Agé de 31 ans, ce Viennois, que l’on surnomme le «Wunderwuzzi» ou « l’enfant prodige » a milité dans les rangs du Parti populaire avant d’en prendre la direction. Certains se plaisent à le comparer à Emmanuel Macron, à cause de sa jeunesse. Il a choisi d’abandonner le « noir, couleur traditionnelle des populaires pour le bleu azur et de se présenter lors des prochaines élections avec une nouvelle liste « Ensemble avec Kurz » axée sur son personnage.

Quand en mai dernier, il prit les rênes de l’Övp, après la démission de l’ex-secrétaire Reinhold Mitterlehner, son pari fut de révolutionner l’image de la formation politique chrétienne-sociale, déplaçant l’action du parti vers la droite, afin d’endiguer la croissance des nationalistes du Fpö, qui en novembre 2016, grâce à Norbert Hofer, étaient arrivés à un pas de la présidence de la République.

Nommé ministre des Affaires étrangères de la « grosse koalition » en 2014 , à seulement 27 ans, c’est ce jeune ministre qui en 2015 fit pression pour la fermeture de la route des Balkans. Et c’est encore lui qui en juillet dernier mena le bras de fer entre Vienne et Rome, menaçant d’envoyer des militaires au col du Brenner, afin d’empêcher l’entrée en Autriche de migrants débarqués sur les côtes italiennes.

Le maire de Lampedusa, Toto Martello, qualifia Sebastian Kurz de « naziskin », quand cet été, en pleine campagne électorale, il fit la grosse voix au cours d’une réunion à Vienne avec son homologue italien Angelino Alfano, invitant l’Italie à arrêter de transférer les migrants débarqués à Lampedusa vers la terre ferme.

Mais à unir le leader des populaires à celui de la droite radicale, ce n’est pas seulement leur ligne dure commune sur l’immigration et le contrôle des frontières, mais également leur opposition à l’islamisation de l’Autriche.

Sebastian Kurz veut réduire l’allocation versée aux réfugiés, c’est-à-dire aux personnes qui ont obtenu l’asile en Autriche, à 560 euros par mois, pour une personne seule. Actuellement, les réfugiés ont droit aux mêmes aides que les Autrichiens qui sont dans une situation précaire. Aide qui varie de 800 à 900 euros par personne selon les régions. Pour les réfugiés, ce serait donc presque deux fois moins si Sebastian Kurz est élu à la chancellerie.

Les réfugiés pourront de nouveau toucher une aide « normale » si au bout de 5 ans, ils peuvent prouver qu’ils ont eu un emploi régulier pendant au moins un an.

Heinz-Christian Strache , quant à lui, demande que les migrants n’aient plus du tout accès au système social, afin de favoriser les familles autrichiennes en situation de précarité.

Sebastian Kurz est aussi l’artisan de la loi sur l’interdiction du port en public du voile intégral, recouvrant le visage ou la « Burka Verbot » récemment votée.

Ensemble, les 2 partis totaliseraient près de 60% des voix.

Le Fpö pourrait céder quelques points au Flö (Freie Liste Österreich) l’un des partis mineurs, mené par Rainer Widman, qui demande l’arrêt total de l’immigration et la sortie de l’Autriche de l’UE. Ce parti se présente aux élections du 15 octobre avec un programme semblable à celui du Parti de la Liberté (Fpö)

Ainsi, dès lundi, le résultat des élections pourrait se traduire par une coalition analogue à celle de 2000, quand le Fpö, dirigé par Jörg Haider, arriva au gouvernement avec les conservateurs du Övp.

L’alliance entre les chrétiens démocrates et les nationalistes semble se reformer. Mais, si à l’époque de Haider, l’Europe s’éleva comme un seul homme contre la décision de Vienne, imposant même des sanctions à l’Autriche, on pourrait parier qu’une éventuelle nouvelle alliance entre l’Övp et le Fpö ne susciterait plus une réaction aussi unanime de mépris et de condamnation.

Le Fpö s’est débarrassé de ses antisémites de l’époque Haider. Ses dirigeants ont effectué plusieurs voyages en Israël, et son président Heinz-Christian Strache s’était même rendu à Yad Vashem.

En 2016, Heinz-Christian Strache avait promis, qu’ en cas de victoire de son parti à l’élection présidentielle, il s’engagerait à transférer son ambassade à Jérusalem, mais ce fut Alexander Van Bellen, le pro-immigration musulmane et pro-voile islamique pour les femmes non musulmanes, en signe de solidarité avec les musulmanes, qui l’emporta à un cheveu près. Des rumeurs de magouilles circulèrent au sujet de cette « victoire » étrange.

Plusieurs gouvernements d’Europe centrale et orientale sont plus proches du programme radical de la formation nationaliste autrichienne que des projets suicidaires de la Commission européenne, notamment sur les thèmes de l’islam et de l’immigration.

L’adjoint au Maire de Vienne et numéro deux du Fpö, Johann Gudenus, a déclaré : « les migrants ne devraient pas acquérir la nationalité autrichienne par le droit du sol, ni avoir accès au généreux système social du pays. Cela les incite à immigrer en Autriche pour des raisons économiques. Nous ne pouvons nous le permettre. »

Selon Gudenus , l’islamisation de l’Autriche est un danger réel.

« Dans notre pays, il s’est déjà créé une Société parallèle : les musulmans vivent en communauté, ne respectent pas les coutumes autrichiennes, mais seulement celles imposées par la charia, et cela est très dangereux. »

Il y a un an, Gudenus déclara au Washington Post : » en Europe, l’islamisme est le nouveau fascisme. «  Comme pour dire : ce sont eux que vous devez combattre et non nous. L’islamisme a apporté le terrorisme en Europe et les fondamentalistes musulmans n’acceptent pas nos lois, mais seulement la charia et cela ne peut fonctionner dans notre Société. »

Pendant ce temps, en Italie on se déchire sur le vote d’une loi accordant automatiquement « le droit du sol » à tout enfant étranger né en Italie et cela entre polémiques, manifestations, discours humanistes , campagnes de propagandes en faveur de cette loi, même dans les écoles primaires et « grèves de la faim » menées par des parlementaires du parti au Pouvoir, des religieux, des professeurs, des intellectuels, bref toute l’hypocrite bien-pensance italienne.

Si cette loi était votée, l’Italie s’enrichirait immédiatement d’ environ un million de nouveaux Italiens de confession musulmane et constituerait un appel d’air sans précédent en direction du Maghreb, de l’Afrique sub-saharienne et du Moyen-Orient.

La loi actuelle permet à tout enfant étranger né en Italie d’acquérir la nationalité italienne à 18 ans, s’il le souhaite. Alors à quoi rime cet empressement du parti au pouvoir, sinon à détruire encore un peu plus l’Italie et le peuple italien.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rosaly pour Dreuz.info.

Source : « L’Austria si prepara a virare a destra alle prossime elezione. » (Gli Occhi della Guerra) (traduit et adapté par Rosaly)

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