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Publié par Hervé Stammers le 15 octobre 2017

Avec un score de 31% en sortie des urnes, Sebastian Kurz, que les malhonnêtes médias français décrivent comme étant d’extrême droite alors qu’il est conservateur, devient chancelier d’Autriche à l’âge de 31 ans.

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L’Autriche prend un virage conservateur, anti-migration, anti-Europe et à droite avec l’élection de Sebastian Kurz, le président du parti du peuple autrichien bien nommé, qui a été ministre des Affaires étrangères et de l’intégration depuis 2013, et prône un peu comme le président Trump une dureté vis-à-vis de l’immigration, et une baisse de la fiscalité.

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L’Autriche n’a certes pas la plus grande importance géopolitique sur la scène internationale, mais en tant que puissance en l’Europe centrale, reliant l’Europe de l’Est et de l’Ouest, sa politique peut influencer les autres autour d’elle, déjà très engagés contre l’immigration imposée par Bruxelles.

Que se passe-t-il ? En un mot : migrants.

Les électeurs autrichiens, ce dimanche, ont voté lors d’une élection parlementaire pour permettre au Parti de la liberté d’entrer dans un gouvernement de coalition, marquant une tendance croissante anti-immigration en Europe.

En quoi est-ce important ?

Après le Brexit qui a signalé à l’UE que les citoyens ne veulent plus de cette immigration folle, l’Autriche est le dernier pays à voir un parti nationaliste et anti-immigration – le Parti de la liberté d’Autriche (FPO) – porté par un vote populaire.

En Allemagne l’AfD a obtenu le mois dernier un nombre suffisant de suffrages pour entrer au Bundestag allemand.

Aux Etats-Unis, les Américains ont massivement rejeté les élites et leur politique globale et sans frontières, ainsi que la priorité donnée aux étrangers plutôt qu’aux Américains.

Lors de l’élection présidentielle autrichienne de fin 2016, le candidat d’extrême droite du FPO, Norbert Hofer, avait perdu contre Alexander Van der Bellen, ancien dirigeant du parti des Verts dans un climat de soupçon de fraude électorale. Ce dimanche, les verts sont crédités de 5% des votes, le FPO 31% : un spectaculaire bouleversement en un an.

Sur le fond

Dans le contexte européen où les peuples rejettent unanimement l’islam chaque fois qu’un sondage est publié, l’Autriche est intéressante car elle a connu l’un des plus forts revers d’opinion de la population face à la crise migratoire de 2015.

Comme d’autres pays d’Europe de l’Est, la nation voulait être exemptée du projet de la Commission européenne de délocaliser et de redistribuer environ 160 000 demandeurs d’asile essentiellement musulmans pour alléger la pression des flux migratoires sur certains pays.

En tant que tel, le sentiment public négatif a influencé les principaux partis politiques autrichiens à réclamer des politiques d’immigration plus strictes et la question des migrants est considérée comme ayant joué un rôle essentiel.

 

Que va-t-il se passer ensuite?

Sebastian Kurz, 31 ans, ministre des Affaires étrangères et dirigeant du Parti populaire autrichien, a gagné les élections et devient le prochain chancelier. Le Parti de la liberté (FPO) d’extrême droite sera probablement son partenaire dans la coalition.

Ce scénario signe comme en France et ailleurs la disparition des dinosaures, des vieux partis. « C’est une rupture avec la tradition vieille de plusieurs décennies d’une grande coalition entre l’OVP et les sociaux-démocrates du président sortant Christian Kern», a déclaré Wolfango Piccoli, co-président du cabinet de conseil en risques Teneo Intelligence.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’Europe?

Alors que le Parti d’extrême droite dirigé par Heinz-Christian Strache rejette explicitement Oxit (la sortie de l’Autriche de l’UE), il reste largement eurosceptique, plaidant pour une réforme plus poussée de l’Union européenne et de la zone euro entre l’UE et les États membres, et une bureaucratie réduite.

« Dans l’ensemble, nous pensons que l’Autriche soutiendra la réforme de l’UE, mais prendra une position tout aussi prudente que celle de l’Allemagne », a déclaré M. Fuzesi, ajoutant que le parti anti-immigration (et principalement anti-islam) maintiendra sa ligne dure dans la gestion de l’intégration en Autriche et aux frontières extérieures de l’UE.

Devons-nous réjouir ?

« Les élections législatives du 15 octobre n’ont pas été jusqu’ici sur l’écran radar de l’Europe, car l’Autriche pourrait redevenir le premier pays de la zone euro avec un parti populiste au gouvernement », a déclaré Carsten Brzeski, économiste en chef d’ING Allemagne.

Brzeski ajoute que l’élection autrichienne pourrait être « un indice et un précédent important et intéressant pour le reste de la zone euro ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hervé Stammers pour Dreuz.info.

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