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Publié par Guy Millière le 22 octobre 2017

Le monde laissé derrière lui par Barack Obama est un monde extrêmement dangereux. L’administration Trump doit gérer les dangers, et se trouve confrontée depuis janvier à la tâche âpre et ingrate de devoir les gérer tous à la fois.

  • En finir avec le cancer appelé Etat Islamique, né de la décision d’Obama de retirer les troupes américaines d’Irak, était d’une extrême urgence: c’est désormais quasiment fait: la chute de Raqqa est une réalité. Les métastases du cancer n’en sont pas moins disséminées sur toute la planète. Sous la forme de cellules implantées dans le Sinaï, en Afrique centrale et ailleurs. Sous la forme aussi de djihadistes cachés parmi les “migrants”: il y en a des milliers en Europe, et bien que leur pénétration aux Etats-Unis soit plus difficile, il y en a sans aucun doute sur le territoire américain. Les discours de propagande de l’Etat Islamique n’ont eux-mêmes pas disparu et produisent de multiples impacts: des dizaines de groupes excités, plus ou moins autonomes, existent sur toute la planète, et des individus tels ceux qui ont tué ces dernières semaines au Royaume-Uni, en France, ailleurs en criant Allahou Akbar sont prêts à agir, et tuent.
  • Une autre urgence était et reste la nocivité de la Corée du Nord, qu’Obama a laissé accéder à l’arme nucléaire sans rien dire. Kim Jong-un devait être arrêté sur sa lancée, avant qu’il dispose des moyens d’être pleinement sanctuarisé et d’être à l’abri de frappes américaines en montrant qu’il a la capacité de frapper le territoire américain. Quand bien même il vocifère encore, Kim Jong-un est quasiment à l’arrêt. Donald Trump a pratiqué la dissuasion de façon efficace en énonçant des menaces très concrètes que Kim Jong-un a pris au sérieux, à juste titre: une opération militaire américaine contre le régime nord-coréen aurait été difficile, mais pas du tout impossible. Donald Trump l’a expliqué aux dirigeants chinois et, en duo avec Rex Tillerson, a utilisé la stratégie good cop bad cop, gentil policier-méchant policier, laissant à Rex Tillerson le rôle du gentil policier qui dit que les Etats-Unis peuvent négocier, tandis que Donald Trump a pris le rôle du méchant policier. Les dirigeants chinois ne voulant pas d’une opération militaire américaine près de leurs frontières ont mis Kim Jong-un sous pression et l’ont largement asphyxié économiquement et financièrement. La Corée du Nord n’ira pas plus loin dans son programme nucléaire. La solution actuelle est une solution provisoire, et pas du tout une solution définitive, mais mieux vaut une solution provisoire que pas de solution du tout dans l’immédiat, et une catastrophe meurtrière dans le futur proche.
  • Une troisième urgence est le dossier iranien. Donald Trump n’a cessé de dire que l’accord passé par Obama avec le régime des mollahs était abominable et permettrait la sanctuarisation d’un régime terroriste et antisémite. Il n’a cessé d’ajouter que l’accord devait être abrogé. L’abrogation stricte serait, dans l’immédiat, dangereuse et de l’ordre d’un coup d’épée dans l’eau: si les Etats-Unis sortent de l’accord, les autres pays qui l’ont ratifié n’en sortiront pas. L’Iran pourrait, qui plus est, se lancer dans une fuite en avant et dans une guerre régionale indirecte en activant le Hezbollah contre Israël. Donald Trump a opté dans ces conditions pour une abrogation graduelle.
    • Il commence par refuser de certifier que l’Iran respecte l’accord, et déclare que les Gardes Révolutionnaires iraniens sont, en substance, un groupe terroriste (c’est ce qui était au coeur de son discours du 13 octobre).
    • Il va demander au Congrès de voter de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran.
    • Il va exiger une renégociation de l’accord, sachant que l’Iran refusera.
    • Il fera, depuis là, pression sur la Russie pour que Poutine agisse vis-à-vis de l’Iran sur un mode semblable à celui qu’il a exigé de la Chine vis-à-vis de la Corée du Nord.
    • Il soutiendra les frappes israéliennes contre les installations militaires iranienne en Syrie, qui sont aux mains des “Gardiens de la Révolution”.
    • Il fera comprendre sans ambiguïté qu’il sera au côté d’Israël en cas d’attaque du Hezbollah, et Israël aura carte blanche pour annihiler le Hezbollah et frapper l’armée libanaise si une attaque du Hezbollah se produit.
    • Il reprendra en main le Golfe arabo-persique.
    • Il fera pression sur les pays européens pour qu’ils en reviennent eux-mêmes à un régime de sanctions envers l’Iran, et menacera sans doute les entreprises européennes commerçant avec l’Iran de sanctions américaines, sanctions qui deviendront effectives si les menaces sont insuffisantes.

Donald Trump, comme Binyamin Netanyahou, considère comme inadmissible et catastrophique géopolitiquement que l’Iran puisse disposer de l’arme nucléaire, et l’Iran ne disposera pas de l’arme nucléaire. La coopération nucléaire entre la Corée du Nord et l’Iran est interrompue grace à l’endiguement de la Corée du Nord désormais largement en place. L’endiguement de l’Iran s’enclenche.

C’est dans ce contexte que doit se lire l’accord passé entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas, et la façon dont Donald Trump entend régler le conflit “israélo-palestinien” et changer la situation régionale.

  • Donald Trump, par le biais du Taylor Force Act, qui devrait être bientôt voté par le Congrès, va couper les vivres à l’Autorité palestinienne, sauf si elle renonce au terrorisme. Celle-ci n’ayant pas l’intention de renoncer au terrorisme s’est rapprochée du Hamas, qui comptait sur un financement iranien: ce financement est maintenant en péril en raison des mesures que Donald Trump va prendre concernant l’Iran et en raison des pressions que, suite aux accords passés à Riyad il y a quelques semaines, l’Arabie Saoudite, l’Egypte et les autres émirats ont exercé sur le Qatar, qui servait de plaque tournante au financement iranien.
  • L’Autorité palestinienne et le Hamas ont dû accepter les conditions de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite: l’Autorité Palestinienne va reprendre le pouvoir politique à Gaza et s’est vu demander de modérer son discours, le Hamas s’est vu dire, lui, par le Président Sissi de manière directe, que s’il reprenait ses activités terroristes, il serait écrasé par l’armée égyptienne.

Binyamin Netanyahou peut dire que l’accord entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas ne facilitera pas l’avancée vers la paix: c’est ce qu’il vient de faire.

  • L’Autorité palestinienne et le Hamas ne reconnaîtront pas Israël en tant qu’Etat juif, et Donald Trump et Binyamin Netanyahou diront dans quelques mois que la paix n’est pas possible.
  • Le rapprochement entre Israël, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et les émirats enclenché avec les accords de Riyad se poursuivra: Egypte, Arabie Saoudite et émirats pourront dire que tout a été essayé pour la paix, et reléguer la question “palestinienne” à l’arrière plan.
  • L’endiguement de l’Autorité palestinienne et du Hamas est en bonne voie.
  • Le rapprochement entre Israël, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et les émirats, même s’il n’est qu’un rapprochement tactique, est en marche.

Je reviendrai dans un prochain article sur des dossiers moins urgents, mais d’une grande importance stratégique: l’administration Trump, entre autres, entend aussi endiguer la Chine au delà de ce qui concerne la Corée du Nord, et contenir la Russie en Europe centrale.

L’administration Trump doit gérer tous les dangers à la fois. Elle s’y prend pour l’heure avec une détermination et une subtilité qui doivent être soulignées.

La façon dont on traite de tout cela dans le monde francophone dénote une ignorance crasse ou une malhonnêteté absolument hideuse.

Le petit Macron qui se croit grand a prétendu donner une leçon de stratégie à Donald Trump voici peu, et s’est couché devant les mollahs, façon Daladier et Chamberlain, version Munich 1938. Après avoir embrassé l’antisémite Mahmoud Abbas à Paris voici peu, il veut aller à Téhéran embrasser un autre antisémite. Il incarne les positions européennes et reste prêt à se vendre quelles que soient les conséquences.

Heureusement que Donald Trump est à la Maison Blanche.

La révolution Trump ne fait que commencer sur la planète.

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