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Publié par Eduardo Mackenzie le 9 novembre 2017

Dans la perspective de l’élection présidentielle en mai 2018, les deux formes des FARC, l’armée et la politique, ont trois problèmes.

  1. Elles ont proclamé un candidat, alias Timoshenko, mais il génère une telle répugnance dans l’opinion publique, à cause de sa longue carrière criminelle impunie (il est condamné à 452 ans de prison, comme l’a révélé la sénatrice Thania Vega, sans avoir passé un seul jour en prison), qu’il ne pourra pas être un candidat, mais un anti-candidat. Pour le moment, ce «candidat » reste dans sa cachette à Cuba.
  2. Les FARC ne disposent pas d’un programme de gouvernement. Leur discours monotone demande l’impossible: la « mise en œuvre » du fatidique accord Santos-Farc, lequel a été rejeté par les Colombiens lors du plébiscite du 2 octobre 2016, sans qu’il y ait le moindre signe indiquant que ceux-ci aient « avalé » l’histoire selon laquelle le narco-communisme et son plan liberticide et antiéconomique seraient l’option la plus souhaitable.
  3. Les Colombiens veulent élire un nouveau chef d’État qui soit capable de mettre fin au chaos créé par le président Santos et qui soit capable de rétablir la souveraineté, la démocratie et l’État de droit que les Farc, Santos et les Cubains essaient d’abolir.

Timochenko va à l’encontre de tout cela. Il est un anti-candidat avec un agenda secret.

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Timochenko, le numéro un des FARC, représente l’organisation armée communiste qui a tenté de détruire la Colombie pendant plus de 50 ans. Timochenko se félicite des crimes commis par les chefs de cette organisation depuis sa fondation secrète, bien avant 1964. Il assume sans la moindre critique les actes de barbarie commis par Tirofijo, le chef « historique » des Farc, et par son état-major. Il applaudit la tactique léniniste de la « combinaison de toutes les formes de lutte» (de tous les types de crimes). Timochenko combat la démocratie et les libertés et garanties qu’elle offre à tous, en utilisant la violence. Il est convaincu que les montagnes d’atrocités des FARC ne sont pas des atrocités et que les reproches de la société pour ces crimes n’ont aucun sens. C’est pourquoi lui et ces complices ne demanderont pardon ni au pays ni, en particulier, à leurs victimes.

Timochenko personnifie les auteurs matériels et intellectuels de ces horreurs. La nation colombienne, qu’il déteste tant, est sa victime. Il n’a aucune autorité morale pour demander le vote des citoyens qu’il a martyrisés. Il ne sera pas un candidat, mais l’anti-candidat le plus grotesque de l’histoire du pays.

En août dernier, les FARC déclaraient qu’elles n’auraient pas un candidat, car elles soutiendraient le candidat «bourgeois» qui leur garantisse la «mise en œuvre totale » des pactes avec Santos. A l’époque, elles se considéraient comme une minorité capable, grâce à leur force d’intimidation dans les campagnes et grâce à leurs groupuscules et alliés secrets, de décider du vote présidentiel au second tour.

Aujourd’hui, elles lancent une ligne différente: la candidature de leur chef suprême (Imelda Daza, activiste du mouvement marxiste Voces de Paz, sera leur candidate à la vice-présidence) pour voir, au premier tour, et après les élections législatives, quelle est l’assise électorale réelle des Farc –parti et unités armées confondues– et de leurs organismes satellites. Le patron cubain doit mesurer la véritable force de son élève.

Ce changement de tactique reflète un certain pessimisme. Face aux difficultés pour faire approuver la « justice spéciale de paix » (JEP), et d’autres points-clés du pacte secret Santos-Farc, ils n’ont d’autre recours que de jouer le tout pour le tout, préambule d’une future rupture. Ils veulent imposer, à n’importe quel prix, l’élection d’un président de la République de continuité, même si les apparences d’élection libre sont cassées et ne tromperont ni Trump, ni l’OEA, ni l’Union européenne.

Ce changement de tactique est-il habile? Est-ce une erreur? Il peut être l’un ou l’autre. Tout dépend du comportement des Colombiens. Compte tenu de l’opacité de la direction des FARC, il est légitime d’examiner les variantes et les possibilités les plus logiques du nouveau scénario.

  • Il est probable que Timochenko ait obtenu des garanties pour faire une campagne avec des privilèges exorbitants. Il serait en mesure d’utiliser les immenses ressources financières illégales des FARC pour inonder le pays de mensonges et de discours incendiaires. Il est évident que l’avertissement récent du procureur général, Nestor Humberto Martinez, selon lequel « le nez du trafic de drogue recommence à apparaître dans certaines régions du pays pour prendre le contrôle de notre système politique », fait allusion au rôle que vont jouer les narco-capitaux des FARC dans la campagne électorale.

L’annonce de la candidature de Timochenko a déclenché une vague d’indignation dans les réseaux sociaux et dans la classe politique, à l’exception des noyaux les plus extrémistes et verts. Cela annonce-t-il un durcissement de l’opinion publique devant le poker menteur « pacifiste » des FARC ? Les universités et les collèges continueront-ils à être le laboratoire des propagandistes des FARC ? Les recteurs continueront-ils à autoriser que des gens ayant du sang sur les mains viennent intoxiquer les jeunes ? Il faut arrêter ces abus. Il y a quelques jours, enfin, une université a annulé une «conférence» de ce genre. Espérons qu’une telle attitude deviendra générale.

  • Sans la complicité du président Santos, la proclamation de la candidature de Timochenko n’aurait pas été possible. La Constitution colombienne interdit aux criminels de se présenter aux élections. Toutefois, Santos l’a ignoré et a dit depuis le Canada que chaque «ancien membre de la guérilla des FARC» peut faire de la politique. Il a désavoué la Constitution et a adopté la ligne tracée par les accords « de paix » malgré qu’ils n’aient pas le statut de Constitution. Son ministre de l’Intérieur, Guillermo Rivera, a amplifié le scandale en disant que Timochenko, pour être candidat, ne doit remplir qu’une seule condition: promettre qu’il se soumettra un jour à la justice et qu’il y dira «toute la vérité»…
  • Santos continuera à violer la Constitution et à mobiliser les ressources de l’État pour promouvoir la stratégie des FARC. Très impopulaire, ce président n’est pas en mesure de refuser quoi que ce soit aux FARC. Le prosélytisme agressif et démagogique de ceux-ci, avec des violents coups médiatiques et judiciaires de toutes sortes, destinés à semer la confusion dans l’opinion publique –comme le candidat Santos l’avait fait en 2014 contre son rival Oscar Ivan Zuluaga–, et à déstabiliser tout front unitaire du salut national, auront le soutien du régime. Les garanties accordées à Timochenko comprendraient, aussi, un ensemble de mesures visant à perturber le scrutin des votes et la proclamation des résultats. L’opposition ne devrait pas se faire d’illusions. Elle devrait se préparer au pire.

Santos et Timochenko savent qu’ils jouent avec le feu, que leurs manigances ont des limites. La colère populaire contre le gouvernement et contre les FARC est vaste et grandit partout. Les candidats et les activistes de l’arc démocratique le constatent tous les jours sur le terrain. Quelle sera l’étincelle qui mettra fin à la fausse accalmie actuelle qui cache une tentative pour voler aux Colombiens une élection présidentielle libre ?

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© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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