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Publié par Bernard Martoia le 10 novembre 2017

L’armistice de la onzième heure du onzième jour du onzième mois fut beaucoup plus confus que ne le suggéra le choix arbitraire de ce triptyque des négociateurs réunis secrètement dans le wagon 2419, affrété au maréchal Foch par la compagnie internationale des Wagons-Lits.

Après trois journées laborieuses de négociation avec la délégation allemande, conduite par Matthias Erzberger, l’armistice fut signé à 5h du matin dans la forêt de Compiègne.

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Comme il devait prendre effet à 11h, tous les postes de commandement furent informés à temps mais on continua à se battre jusqu’à la fin comme si de rien n’était.

Ainsi mourut à 10h59 le soldat américain Henry Gunther qui fut le dernier à donner sa vie au champ d’honneur. Son destin fut aussi absurde que le déclenchement de cette guerre civile européenne qui dégénéra en une gigantesque boucherie.

Les parents de Gunther étaient des Allemands qui émigrèrent à Baltimore. Comme il était d’origine allemande, il ne fut pas automatiquement incorporé lorsque les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Allemagne en avril 1917. Après qu’une commission d’enquête donna son aval, il intégra le 313ème régiment surnommé Baltimore’s Own en raison de la forte présence de recrues de cette ville du Maryland.

Quand son régiment débarqua en France, en juillet 1918, Gunther fut promu sergent et responsable de l’habillement de son unité. La recrue enthousiaste déchanta lorsqu’elle connut l’enfer des tranchées. Dans une lettre qui fut interceptée par la poste américaine, il invita un ami de son âge à tout faire pour éviter d’être recruté. Comme la censure américaine faisait son boulot, Gunther perdit ses deux galons.

Le 11 novembre 1918, le soldat Gunther s’aventura, avec sa compagnie A, aux abords du village de Chaumont-devant-Damvillers, au nord de la forêt de Verdun, qui était tenu par des soldats de l’armée impériale. Le sergent Powell donna l’ordre de s’arrêter aux abords. Alors qu’il ne restait plus qu’une minute avant l’armistice, Gunther se leva et chargea à la baïonnette. Les soldats allemands lui firent signe de s’arrêter mais il leur tira dessus. Alors qu’il n’était plus qu’à quelques mètres d’eux, il fut abattu par une rafale de mitrailleuse. L’écrivain James Cain – l’auteur du roman noir Le Facteur sonne toujours deux fois – était le correspondant de guerre du Baltimore Sun. Il interrogea les camarades de Gunther qui lui apprirent que leur ami avait été profondément affecté par sa dégradation et qu’il voulait absolument faire un baroud d’honneur pour laver cet affront. Il y parvint mais au prix de sa vie.

La mort du dernier soldat français sur le front ne fut pas héroïque mais dérisoire

L’estafette Augustin Trébuchon fut tuée par une balle à 10h45 quand elle portait un message à ses camarades qu’une soupe chaude leur serait servie après le cessez-le-feu de 11h. Sa 163ème division d’infanterie avait reçu l’ordre de traverser la Meuse à l’aube. C’était une idée de l’état-major pour forcer la main des quatre négociateurs allemands, enfermés dans le wagon-lit, qui hésitaient à signer l’armistice.

Logistique oblige, les unités françaises d’artillerie continuèrent à pilonner les positions allemandes parce qu’elles avaient reçu l’ordre d’utiliser toutes leurs munitions. Pour cette raison, on déplora 10,944 victimes dont 2,738 morts dans ce dernier jour de combat.

Quand le dernier coup de feu cessa à 11h sur tout le front de l’Ouest, il ne se passa pas grand-chose. Certes, il y eut quelques gestes de fraternisation, de part et d’autre des tranchées, mais un simple caporal britannique décrivit mieux que quiconque l’ambiance qui régnait sur le front. « Les Allemands sortirent de leurs tranchées, s’inclinèrent devant nous, et s’en allèrent. C’était tout. On n’avait rien pour célébrer, hormis des cookies. »

Peu de gens savent aussi que l’armistice fut trois fois prolongé ; d’abord le 13 décembre 1918, puis le 16 janvier 1919, et enfin le 16 février 1919. La paix ne fut ratifiée que le 10 janvier 1920 à 4h15, comme de coutume après un épuisant marathon lorsque les parties tombent de sommeil.

L’histoire rocambolesque du wagon-lit de la clairière de Rethondes

Après l’armistice, ce wagon-lit fut restitué à la Compagnie Internationale des Wagon-Lits. Mais après une courte période de service, il fut attaché au train présidentiel. Puis, il trôna dans la cour des Invalides jusqu’en novembre 1927. Le maréchal Foch et le général Weygand eurent alors l’idée de le renvoyer à la clairière de Rethondes qui devint ainsi la clairière de l’armistice.

Frankreichfeldzug, Compiegne, 21.6.1940

Le 21 juin 1940, le wagon-lit fut arraché du musée où il coulait des jours paisibles. Des soldats allemands creusèrent, à la hâte, une brèche dans la façade pour le sortir. Le lendemain, le chancelier Adolph Hitler rendit la monnaie aux Français quand le wagon-lit, couvert de drapeaux à croix gammée, reçut la reddition des quatre délégués français. Cette humiliation fut épargnée au maréchal Foch car il mourut en 1929.

Après cela, la clairière de l’armistice fut détruite, et le wagon-lit fut expédié à Berlin où il fut exhibé, comme un trophée, au Lustgarten.

Durant la bataille d’Allemagne en 1945, il fut acheminé, par précaution, à Ohrdurf car la capitale était souvent bombardée par des raids massifs de forteresses volantes. Alors qu’une division blindée américaine approchait d’Ohrdurf, un détachement de soldats SS assurant sa protection préféra le brûler que de le restituer aux Alliés. On en sauva quelques pièces qui furent exposées comme des reliques à Compiègne.

La clairière de l’armistice fut restaurée en 1950. On retrouva le wagon n° 2439, construit à l’identique dans la même année 1913. On peint sur lui le numéro 2419 pour coller à l’histoire.

L’armistice du front de l’Ouest fut le quatrième et dernier de la Grande Guerre

L’ethnocentrisme français ignore qu’il y en a eu quatre auparavant. A la demande du nouveau commandant en chef de l’armée russe Krilenko, l’empire allemand et la double-monarchie austro-hongroise acceptèrent rapidement cette offre pour reporter leurs troupes sur le front de l’Ouest menacé de rompre par l’arrivée des  premières troupes américaines. Il fut signé à Brest-Litovsk, le 15 décembre 1917, pour une durée de deux mois.

le lieutenant Walter Flex (1887-1917)

Le front de l’Est fut comparable à celui de l’Ouest. Le poète allemand Walter Flex s’engagea comme volontaire dès la déclaration de guerre. Affecté sur le front de l’Ouest en Lorraine, il fut ensuite envoyé sur celui de l’Est en mai 1915. Il relata son expérience unique des deux fronts dans son roman autobiographique Der Wanderer zwischen beiden Welten (le vagabond entre deux mondes)  Il était l’ami du lieutenant Ernst Wurche, un officier extrêmement courageux qui était toujours devant ses hommes au combat. Wurche mourut lors d’un accrochage avec les Russes en Galice. Son roman qu’il écrivit dans quelques moments de répit, mélange la poésie des marécages de Galice, du ciel et des oiseaux omniprésents après une accalmie des bombardements russes.

Contrairement au roman autobiographique Im Westen nicht Neues  (A l’Ouest rien de Nouveau) d’Erich  Maria Remarque – lequel ne participa que la dernière année au combat et qui relata son expérience du front de l’Ouest une dizaine d’années plus tard – celui de Flex laisse une plus forte impression pour deux raisons. Il est écrit dans le feu de l’action, et l’auteur affronte la certitude de la mort avec un mélange de résignation, de tristesse et d’amour effréné de la vie à travers quelques poèmes disséminés dans son œuvre.

Contrairement aux idées reçues, les troupes russes tinrent la dragée haute aux puissances centrales. Bénéficiant d’un territoire immense, elles avaient soigneusement établi des positions de repli qui étaient  bien défendues par un no man’s land de fils de barbelés, de tranchées défendues par des mitrailleuses et par une artillerie mouvante à l’arrière du front. A chaque percée du front, les Allemands essuyaient de terribles pertes lorsqu’ils avançaient à découvert. Le brave lieutenant Ernst Wurche mourut lors d’une de ces attaques allemandes.

Flex aurait pu échapper au carnage. En raison de sa gloire littéraire, il fut rappelé à Berlin où le haut-commandement lui offrit un contrat pour écrire un livre sur la guerre. Flex ne voulut pas abandonner les soldats de sa compagnie à leur sort. Il retourna rapidement sur le front de l’Est où il fut blessé lors d’un accrochage le 15 octobre 1917. Il mourut le lendemain dans un lazaret.

Le deuxième armistice fut signé à Thessalonique entre les Alliés et le royaume de Bulgarie. Il mit fin au conflit d’Orient le 28 septembre 1918.

Le troisième armistice fut signé à Moudros entre les Alliés et l’empire ottoman le 30 octobre 1918.

Enfin, le troisième armistice fut signé à Padou entre la double monarchie austro-hongroise et le royaume d’Italie le 3 novembre 1918.

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