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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 10 novembre 2017

Le géopoliticien et spécialiste du Moyen-Orient Albert Soued estime que le Moyen-Orient vient de vivre « une série d’événements qui vont changer le paysage politico-stratégique de la région ».

Tout en se demandant si le Prince héritier saoudien Mohamad Ibn Salman survivra à ce coup donné contre l’islam le plus pur, Albert Soued met en parallèle le fait que le sunnite Saad Hariri a démissionné du poste de Premier Ministre libanais en l’annonçant à Riyad, expliquant qu’il démissionnait suite à une conspiration Iran-Hezbollah visant à l’assassiner, et la purge massive menée par Mohamad Ibn Salman, âgé de 32 ans, limogeant des centaines de princes, d’anciens ministres et de généraux, les envoyant en prison pour corruption, purge allant jusqu’aux opposants les plus hauts-placés dans les sphères militaires, financières et politiques.

Mohamad Ibn Salman a  promis de détruire les idéologies extrémistes et de revenir à un Islam plus modéré

« Ainsi, explique encore Soued, le fils de l’ancien roi, le Prince Mitab bin Abdullah a été chassé de la Garde Nationale, qui est responsable de la préservation du trône et de ses puits de pétrole. Le prince Al-Walid Ben Talal multimilliardaire qui investit dans des projets internationaux géants, tels que Citigroup, 21st Century Fox, Apple et Twitter, a été aussi jeté en prison…

Par ailleurs, un hélicoptère transportant des responsables saoudiens s’est abîmé au sud du pays, à la frontière yéménite.

En procédant à une purge des princes les plus puissants du royaume, le Prince héritier fait un pari sur sa survie politique et celle de son programme ambitieux de réformes politiques. Il est confiant dans le fait que 70% des jeunes Saoudiens de moins de 30 ans sont derrière lui.

Ayant eu 3 longs entretiens avec Jared Kuchner, gendre du président américain Donald Trump, lors de son séjour à Ryad, le prince héritier cherche à faire entrer son pays dans la modernité et le 21ème siècle.

Il a déclaré :

« Nous faisons partie du G-20 et sommes l’une des plus puissantes économies du monde. Mettre l’Arabie Saoudite à sa juste place contribuera à provoquer les changements nécessaires dans la région – et c’est exactement ce que nous faisons en ce moment ».

Il a  promis de détruire les idéologies extrémistes et de revenir à un Islam plus modéré :

« Nous voulons mener des vies normales, vivre ce que notre religion et nos traditions traduisent en tolérance, de façon à ce que nous coexistions avec le monde et faisions partie du développement du monde » 

Albert Soued poursuit :

Les anti-missiles Patriot américains ont intercepté un missile Burkan 2H, tiré par les rebelles Houthi du Yémen, affiliés à l’Iran, et destiné à atteindre l’aéroport international de Ryad. Le missile d’une portée de 1000 km proviendrait de l’arsenal du Gardiens de la Révolution, en provenance d’Iran.

L’Arabie saoudite estime que le Liban lui a déclaré la guerre en raison de ce qu’elle considère comme des actes d’agression commis dans le royaume par le Hezbollah libanais, soutenu par l’Iran.

« Le gouvernement libanais sera traité comme un gouvernement qui a déclaré la guerre à l’Arabie saoudite», a affirmé le ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer al Sabhan.

Faisal J. Abbas, le rédacteur en chef d’Arab News, confirme l’analyse d’Albert Soued :

« Avec tout le respect dû aux experts, ils ont analysé l’Arabie Saoudite dans les décennies précédentes de manière trop superficielle », écrivait-il mardi. » Nous devons comprendre que le temps où les choses prenaient trop de temps à changer – quand elles changeaient – est définitivement derrière nous.

Ce qui est intéressant, c’est que grâce aux réformes ambitieuses mises en œuvre … nous vivons enfin dans un pays où tout peut arriver. »

Sur Blomberg, Zev Chafets explique :

« Muhammed, connu sous le nom de MBS, a 32 ans. Il ressemble à un prince arabe et il parle comme un progressiste. Il dit vouloir libéraliser et moderniser sa société sclérosée, élargir les droits civils des femmes, réduire le pouvoir économique de l’industrie des combustibles fossiles saoudiens et libérer le pays de l’emprise du club des cousins ​​royaux, qui compte 5 000 membres et qui a asséché le pays pendant des générations. »

« Non seulement cela, ajoute Chafets, le prince promet également de transformer l’islam saoudien en une religion plus tolérante qui ne finance pas les mosquées extrémistes en Occident ni ne souscrit aux djihadistes au Moyen-Orient.

N’est-ce pas le leader arabe que nous attendions ?

Pourtant, jusqu’à présent, il ne semble pas y avoir beaucoup d’enthousiasme dans les capitales mondiales.

À l’exception du président américain Donald Trump, qui a tweeté son soutien, les événements de Riyad ont suscité un silence presque total.

Salman est soit inconscient, soit il se pense très bien protégé, soit …

Le jeune prince s’est fait des ennemis puissants.

  • L’aristocratie saoudienne, les milliardaires saoudiens, et leurs partenaires commerciaux étrangers, qui finiront par chercher vengeance.
  • Il a enfermé des hauts dignitaires religieux.
  • La famille Saoud a historiquement tiré son statut de Protecteur de La Mecque de son alliance avec la secte ultra-conservatrice wahhabite de l’Islam. Le royaume est plein de jeunes disciples qui ne prendront pas avec bonté le silence de leurs prédicateurs djihadistes.
  • Le prince fait également face à une menace de l’Iran. Cette semaine, le président Hassan Rouhani a averti qu’une alliance saoudienne avec les États-Unis et le «régime sioniste» d’Israël serait une «erreur stratégique». Puisque les États-Unis sont alliés aux Saoudiens depuis des décennies, cela semblait être un avertissement redondant.

Ce n’était pas le cas.

L’ajout de « sionistes » à l’équation en faisait une menace de mort.

La collaboration ouverte avec Israël par un chef arabe est une menace pour sa vie

  • Au début des années 1950, le roi Abdallah I de Jordanie a été assassiné à Jérusalem pour avoir prétendument parlé de paix.
  • En 1981, après avoir signé l’accord avec Israël, Sadate a été abattu par des extrémistes islamiques lors d’un défilé militaire au Caire.
  • L’année suivante, Bashir Gemayel, le président élu du Liban, a été victime d’un attentat à Beyrouth, vraisemblablement par des agents syriens. Gemayel venait d’une famille aristocratique qui s’est alliée publiquement avec Israël.
  • Le prince héritier saoudien est trop jeune pour se souvenir de Gemayel, mais Saad Hariri – qui a démissionné de son poste de Premier ministre libanais ce week-end et se cache actuellement en Arabie saoudite (ou dans un Etat du Golfe voisin) des assassins du Hezbollah – peut lui expliquer ce qui arrive aux dirigeants arabes qui sont accusés de philo-sémitisme.

Cela explique, au passage, le silence d’Israël sur les manœuvres de MBS.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, évidemment, se réjouit de l’émergence d’un nouveau leader arabe qui partage son point de vue sur l’Iran. Donc la dernière chose que Bibi souhaite est qu’il se fasse abattre.

Soyons optimistes.

Supposons que le prince Mohammed survive aux tueurs à gages iraniens, à la colère de ses cousins ​​et à l’opposition féroce des clercs djihadistes. Supposons qu’il monte sur le trône et mette en œuvre ses réformes internes.

Accorder aux femmes l’égalité des droits civils, permettre l’ouverture des théâtres et des cinémas, fermer les mosquées les plus extrémistes, diversifier l’économie – c’est, comme l’écrit Faisal J. Abbas, une perspective passionnante.

Mais il reste deux questions en suspens : cette perspective passionnante de moderniser et modérer l’islam vaut-elle le déclenchement d’une guerre régionale aux issues incertaines avec l’Iran ?

MBS veut-il diriger une coalition arabe sunnite contre Téhéran et mettre fin à son agression mondiale ?

Objectif louable, mais irréaliste sans l’aide d’Israël et des Etats-Unis : le prince héritier est le commandant en chef de l’armée et il sait fort bien que son armée est une force de combat de troisième zone, qui a été incapable de vaincre même les milices Houthi au Yémen. De plus, la force de frappe la plus impressionnante du royaume est la garde nationale, dont le rôle principal est de protéger la famille royale. Salman n’a pas de marge de manœuvre et il le sait

L’Iran en revanche…

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