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Publié par Salem Ben Ammar le 20 novembre 2017

Tariq Ramadan n’entretient pas qu’une simple filiation biologique avec le fondateur de l’organisation terroriste des Frères musulmans Hassan al-Banna, il se veut surtout le digne dépositaire de sa pensée nauséabonde.

«J’ai étudié en profondeur la pensée de Hassan al-Banna et je ne renie rien de ma filiation. Sa relation à Dieu, sa spiritualité, son mysticisme, sa personnalité en même temps que sa pensée critique sur le droit, la politique, la société et le pluralisme restent des références pour moi, de cœur et d’intelligence.(…) Son engagement aussi continue de susciter mon respect et mon admiration.» (Alain Gresh et Tariq Ramadan, L’Islam en questions, Sindbab, 2002, pp. 33-34).

Des propos qui se suffisent à eux-mêmes quant à son véritable marqueur idéologique. Il ne s’en cache pas et le proclame à tout va :

«Je réclame cet héritage, car si aujourd’hui je suis un penseur, c’est parce que cet héritage m’a inspiré».

Pour une fois qu’il a le courage de ses opinions et ne cherche pas à flouer son auditoire…

Mais qu’en pensent les Edwy Plenel et les Edgar Morin ses portes-crachoir de service et thuriféraires en Occident ?

Ils ne peuvent dire non plus ignorer les relations suivies de cet aïeul allié aux nazis, et tant vénéré par cet inpidu bidouilleur de CV. Amin al-Husseini dès 1927, juste un an avant la création de la confrérie des Frères musulmans, déclare :

« Quand le mufti de Jérusalem, poursuivi comme un criminel de guerre, parvient à se réfugier en Égypte en 1946, Hassan al-Banna l’accueille, chantant très haut ses louanges : « La valeur du mufti est égale à celle d’une nation entière. […] Ce héros, oui, ce héros qui a défié un empire et combattu le sionisme avec l’aide d’Hitler et de l’Allemagne. L’Allemagne et Hitler ne sont plus, mais Amin al-Husseini poursuivra le combat. »

Un combat dans lequel son grand-père se reconnaît pleinement et qui s’est toujours enorgueilli de son admiration quasi-religieuse pour Adolphe Hitler :

« Quand Hitler est arrivé au pouvoir dans les années 1930, il a pris contact avec al Banna. Banna était aussi un admirateur fervent d’Hitler. Les lettres de Banna à Hitler étaient tellement favorables que lui et d’autres membres de la confrérie, ont été recrutés par les nazis et les renseignements militaires pour fournir des informations pour saper la domination britannique en Egypte. La fraternité Banna a également collaboré avec le mouvement ouvertement fasciste » – extrait de Jeune Egypte, fondé en octobre 1933 par l’avocat Ahmed Hussein, dont le modèle est directement inspiré par Hitler, avec des paramilitaires en chemises vertes, singeant les Chemises Brunes nazies, avec le salut nazi et des traductions littérales des slogans nazis.

(Source : secretebase.free.fr/Muslim-Brotherhood)

Il n’est pas exagéré de penser que Tariq Ramadan ne caresse pas l’espoir d’accomplir l’œuvre immonde de son grand-père, dévoré par des ambitions impériales et des pulsions suprémacistes et messianiques : « Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, eh bien la foi musulmane s’impose à chaque musulman ayant la capacité de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique ». (Caroline Fourest cite cet Épître dans son « Frère Tariq » [Paris, Grasset, 2004, p. 56])

Le « Frère » Tariq, auteur d’une thèse hagiographique et apologiste rejetée par le jury de l’université de Fribourg pour parti pris et indigence scientifique, devrait savoir mieux que quiconque que la Charte des Frères musulmans rédigée en 1936 par son sinistre aïeul obsédé par le rétablissement du Califat musulman, une sorte de Reich islamique, ne jurait que par la Charia et le djihad contre les mécréants. Qu’il voulait substituer à l’amour de la vie l’amour de la Charia, et faire de l’islam foi et loi pour l’humanité toute entière, un véritable danger pour le pluralisme religieux et politique, le vivre ensemble, les libertés élémentaires, les droits fondamentaux et la sécurité et la paix dans le monde. (Source atlantico.fr).

Plutôt que de rejeter le lourd héritage nazi de ce grand-père innommable, Ramadan joue au défenseur et propagateur de sa pensée, il est son avocat inconditionnel.

C’est à ce titre qu’il est autant condamnable que son aïeul, quand bien même il n’a jamais lui-même professé ouvertement ses penchants pour le nazisme. C’est cette ambivalence intellectuelle qui sème forcément le trouble dans la perception de ses rapports avec l’idéologie nazie dont était imprégnée son grand-père.

Ramadan n’est pas responsable des choix criminels de son grand-père, mais quelles conclusions peut-on tirer de sa grande proximité intellectuelle avec son aïeul ? Quand on entretient soi-même l’ambiguïté, on ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs.

Tariq Ramadan a l’art de dire ce qu’il ne pense pas, et penser ce qu’il ne dit jamais.

Il a beau condamner les attentats contre Charlie Hebdo, aucun crédit ne peut lui être accordé pour cela. Un homme qui n’a jamais condamné explicitement les attentats terroristes perpétrés par ses coreligionnaires, dont il fait porter la responsabilité à l’Occident et au « sionisme », peut difficilement faire croire que sa vénération de son grand-père ne signifie en rien une adhésion à son mode de pensée politique.

Tel grand-père tel petit-fils ? Il n’y a que lui et lui seul qui peut répondre, et il ne le fera pas.

À ce jour, il laisse la porte ouverte à toutes les supputations sur la véritable nature de son idéal politique, influencé et façonné par son mentor philonazi Youssef al-Qaradhaoui, l’un des deux fers de lance de la propagande islamiste à la solde du Qatar.

Cet héritage ne fait pas honneur à l’héritier, et ne saurait lui permettre d’échapper au verdict sévère du Tribunal de l’histoire.

Comment ce caméléon peut-il être dans le rejet du nazisme tout en étant laudateur invétéré de son grand-père ?

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