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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 3 décembre 2017
Le visage de la haine absolue

L’invitation d’une femme raciste et antisémite, Houria Bouteldja, à l’université de Limoges, le 24 novembre, a déclenché de nombreuses protestations.

Pour défendre son action, le président de l’université – qui a décidé, face aux protestations, d’annuler l’événement – a expliqué que :

« Les séminaires de recherche doivent être l’occasion de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées aujourd’hui présentes dans notre société et, si elles sont contraires à nos valeurs, c’est aussi l’occasion de les combattre, mieux que par la censure ».

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Dans Le Monde, le sociologue Alain Policar et l’historien Emmanuel Debono se posent ainsi la question : fallait-il censurer Bouteldja ?

« Discuter de tout est une chose », avancent les auteurs de l’article qui dénonce la banalisation de l’antisémitisme, mais « la question est de savoir avec qui et dans quel but ».

Ils ajoutent :

  • Quand approfondit-on la recherche et la visée de connaissance ?
  • A partir de quand bascule-t-on dans l’idéologie et la propagande ?
  • Peut-on suggérer, pour une prochaine rencontre, un débat entre un représentant du créationnisme et un théoricien de l’évolution ?
  • Ou entre un négationniste et un historien de la Shoah ?

« L’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme » disent encore Policar et Debono, qui dénoncent un brouillage des pistes, qui fait qu’on « ne sait-on plus vraiment si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des « opinions » ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom de la loi et des principes de la démocratie. »

Ce que les auteurs énoncent ici n’est selon moi rien d’autre que le rejet culturel français de la liberté d’expression. Ou son incompréhension, d’où le recours immédiat à la menace de la loi.

Jamais je n’aurais imaginé me trouver à approuver les arguments d’un président d’université qui défend sa décision d’inviter une Bouteldja dont la haine, le racisme et l’antisémitisme ne m’inspirent rien d’autre que du dégoût. Et pourtant, je ne vois pas comment rester intellectuellement honnête et ne pas le soutenir. Il a raison de dire qu’on ne combat pas les idées en les censurant mais en les exposant au débat.

Policar et Debono ne comprennent pas ce qu’est la liberté d’expression. C’est pourquoi ils la défendent si mal. La liberté d’expression n’est pas destinée à permettre l’expression des idées sur lesquelles existe un consensus. Elle ne protège pas ce sur quoi tout le monde est d’accord. Elle n’est pas là pour permettre aux opinions légitimes bien qu’opposées de s’exprimer, non.

La fonction de la liberté d’expression est de permettre d’exprimer les idées à la frange, celles qu’on n’aime pas entendre, la propagande, l’idéologie, parce que l’Histoire et le présent sont témoins que lorsque l’Autorité – ou le tribunal médiatique tout puissant – s’arme du droit de définir ce qu’il est autorisé de dire et ce qui est interdit, la dictature est au coin de la rue prête à broyer les individus qu’elle cible.

Ce que Policar et Debono ont totalement loupé dans leur argumentaire, et que le président de l’université a probablement hypocritement caché, c’est que la France vit sous le syndrome d’Hitler : « un quart d’heure de parole pour les juifs, un quart d’heure pour les nazis ».

Ce que Policar et Debono ont totalement loupé, et qu’Alain Célérier le président de l’université, a caché, est le fait que les pro-israéliens ne sont pas invités par l’université pour « discuter sans préjugés ». Les vrais économistes libéraux (il en reste une poignée) sont largement interdits de séminaires dans les universités. Les grands penseurs de droite également.

Ce que Policar et Debono ont escamoté, et qu’Alain Célérier a caché, est que l’université est fortement politisée, fortement à gauche, cette gauche totalitaire qui a pour principe rigide et non négociable le refus absolu de la liberté d’expression des idées qui lui déplaisent.

Il en va de même, en France, pour les éditeurs, dont la règle non écrite est de refuser les auteurs dissidents qui défendent des thèses qui sont combattues par la gauche : soutenir le président Trump, dénoncer les racines islamiques du terrorisme, exposer l’impérialisme de conquête de l’islam, évoquer les crimes du communisme…

De même pour les médias, dont la pensée est à gauche, et qui ont de la neutralité d’opinion un dédaigneux mépris.

Et pour les 35 928 journalistes français, qui voilà peu faisaient une chasse aux sorcières effrénée pour faire taire 4 journalistes en vue parce qu’ils ne sont pas de gauche. Que quatre journalistes, ce soit encore de trop pour ces militants possesseurs d’une carte de presse résume selon moi parfaitement l’état d’esprit de la profession et plus largement de l’esprit de la gauche lorsque le pouvoir lui échoit, et cela porte un nom : la pensée totalitaire.

C’est au nom de cette pensée totalitaire qu’Houria Bouteldja est invitée par une université, mais ni les défenseurs d’Israël, ni ceux qui dénoncent l’esclavage et le racisme anti-noir dans le monde musulman ne sont jamais entendus. Voilà comment le président de l’université de Limoges conçoit « de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées ».

  • Globalement, en France, « l’hostilité déclarée aux juifs constitue, entre autres, des marqueurs d’une identité musulmane en devenir » conclut l’étude du Fondapol réalisée en mai 2017 et intitulée « les juifs vus par les musulmans » (Fondapol.org).
  • En novembre 2014, l’enquête de Fondapol sur l’antisémitisme constatait que « 83% des musulmans ont au moins un préjugé contre les juifs » – 8 musulmans sur 10 ! (dreuz.info)

Et c’est précisément le contexte que tant les auteurs du Monde que le président de l’université font mine d’ignorer dans leurs raisonnements.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/30/a-l-universite-attention-a-ne-pas-banaliser-la-judeophobie_5222572_3232.html

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