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Publié par Dreuz Info le 4 décembre 2017

Reporters sans frontières (RSF) condamne les tentatives du système judiciaire iranien et des services de renseignement d’influencer les sections en langue persane des médias en faisant pression sur les journalistes iraniens basés à l’étranger et sur leurs familles toujours en Iran.

Comment les services de renseignement iraniens font-ils pression sur les journalistes iraniens qui travaillent à l’étranger ? Francesca Unsworth, directrice de BBC World Service, a fait la lumière là-dessus lorsqu’elle a rapporté le 15 août que les actifs de plus de 150 employés, anciens employés et collaborateurs persans de la BBC, ont été bloqués en Iran, les empêchant d’effectuer des transactions financières.

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C’est l’une des nombreuses méthodes utilisées par les autorités iraniennes depuis la Révolution islamique de 1979.

Cependant, en raison d’une politique étrangère aux apparences plus conciliantes et la complicité des médias qui le présentent comme un « modéré », depuis que Hassan Rouhani est devenu président en 2013, le régime a limité l’utilisation du harcèlement direct en faveur des menaces plus subtiles.

  • De nos jours, les familles des journalistes basés à l’étranger sont convoquées «poliment» à des entretiens avec des responsables du renseignement, mais le message est toujours le même: les journalistes doivent «cesser de collaborer avec les médias ennemis» sans délai.
  • Au cours de l’année écoulée, RSF a eu connaissance de dix familles de journalistes convoquées à de telles entretiens, généralement avec des agents du ministère des renseignements.
  • Au total, au moins 50 journalistes basés à l’étranger ont été menacés d’une manière ou d’une autre au cours de la même période.
  • Au moins 16 d’entre eux ont reçu des menaces de mort de la part du régime modéré.

Ce ne sont pas seulement les employés de BBC Persian qui sont ciblés.

Tous les médias internationaux ayant des services en persan sont concernés, quel que soit le pays dans lequel les médias sont basés.

  • Les journalistes de Radio Farda (la section en langue persane de Radio Free Europe),
  • des chaînes publiques comme Voice of America, Deutsche Welle et Radio France International, et
  • des chaînes privées comme Manoto TV et Radio Zamaneh ont également été menacées par les services de renseignement ou le système judiciaire de l’Iran.

La pression est suffisamment intimidante pour que la plupart des journalistes et représentants des médias contactés par RSF ont demandé à ne pas être identifiés. Quelques-uns cependant ont accepté d’être nommés.

Intimidation et menaces de mort

Le directeur de Radio Farda, Arman Mostofi, a déclaré que quatre des journalistes de sa station ont été la cible d’une dizaine de menaces de mort, toutes anonymes.

«Ces menaces ne sont évidemment pas signées», a déclaré Mostofi. «Ils prennent parfois la forme d’un commentaire sous un article. Le journaliste peut ensuite être contacté d’une autre manière mais c’est exactement le même message qui sera transmis. Parfois, le message contient des informations que seuls les membres des services de renseignement peuvent connaître.»

Les menaces sont souvent explicites.

Fahimeh Khezr Heidari, la présentatrice d’un programme de Radio Farda appelé Taboo, qui a des «histoires drôles et des blagues ethniques», reçoit souvent des menaces visant à l’amener à arrêter le programme. À la mi-février, elle a trouvé le message suivant dans la section des commentaires :

«Mme. Khezr Heidari, lundi sera un jour horrible pour un membre de votre famille parce que vous n’avez pas pris notre dernier avertissement au sérieux. Merci, ma sœur corrompue.»

Le rédacteur en chef de Radio Zamaneh, Mohammadreza Nikfar, a déclaré que la plupart de ses journalistes sont souvent la cible de tentatives d’hameçonnage, dans lesquelles les gens pourraient être amenés à laisser les autres s’emparer de leur identité en ligne. Mais il a également donné des exemples d’autres formes de harcèlement :

«La famille de l’un de nos journalistes a été convoquée par des agents du ministère des renseignements», a-t-il dit. «Après avoir montré des articles qui avaient été publiés sur notre site, ils ont dit: ‘Dites-lui d’arrêter de collaborer avec Radio Zamaneh.’

Un autre journaliste, un ancien prisonnier politique, a été menacé à plusieurs reprises par téléphone. Ils lui disent que sa famille en subira les conséquences s’il ne retourne pas en Iran.»

Depuis 2012, au moins cinq journalistes ont été arrêtés après leur retour en Iran et ont été condamnés à des peines allant de trois à douze ans de prison.

La pression est clairement réelle mais il est difficile d’évaluer son efficacité et son impact sur l’attitude des journalistes concernés et leurs reportages. Mais il a un impact, selon un ancien journaliste de la section en langue persane d’un média international, qui a demandé à ne pas être identifié.

«Quand ton père appelle et un agent du ministère des renseignements prend le téléphone et dit, ‘ton père est là et nous parlons de toi’, tu sais que ta famille est harcelée et risque d’être arrêtée, comment peux-tu écrire librement ?», a-t-il demandé. «Après que des membres de ma famille avaient été convoqués pour un interrogatoire, je ne pouvais plus travailler comme avant.»

Mostofi de Radio Farda, insiste sur le fait que la raison d’être de la station est de «ne pas céder à la pression et de résister à l’autocensure». Il a dit qu’il avertit les journalistes des menaces auxquelles ils sont confrontés et leur dit qu’ils ne doivent pas continuer. «Mais 99% du temps, les journalistes sont déterminés et décident de continuer leur travail.»

Une journaliste de Manoto TV, une station privée basée à Londres et très populaire en Iran, a déclaré qu’elle recevait constamment des menaces. Elle a dit que jusqu’ici cette année elle a reçu une menace de mort et que sa famille en Iran a été convoquée à deux reprises pour être interrogée.

Les familles : un point de pression efficace

Le harcèlement des familles est une menace constante, même si elle évolue, comme l’a expliqué le rédacteur en chef d’une section en langue persane des médias internationaux.

«La pression sur les familles a diminué cette année à Téhéran mais a augmenté dans les provinces», a-t-il déclaré. «La seule différence est que les entretiens sont maintenant plus courtois. Les agents s’adressent poliment aux familles. Mais même s’ils sont courtois, ils représentent toujours une menace.»

Même lorsqu’ils n’ont pas le statut de réfugié, la plupart des journalistes vivant à l’étranger risquent d’être poursuivis pour «collaboration avec les médias ennemis» ou espionnage et condamnés à une longue peine d’emprisonnement qui les empêche de retourner en Iran.

Les conjoints rencontrent souvent des problèmes lorsqu’ils visitent l’Iran. Beaucoup ont vu leur passeport confisqué à l’arrivée et, pour les récupérer, ils ont dû se rendre au ministère des Renseignements, où ils sont généralement interrogés sur le travail de leur partenaire, leur relation et parfois leur vie privée.

Les parents qui veulent visiter leur progéniture à l’étranger ont des difficultés similaires. Lorsqu’ils obtiennent la permission de voyager, ils sont soumis à de longs interrogatoires à leur retour.

«En restant avec moi, un membre de ma famille a été chargé de prendre des photos de ma maison, de ma rue et, si possible, de mon lieu de travail et de mes collègues», a déclaré un journaliste iranien basé à Londres.

Un autre a déclaré:

«J’ai dû arrêter d’écrire sous mon vrai nom depuis que ma femme a été arrêtée lors d’un voyage en Iran.»

Coupés des sources domestiques

Le régime harcèle également les sources en Iran qui sont utilisées par les médias internationaux, de sorte qu’on leur refuse l’accès à l’information.

  • De telles sources incluent Mehdi Khazali, le rédacteur en chef du blog Baran, qui a été arrêté par des agents en civil à Téhéran le 12 août.
  • Le 28 août, le procureur de Téhéran, Abass Jafari Dolatabadi, a annoncé: «Mehdi Khazali, en utilisant une femme comme intermédiaire, a envoyé de fausses informations sur le gouvernement à des sites web contre-révolutionnaires basés à l’étranger et à la VOA».

Ces derniers mois, Khazali avait ouvertement critiqué le chef de l’autorité judiciaire, Sadegh Amoli Larijani, dans des interviews pour VOA et DorTV. Sa famille a déclaré qu’il avait entamé une grève de la faim le premier jour de sa détention. En 2011, il a été condamné à une peine de prison de 14 ans.

  • Amadnews, un site internet qui publie souvent des informations confidentielles sur la corruption impliquant des responsables gouvernementaux, est devenu l’une des principales cibles des attaques et des menaces du gouvernement ces deux dernières années.
  • Le fondateur du site, Roholah Zam, le fils d’un responsable réformiste, vit actuellement en France mais sa famille en Iran a été soumise à la persécution la plus effroyable. Deux de ses soeurs et son beau-frère ont été détenus pendant quatre mois l’année dernière, et son plus jeune frère, Mohamad Milad Zam, a été arrêté chez lui le 26 août et emmené dans un lieu inconnu.
  • Le rédacteur en chef d’Amadnews, Sam Mahmoudi Sarabi, et certains contributeurs du site ont été menacés à plusieurs reprises fin août. Un simple tweet annonçant une histoire sur le guide suprême Ali Khamenei a récemment suscité des menaces de mort contre lui.
  • Au cours des six derniers mois, dix journalistes ont été arrêtés en Iran par le service de renseignement du système judiciaire pour avoir prétendument collaboré avec le site.

L’Iran est classé 165e sur 180 pays dans l’indice mondial de la liberté de la presse 2017 de RSF.

Voilà une des différences de l’Iran, Etat sponsor du terrorisme, avec les sociétés ouvertes où vivent les Européens, lesquels ne sont que très vaguement informés de ce qui s’y passe.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction © Marina Linardi pour Dreuz.info.

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