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Publié par Guy Millière le 14 décembre 2017

La presse française exulte. Trump aurait connu une “défaite personnelle” en Alabama. Comme d’habitude, la presse française prend ses sources dans le New York Times et le Washington Post, donc dans les poubelles de la gauche démocrate américaine, et confond ses désirs pervers avec la réalité.

Ce qui est exact est que le candidat républicain, Roy Moore, a perdu une élection qui aurait dû être gagnée par les Républicains, dans un Etat où les Républicains obtiennent en général soixante à soixante-dix pour cent des voix.

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Ce qui est exact est que Roy Moore n’était pas le candidat choisi par Donald Trump, mais tout juste le candidat restant. L’establishment républicain a soutenu un autre candidat pendant les élections primaires, Luther Strange, ancien attorney général d’Alabama, choisi par l’appareil contre la base, qui voulait d’un autre candidat, Mo Brooks. Cet autre candidat, Mo Brooks, aurait sans doute gagné aisément. Steve Bannon, après que l’establishment républicain ait évincé Mo Brooks a décidé de soutenir un candidat “anti establishment” contre Luther Strange, Roy Moore, et ce candidat a gagné les élections primaires.

Roy Moore, ancien Chef Justice de la Cour suprême d’Alabama, n’a pas mené une excellente campagne.

Il a surtout été la proie d’accusations de harcèlement sexuel infondées, et de distorsions graves de ses propos. Il a été l’objet d’une campagne médiatique de démolition infecte. Il a été insulté et décrit comme un candidat inacceptable par l’establishment républicain qui a déclaré explicitement qu’il ne serait pas accepté par les Républicains au Sénat et serait traité par eux comme un paria.

Ses chances d’être élu se sont, dans ces conditions, évaporées peu à peu. Donald Trump a tenté de sauver un siège républicain en demandant aux gens d’Alabama de voter, malgré tout, pour Roy Moore, faute d’autre choix. Il a demandé que les gens d’Alabama votent contre l’adversaire de Roy Moore bien davantage que pour Roy Moore, discernant que les chances de Roy Moore étaient minces.

Ce n’est pas une défaite pour Donald Trump, mais le résultat des manœuvres de l’establishment républicain, qui semble prêt à se saborder et à saborder le parti plutôt que d’accepter un candidat qui n’a pas été choisi par lui, quitte à laisser le pouvoir aux démocrates, ce qui est consternant et inquiétant.

C’est une défaite pour le mouvement d’insurrection contre l’establishment républicain lancé par Steve Bannon, et cela met en cause la possibilité de déstabiliser l’establishment républicain et de changer le parti pour en refaire un parti effectivement conservateur, digne de l’héritage de Ronald Reagan : ce qui est tout aussi consternant et inquiétant. Steve Bannon semble désormais hors jeu.

C’est une victoire pour la gauche démocrate, qui peut constater que le recours à la diffamation et aux pires salissures est à même d’être une stratégie gagnante contre un candidat qui a le cuir moins solide que Donald Trump. On peut s’attendre d’ailleurs à ce que des allégations mensongères et des accusations de harcèlement sexuel contre Trump deviennent une arme de rechange dans la campagne anti-Trump dès lors que le dossier de “collusion” avec la Russie apparaît de plus en plus comme étant ce qu’il est depuis le départ : une monstrueuse opération de calomnie de type totalitaire. La gauche dans l’ensemble du monde occidental ne semble plus capable de gagner les élections qu’en occultant son programme et en déversant des torrents d’ordures sur ses adversaires politiques. Que cela puisse fonctionner (cela a fonctionné en Alabama) est un danger grave pour la démocratie.

Dès lors que c’est une victoire pour la gauche démocrate, c’est une victoire pour les infects organes de propagande que sont devenus le New York Times, le Washington Post, CNN, MSNBC.

C’est une victoire pour l’establishment républicain, dont on peut penser qu’il fera tout pour perdre les élections de mi-mandat, aussi absurde et inepte que cela puisse paraître.

Le candidat démocrate élu, Doug Jones, ancien US Attorney, appartient à la gauche de la gauche démocrate. Il a des positions extrêmes en diverses matières, et défend, entre autres, les avortements jusqu’au huitième mois de grossesse, qui sont à mes yeux des infanticides. Le parti démocrate a versé dans ses caisses de campagne des sommes énormes pour faire de cette élection, locale, une forme de test national.

Quasiment sans soutien du parti républicain, sans grands moyens financiers, calomnie et sali de toutes parts, Roy Moore n’avait quasiment aucune chance. Le deuxième sénateur d’Alabama, un membre de l’establishment, Richard Shelby, a été jusqu’à pousser les électeurs qui ne voulaient pas voter Doug Jones à mettre dans l’urne des bulletins au nom de n’importe qui, mais pas Roy Moore. Vingt-deux mille électeurs ont suivi ce conseil. Il a manqué environ dix mille voix à Roy Moore. Richard Shelby a donné la victoire à Doug Jones.

Il faut souhaiter que Donald Trump puisse déjouer les manœuvres de ce type avant les élections de novembre 2018.

Avoir contre lui l’establishment républicain, le parti démocrate, quatre-vingts pour cent des médias américains et, en supplément, les médias conservateurs qui soutiennent l’establishment républicain, tels la National Review et le Weekly Standard crée une situation âpre et complexe pour Donald Trump, mais c’est un combattant.

Il a gagné en ayant tout cela contre lui en novembre 2016. Il a les moyens de gagner encore. 

Les torrents d’ordures et l’usage des accusations de harcèlement sexuel contre tout ennemi de l’establishment républicain et du parti démocrate vont redoubler d’intensité. Accuser quelqu’un de harcèlement sexuel il y a dix, vingt, trente ou quarante ans, sans la moindre preuve, ou avec de fausses preuves, est une arme, semble-t-il infaillible.

Voir la gauche américaine utiliser cette arme alors qu’elle a eu longtemps pour figure tutélaire un violeur récidiviste appelé Bill Clinton pourrait prêter à sourire si ce n’était sordide et lamentable.

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© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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