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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 31 décembre 2017


Les Iraniens sont spontanément descendus dans la rue pour le 4e jour. C’est la plus grande manifestation de célébration des soulèvements de 2009. La grogne populaire contre les dictateurs islamistes est à son comble, stimulée par le soutien du président Trump qui manquait en 2009. Et selon les différents témoignages, elle n’est orchestrée par aucun groupe politique.

Les travailleurs iraniens réclament de meilleurs salaires et des réformes sociales. La population en général demande plus de libertés, proteste contre la corruption, la hausse des prix, et, ce qui est le plus surprenant, voire le plus important et sans doute le moins relevé dans les médias, contre la politique étrangère du régime islamique.

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Les manifestations, qui ont commencé sur des bases économiques, ont pris très rapidement un tournant politique. Des slogans demandent la démission du leader suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, et la fin du soutien du gouvernement au terrorisme à Gaza, en Syrie, au Yémen et au Liban.

La Force Al-Quds (QF), qui est l’unité la plus secrète du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne, est chargée de l’exportation dans le monde entier de la révolution islamique et du fondamentalisme du régime iranien. Au fil des ans, la QF a été dotée de moyens financiers prodigieux et a perfectionné l’art du terrorisme, une tactique qu’elle a introduite dans le monde dans les années 1980, qui a ensuite été adoptée par Al-Qaïda au milieu des années 1990 pour mener des «opérations martyres».

Le fait que ce soit contre cette force que les manifestations aient dirigé leur rage est particulièrement significatif et largement sous-estimé par les médias occidentaux. Dans une vidéo, on peut voir les manifestants détruire l’image du leader de la force Al-Quds, Qassem Suleimani, qui est responsable d’étendre l’implication de l’Iran dans les guerres régionales, notamment en Syrie.

Terrorisme et activités subversives d’Al-Quds (QF)

La gestion d’un réseau de milliers d’agents permet à QF de mener des attaques terroristes à travers le monde. Outre son implication dans de telles attaques, ses agents s’occupent activement de la collecte de renseignements, du financement de groupes terroristes et de leurs opérations sur le sol étranger, et de l’infiltration de partis politiques étrangers, de groupes sociaux et d’organisations religieuses. Ses agents participent à la surveillance des représentants des gouvernements étrangers, des autorités religieuses et des leaders politiques pour repérer les sympathisants contre la cause. QF s’occupe de recrutement pour semer les graines de sa révolution à l’étranger, dont une grande partie est coordonnée par ses branches d’opérations spéciales.

Depuis leur création dans les premiers jours du régime iranien, les cellules dormantes de la QF et du Hezbollah ont toujours été maintenues et opérationnelles, cachées parmi la population, en attendant les ordres. Sous le contrôle des deux entités se trouvent des milliers d’agents, dont beaucoup sont entrés dans leurs pays cibles sous l’apparence d’immigrants, d’étudiants, de journalistes ou de travailleurs du bâtiment.

Assassinats à travers le monde

  • Au cours des dernières années, QF a été lié à de nombreuses actions terroristes, y compris le complot d’octobre 2011 visant à assassiner un ambassadeur saoudien.
  • Le 12 janvier 2012, un militant du Hezbollah du nom d’Atris Hussein (citoyen suédois d’origine libanaise) a été arrêté pour avoir entreposé quatre tonnes de matériel de fabrication de bombes dans un entrepôt juste à l’extérieur de Bangkok.
  • Le 24 janvier 2012, une cellule terroriste de trois hommes dirigée par l’Iran a été arrêtée avant son attaque prévue contre l’ambassadeur israélien en Azerbaïdjan.
  • Le 13 février 2012, le Hezbollah est soupçonné d’être à l’origine d’une tentative d’assassinat contre des diplomates israéliens à New Delhi. Une bombe magnétique a été attachée à une voiture de l’ambassade israélienne par un motocycliste de passage qui, au moment de sa détonation, a blessé quatre personnes, y compris la femme de l’attaché de Défense israélien. Un journaliste chiite indien Syed Mohammed Kazmi, en relation avec l’Iran, a été arrêté pour son implication dans l’attentat. Un tribunal indien a émis des mandats d’arrêt contre trois citoyens iraniens dans cette affaire. Cependant, avant que les suspects aient pu être appréhendés, ils ont réussi à s’enfuir en Iran.
  • Le même mois, une tentative d’attaque à la bombe contre un diplomate israélien a eu lieu à Tbilissi, en Géorgie. Dans cet incident, la bombe a été désamorcée et la piste du crime est remontée jusqu’au Hezbollah. Dans les deux attaques (New Delhi et Tbilissi), des «bombes magnétiques» pouvant être attachées à un véhicule ont été utilisées.
  • En mars 2012, quatre membres de la QF ont été arrêtés en Turquie avec des armes qu’ils allaient utiliser contre des diplomates israéliens.
  • Cependant, les attentats les plus meurtriers perpétrés par les mandataires iraniens ont eu lieu en juillet de la même année, lorsque le Hezbollah a procédé à un attentat suicide dans un bus rempli de touristes israéliens à Burgos, en Bulgarie, qui a fait six morts.

Outre ces attaques, le Hezbollah et QF sont soupçonnés d’être impliqués dans des actes terroristes contre des ambassades et des propriétés d’outre-mer appartenant à Israël, à l’Amérique et à d’autres pays occidentaux. Les responsables américains pensent que les attaques ont été perpétrées par la Force Al-Quds et le Hezbollah en représailles de l’assassinat du chef du Hezbollah, Imad Mughniyah, qui est mort dans un attentat à la voiture piégée à Damas en 2008. Ces frappes auraient été menées pour dissuader les Israéliens d’attaquer le personnel impliqué dans le programme nucléaire iranien, suite à l’élimination de quatre scientifiques iraniens.

Et il y a bien entendu l’assassinat récemment confirmé par le Hezbollah du procureur Nisman en Argentine qui enquêtait sur l’explosion du centre communautaire juif AMIA en 1994, perpétré par l’Iran.

En frappant des cibles à travers le monde, la Force Quds avertissait qu’elle pouvait frapper n’importe quand et n’importe où.

Terreur contre les régimes sunnites

  • Face à ses voisins sunnites, la Force Al-Quds mène des attaques terroristes à grande échelle– comme l’attentat de Khobar en Arabie Saoudite, qui a fait 22 morts et 25 blessés– ainsi que d’autres moyens plus subtils pour saper les régimes sunnites qu’elle déteste.
  • C’est également QF qui a orchestré le bombardement de l’aéroport civil d’Arabie saoudite et du palais royal saoudien le mois dernier, dont les missiles, tirés depuis le Yémen, ont été arrêté par les systèmes de défense au sol.
  • Elle s’associe à des branches d’autres groupes terroristes étrangers comme le Hezbollah pour infiltrer des groupes d’opposition politique chiite, ainsi que des membres mécontents de différentes communautés à travers les États du Golfe, les incitant à organiser des marches anti-gouvernementales et des émeutes.
  • Deux ans après la Révolution iranienne, un groupe de chiites a organisé un coup d’État infructueux à Bahreïn et, depuis ce temps, Téhéran a constamment proféré des menaces contre cet État frère, qui a finalement abouti aux troubles de 2011.
  • Les autorités pensent que l’Iran a organisé les manifestations et les a planifiées pour qu’elles se terminent dans une extrême violence. Les manifestations auraient été orchestrées par des agitateurs liés au Hezbollah.
  • Depuis lors, diverses perturbations ont eu lieu mais de nombreux complots terroristes ont été évités.
  • Alors que la guerre par procuration de l’Iran s’intensifiait, une énorme cache d’armes et d’explosifs a été saisie en décembre 2013. Elle était destinée aux extrémistes chiites.

Financement du terrorisme et contrebande d’armes

  • En dehors de ces activités, QF a utilisé ses vastes intérêts commerciaux pour financer des groupes terroristes étrangers au régime, abrités des gouvernements étrangers derrière une façade de plusieurs sociétés «légitimes» sous son contrôle, ce qui permet à l’argent destiné au terrorisme d’affluer sans être détecté.
  • QF utilise des organismes de bienfaisance, des centres culturels et d’éducation pour endoctriner les plus influençables. Il a établi des bureaux de liaison à proximité des lieux saints islamiques, qui sont supposés répondre aux besoins des pèlerins iraniens en visite, mais sont en réalité des bureaux de recrutement destinés à attirer de nouveaux membres.
  • Avec l’utilisation de divers fronts, la Force Quds dispose d’un réseau bien établi de contrebande d’armes, qui fait passer des armes à différents endroits du Moyen-Orient et en Afrique.
  • Parmi ses clients figurent des groupes rebelles basés au Sénégal, en Gambie, au Nigeria, au Yémen et en Somalie.
  • QF fournit des armes et des engins au Hezbollah depuis sa création.
  • Depuis le début de la guerre en Syrie, QF fournit armes et assistance militaire sur le terrain aux troupes du président Bachar al-Assad.
  • Vendredi dernier, un tir de missile depuis Gaza sur Israël portait la trace de l’origine iranienne des missiles.

Suite à l’invasion de l’Irak et de la Syrie par l’État islamique, l’assistance iranienne a été demandée par les deux nations, et le bras militaire de QF est entré dans le conflit.

Agissant comme une force expéditionnaire sous le commandement de Qassem Suleimani, le rôle de QF a été considéré comme très important par le régime irakien. Maintenant qu’ISIS a été pratiquement totalement éradiqué par le Président Trump, l’Iran a pris le contrôle effectif de l’Irak et de la Syrie, ce qui non seulement fourni à ses dirigeants deux États satellites, mais donne à ses forces militaires l’accès à la mer Méditerranée. La route terrestre doit être utilisée pour fournir des armes à son substitut Hezbollah et fournir au régime un tremplin pour lancer des attaques contre les États du Golfe.

Rien de tout cela n’échappe à la connaissance de la population iranienne, qui voit d’un côté le régime étendre ses tentacules terroristes dans la région et dans le monde, tandis qu’elle souffre de conditions économiques épouvantables.

Nettoyage ethnique

Dans de nombreux cas, soulignés dans plusieurs rapports de l’ONU et des groupes de défense des droits de l’homme concernant l’implication iranienne en Irak et en Syrie, ces milices soutenues par l’Iran ont été accusées d’avoir perpétré des atrocités contre les civils sunnites, y compris des opérations de nettoyage ethnique.

Une grande partie de ce comportement provient du fait que la plupart de ceux qui combattent dans les rangs de ces milices ont été fortement endoctrinés par un dogme extrémiste chiite et ont appris à mépriser les sunnites.

Des cellules dormantes partout dans le monde

Avec des fanatiques envoyés à travers le monde sous le contrôle de QF, si un conflit s’ensuit entre les États-Unis et l’Iran, aucun pays ne pourrait se considérer comme sûr.

Non seulement le Moyen-Orient est criblé de ses agents, mais les activités des QF dans les Balkans ont augmenté, des terroristes sont recrutés, entraînés et équipés pour infiltrer l’Europe. La Force Al-Quds est très établie en Amérique du Sud par l’intermédiaire du Hezbollah, qui exporte de la drogue vers les Etats-Unis, et son recrutement, sa formation et l’armement d’agents s’y déroulent depuis de nombreuses années.

Si les États-Unis se retrouvent dans un conflit avec l’Iran, la Force Al-Quds utilisera ses mandataires pour réveiller et coordonner les cellules dormantes déjà en place.

Soutien de Trump, lâcheté d’Obama

Lorsqu’en 2009, la rue iranienne s’est soulevée, l’ex-président Obama est resté silencieux : il soutenait les mollahs. Lorsqu’en 2011, la rue égyptienne s’est soulevée, l’ex-président Obama a exigé que le président Moubarak « écoute le peuple » et démissionne immédiatement.

Donald Trump n’étant pas un idéologue mais un pragmatique, il a refusé de certifier le respect par l’Iran des accords sur le nucléaire. Il a soutenu les pays sunnites du statu quo et leur a fait comprendre que le soutien américain contre la menace iranienne n’interviendra que s’ils tournent activement le dos au terrorisme et s’ils adoptent une position moins radicale contre Israël.

Se démarquant de la catastrophique politique étrangère d’Obama, Trump est derrière la population iranienne.

Dans un tweet, le président a déclaré :

« Enormes protestations en Iran. Le peuple commence à devenir plus sage sur la façon dont l’argent et les richesses [du pays] leur sont volés et dilapidés pour le terrorisme. On dirait qu’il ne va pas accepter ça encore longtemps. Les USA regardent de très près les violations des droits de l’homme ! »

En réaction, l’Iran a bloqué Instagram et Telegram, deux applications de réseaux sociaux très populaires en Iran.

Trump met exactement le doigt sur le problème– comme toujours contrairement aux médias : la pieuvre Al-Quds, le Hezbollah au Liban en Syrie et dans le monde, le Hamas à Gaza, les Iraniens n’en veulent plus car ils sont conscients d’être sacrifiés pour la défense des aspirations hégémoniques de la révolution islamique.

De plus, il n’est pas facile pour la jeunesse d’accepter de devoir vivre selon des rites ridicules et arriérés, alors que leurs parents, avant la révolution islamique, vivaient comme des personnes libres, normales, modernes, comme l’attestent ces photos des années 60 dont ils ont les mêmes dans les albums de famille :

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