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Publié par Dreuz Info le 8 janvier 2018

Les pirates informatiques nord-coréens font couler beaucoup d’encre dans la presse ces derniers mois. Tandis que leurs techniques deviennent de plus en plus sophistiquées, Pyongyang continue d’intensifier les attaques.

De nos jours, la société fonctionne quasiment à tous les niveaux avec des systèmes informatiques. En cas de cyberattaque contre des infrastructures critiques, les conséquences seront catastrophiques. Il s’agit non seulement des dommages financiers, mais aussi des victimes humaines.

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En effet, le rançongiciel WannaCry dont le gouvernement américain accuse Pyongyang, avait perturbé le fonctionnement d’hôpitaux au Royaume-Uni en mai 2017, ce qui a mis en danger les vies de plusieurs centaines de patients.

Une série de cyberattaques aux infrastructures permettront de déstabiliser le fonctionnement des services publics et paralyser voire détruire une ville ou un pays.

La cyber-armée de Kim Jong-Un

Le régime de Kim Jong-Un semble envisager un tel scénario. Jusqu’ici, on ne connaît pas exactement toute l’ampleur de la cyber-menace nord-coréenne. Pourtant, l’activité des pirates informatiques démontre que Pyongyang ne cesse d’élargir son unité cybernétique. L’Etat nord-coréen emploie des centaines de hackers, choisis parmi les plus brillants étudiants du pays. L’équipe spéciale compte aujourd’hui près de 7000 hommes.

D’après FireEye, une société américaine de sûreté informatique, le régime de Kim Jong-Un investit environ 200 millions de dollars par an dans sa cyber-armée. L’Allemagne et la France, dont le budget dans ce domaine dépasse celui de Pyongyang, ne peuvent pas se vanter de succès extraordinaires.

Le fait, c’est que la Corée du Nord est totalement coupée du monde. La majorité de la population n’a accès qu’à un intranet baptisé Kwangmyong («étoile brillante» en coréen). Une telle hygiène numérique réduit le risque d’être attaqué dans le cyber espace mais laisse des opportunités à Pyongyang pour embêter ses adversaires.

Les rapports de FireEye, Kaspersky Security Labs, Group-IB et Symantec font essentiellement état du groupe Lazarus, tristement connu pour avoir compromis les serveurs de Sony Pictures. Cette cellule de hackers n’est qu’une des nombreuses unités de cyberguerre au sein de la communauté nord-coréenne du renseignement. Les pirates informatiques formés par Pyongyang sont à l’origine de plusieurs des plus audacieuses cyberattaques. Ils agissent toujours d’une manière agressive sans laisser de traces.

Selon le professeur nord-coréen Kim Heung-Kwang, le régime de Kim Jong-Un dispose «d’une armée de milliers de cyber-militaires capables de mener des attaques meurtrières».

D’où vient l’argent

Confrontée aux sanctions internationales qui le privent de revenus, Pyongyang a trouvé d’autres alternatives de financement. Les hackers nord-coréens parviennent à «braquer» les plateformes d’échange de monnaies virtuelles. En outre, Pyongyang s’est doté d’un arsenal permettant de dérober les portefeuilles bitcoins sur les PC des particuliers et siphonner les données de cartes bancaires sur les terminaux de paiement.

Selon un expert britannique, le régime nord-coréen parvient à extorquer près de 1 milliard de dollars par an grâce aux cyberattaques, soit un tiers de la valeur de ses exportations.

A quoi s’attendre ?

Certes, la Corée du Nord poursuit ses intérêts. Pour Kim Jong-Un, il est très important de démontrer sa puissance, surtout quand le leader se prépare aux négociations avec Séoul et Washington. Aujourd’hui, il a deux atouts : l’arsenal nucléaire et la cyber-armée. Tandis que l’utilisation des armes nucléaires est peu probable, la menace de cyberattaques demeure très élevée.

Compte tenu des relations tendues entre Pyongyang et Séoul, les hackers nord-coréens s’attaquent le plus souvent aux systèmes sud-coréens.

Dans ce contexte, les futurs Jeux Olympiques à Pyeongchang ont toutes les chances de se transformer en triomphe de Kim Jong-Un qui ne se priva pas d’en profiter, même si les Nord-Coréens participent à cet événement sportif.

Une attaque informatique contre les Jeux Olympiques pourrait avoir des conséquences désastreuses, estiment les experts. «Le plus grave serait des menaces physiques contre les athlètes ou les spectateurs.»

Reste à espérer que Séoul prendra la question de la sécurité très au sérieux.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Iven Durepos, rédacteur d’European News pour Dreuz.info.

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