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Publié par Magali Marc le 14 janvier 2018

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit cet article d’Anthony Furey, chroniqueur au Toronto Sun, publié le 10 janvier.

Un consensus s’est rapidement formé concernant Joshua Boyle* : d’emblée, ce gars avait quelque chose qui cloche. Même si les Canadiens ont été choqués d’apprendre que Boyle fait face à 15 chefs d’accusation criminelle, qui n’ont pas encore été examinés par les tribunaux, ils n’ont pas vraiment été surpris.

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Oubliez les accusations. Une grande partie de l’histoire de Boyle avant cela ne tenait pas la route– un refrain que j’ai entendu à la fois venant de gens ordinaires et de politiciens aguerris.

Ils n’apprécient pas le fait que Boyle ait été précédemment marié à la sœur d’Omar Khadr. Ils n’aiment pas qu’il ait emmené une femme enceinte en Afghanistan. Et ils n’ont certainement pas aimé que Justin Trudeau l’accueille clandestinement dans son bureau de Premier ministre avant Noël, refusant de commenter ce qui s’est passé pendant leur tête-à-tête.

Que voulait dire exactement Boyle, dans son Tweet à propos de leur rencontre, alors qu’il prétendait avoir déjà rencontré Trudeau en 2006 au sujet de leurs «intérêts communs» ? Espérons que c’était inoffensif. Ou que cette soi-disant rencontre n’existe que dans l’esprit délirant de folie des grandeurs de Boyle.

Trudeau était alors le président de Katimavik, participant à de nombreux événements publics. Même à l’époque, il attirait les foules et un certain nombre de parasites se bousculaient pour l’approcher. Boyle aurait pu être parmi eux.

Si c’est le cas, Trudeau devrait le dire, au lieu de laisser aux gens le choix de combler les vides avec leurs suppositions. Il pourrait simplement dire qu’il ne se souvient pas de cette rencontre et ne sait pas ce que Boyle voulait dire.

Au lieu de cela, le bureau du Premier ministre a offert diverses raisons pour lesquelles il ne commentera pas cette rencontre en 2006.

Premièrement, ils ont dit qu’il s’agissait de vie privée. Mais de la vie privée de qui ? Et pourquoi cette rencontre ?

En principe, nous sommes régulièrement informés des allées et venues des Premiers ministres et de ce qui s’est passé.

Mais, après que les accusations ont été révélées, le bureau du Premier ministre ne s’est pas prononcé sur la rencontre en question, invoquant le fait que l’affaire est maintenant devant les tribunaux. Mais la rencontre et ce qui a été discuté n’ont rien à voir avec les accusations n’est-ce pas ? Ça vaudrait mieux !

C’est un problème plus grave qui apparaît. L’affaire Boyle n’est que la dernière d’une longue liste de décisions discutables prises par le Premier ministre. Et voici ce qui cloche dans cette liste : il y a un thème récurrent.

C’est une chose qu’un politicien commette quelques erreurs ici et là concernant une variété de sujets.

Trop de bévues commises par Trudeau concernent une seule et même question : l’extrémisme et l’islam radical.

Faisons un rappel et revenons au tout début du mandat de Trudeau.

Le Premier ministre a été élu le lundi 19 octobre 2015. Le jour suivant, il a parlé au téléphone avec le président Barack Obama. Ces appels servent le plus souvent à échanger des politesses.

Au lieu de cela, Trudeau a pris sa première décision en tant que Premier ministre : Il a dit à Obama que le Canada allait retirer ses avions CF-18 de la lutte contre ISIS.

Il n’a jamais expliqué pourquoi c’était nécessaire, pas pendant la campagne, pas depuis qu’il est devenu Premier ministre– jamais.

Les Canadiens se sont massivement opposés à cette décision. Les sondages ont révélé que même les deux tiers de ses propres électeurs étaient contre.

Sa toute première décision était de freiner la lutte contre le terrorisme sans aucune explication. Était-ce «un signe des choses à venir ?» ai-je demandé dans une chronique à l’époque. Il semble bien que oui.

Rappelez-vous la célèbre phrase de Trudeau en 2015 selon laquelle «un Canadien est un Canadien est un Canadien».

Si vous ne savez pas dans quel contexte elle a été dite, vous pourriez penser qu’il s’agit d’une phrase lénifiante sur la diversité et l’inclusion.

Ce n’est pas le cas.

Il s’agissait de savoir comment Trudeau allait changer la loi afin que les personnes ayant la double nationalité et étant reconnues coupables de terrorisme ne se verraient pas retirer leur citoyenneté canadienne.

Alors que des centaines de personnes voient leur citoyenneté révoquée annuellement pour des infractions telles que des erreurs dans leurs demandes d’immigration, Trudeau a plaidé fermement– malgré la vive opposition du Sénat– en faveur du projet de loi C-6 qui permet aux terroristes condamnés de rester canadiens. Cette loi a été adoptée l’an passé.

Le plus grand scandale à ce jour, concerne l’affaire du paiement de 10,5 millions de dollars à Omar Khadr. Les Libéraux prétendent que Trudeau a approuvé le versement de l’argent l’été dernier pour empêcher un procès coûteux pouvant aboutir au paiement d’une somme plus importante.

Le public n’a pas accepté ce raisonnement.

À aucun moment, le Premier ministre n’a tenté d’empêcher ce paiement et, peut-être plus préoccupant, il n’a jamais exprimé de véritable mécontentement.

Cela reste la blessure la plus vive pour de nombreux Canadiens.

Mais, il y en a d’autres.

Comme sa ferme conviction que les djihadistes de retour au pays doivent être inscrits à des ateliers de réhabilitation, presque comme s’ils étaient des victimes.

Comme, quand, en novembre dernier, Trudeau a accusé le chef conservateur Andrew Scheer d’islamophobie pour avoir simplement demandé ce que le gouvernement comptait faire concernant les combattants étrangers de retour au Canada.

Combien d’autres incidents de ce type vont encore se produire ?

Cette tendance est troublante, peu importe de quelle vision du monde elle procède. Ce n’est pas une vision qu’un Premier ministre devrait promouvoir.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

*Joshua Boyle est le Canadien qui a été relâché récemment après avoir été retenu en otage pendant plusieurs années en Afghanistan avec sa femme et leurs enfants nés en captivité. Il a été arrêté par les policiers de la capitale fédérale le mois dernier et a comparu devant la justice relativement à 15 chefs d’accusation, dont huit pour voies de fait, deux pour agression sexuelle, deux pour séquestration. M. Boyle, âgé de 34 ans, avait été libéré en octobre, avec sa femme et leurs jeunes enfants, après avoir été détenu pendant cinq ans en Afghanistan par un groupe lié aux Talibans.

Les gestes qui lui sont reprochés auraient été commis après le retour des Boyle au Canada. Boyle a aussi été brièvement marié à Zaynab Khadr, sœur aînée de l’ancien prisonnier de Guantanamo Omar Khadr et fille d’un ancien bailleur de fonds d’Al-Qaïda qui était proche d’Oussama ben Laden.

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