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Publié par Magali Marc le 15 janvier 2018

 » Qu’on nous fiche la paix ! 

Cette manie de chercher à interpréter tout ce que dit Donald Trump de la façon la plus malveillante possible doit cesser.

Cela ne profite à personne. »

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit cet article d’Anthony Furey du Toronto Sun, paru le 12 janvier.

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C’était une chose de déformer ses paroles pendant la campagne présidentielle, comme beaucoup d’agents politiques et d’ennemis dans les médias l’ont fait si allègrement. Mais l’incident du «shithole» est différent.

Cette démonstration d’à quel point les ennemis de Trump ont perdu la boule arrive alors qu’il est question d’un débat très sérieux de politique publique.

Mardi (9 janvier), le président a rencontré des législateurs démocrates et républicains lors d’une réunion télévisée d’une heure afin de discuter d’un accord bi-partisan sur l’immigration.

Même si certains Républicains purs et durs ont été accablés par le fait que Trump semblait près d’accéder aux demandes des Démocrates qu’ils haïssent, la réunion a été généralement considérée comme un succès.

Et c’est la raison pour laquelle vous n’en avez pas beaucoup entendu parler : il s’agissait de l’un des nombreux exemples de Trump faisant exactement ce qu’un président doit faire.
Regardez cette réunion plénière si vous le pouvez. Il s’agit d’une rencontre ordinaire, comme il s’en produit quotidiennement en politique, plutôt ennuyeuse sans divertissement «trumpien».

Étant donné qu’elle n’apporte pas d’eau au moulin de ceux qui se délectent du récit perpétuel selon lequel le président est tellement inepte qu’il ne peut même pas lacer lui-même ses souliers, les médias ne l’ont mentionné que brièvement.

«La réunion a été un soulagement pour ses conseillers, une chance de redéfinir la présidence de Trump et de montrer qu’il est semblable à un président traditionnel», a écrit un analyste du New York Times. «Ses détracteurs (…) ont noté que la rencontre constituait un changement pour le mieux, d’un moment d’engagement constructif qui, espéraient-ils, en entraînerait d’autres».

Venant du Times, c’est un éloge de dimension épique.

Et nous ne pouvons pas simplement jouir de ce répit ?

Le battage médiatique incessant et hystérique des anti-Trumps ne doit jamais s’arrêter à en croire les tenants de la «Résistance» ou peu importe le nouveau nom dont ils s’affublent ces temps-ci.

La nouvelle selon laquelle Trump, lors d’une rencontre bi-partisane sur l’immigration, se serait référé à Haïti et à plusieurs autres pays comme étant des «pays de merde», arrivait juste au bon moment.

Nul besoin d’engager une discussion sérieuse au sujet des questions abordées par les législateurs. Nous pouvons revenir à l’obsession de la personne de Trump plutôt qu’à sa politique.

Tandis que les législateurs et ceux qui assistaient à la réunion ont confirmé des remarques allant dans ce sens, vendredi matin, Trump a tweeté quelque chose comme un démenti : «Je n’ai jamais rien dit de péjoratif sur les Haïtiens à part le fait qu’Haïti est, évidemment, un pays très pauvre qui a des problèmes».

Mais supposons qu’il ait vraiment utilisé des termes offensants. Où est le scandale ?

Est-il dans le fait qu’il a utilisé un langage impoli ?

Certes, il aurait pu choisir ses mots avec plus de doigté, mais les propos truculents de Trump ne sont pas nouveaux.

Trump est Trump et ne changera pas, alors arrêtons de feindre la surprise.

Ce n’est pas ce qui a de pire. D’après la brigade des fruits faciles à cueillir, les propos de Trump étaient racistes. «Le président des États-Unis est raciste», a déclaré Don Lemon, l’animateur de CNN, qui a choisi de commencer ainsi son émission le jeudi suivant.

Cette stupidité fait penser à une des fameuses citations du défunt Christopher Hitchens (NDT : un écrivain britannique qui a dénoncé «la machine à excuses» de la gauche) : «Il y a une tendance à gauche à penser que si quelqu’un, d’une manière ou d’une autre, est en désaccord avec la gauche, cela doit être pour la raison la plus mauvaise possible. Si vous avez trouvé le motif le plus vil imaginable, vous pouvez être sûr que c’est le bon».

Jetons un coup d’œil sur la façon dont on parle d’Haïti sur la scène internationale. Est-ce une nation développée ? Non.

La Banque mondiale la classe comme pays «en voie de développement».

Prenez cette expression, traduisez-la en vocabulaire de tous les jours et vous obtiendrez essentiellement ce que Trump a dit. Ce n’est pas particulièrement agréable, surtout pour ceux qui vivent en Haïti, mais ça correspond à la réalité.

La vie des gens ordinaires en Haïti est loin d’être idéale, c’est bien le moins que l’on puisse dire. Tant et si bien que le Canada, symbole lumineux du progressisme, vous conseille d’y penser deux fois avant d’y aller.

Le gouvernement fédéral met en garde les Canadiens dans ses «avis aux voyageurs» et conseille de «faire preuve d’une grande prudence» en Haïti «en raison du taux élevé de criminalité dans diverses régions du pays et des tensions politiques persistantes». Il vous conseille d’éviter les déplacements non essentiels. La région de Port-au-Prince est considérée comme étant «particulièrement instable et dangereuse».

Alors, est-ce que quelqu’un pense sérieusement que le gouvernement canadien présente les Haïtiens eux-mêmes comme étant instables et dangereux ? Bien sûr que non.

Il y avait une très bonne raison pour laquelle la crise à la frontière canadienne de l’année dernière a impliqué de nombreux Haïtiens qui tentaient d’entrer illégalement dans notre pays. Ils ne voulaient pas retourner en Haïti.

Bien sûr, nous avons des Haïtiens canadiens qui ont très bien réussi, notamment l’ex-gouverneure générale Michaelle Jean. Mais cela ne change rien au fait que les institutions et les infrastructures de ce pays sont en proie à des problèmes persistants.

Ceux qui ont fait une crise de nerfs à propos des remarques présumées de Trump pourraient faire plaisir à tout le monde, se retrousser les manches afin d’aider réellement le peuple haïtien ou au moins à faire en sorte de mieux comprendre leur situation, au lieu de se draper dans leur soi-disant vertu «anti-raciste».

En fait, s’ils faisaient des recherches, ils apprendraient que les vertueux gauchistes ont fait beaucoup de mal au pays.

Après le tremblement de terre de 2010 en Haïti, Raoul Peck, un documentariste haïtien qui a reçu une nomination aux Oscars en 2017, a présenté un film en 2013 intitulé Fatal Assistance. Comme le décrit le distributeur, «le film est une mise en accusation dévastatrice de l’idéalisme post-catastrophe de la communauté internationale».

Il n’y a aucune mention de Trump, bien sûr, mais on y trouve une critique de Bill Clinton et de sa fondation. «La frontière entre intrusion, soutien et aide est très mince», explique dans le film, Jean-Max Bellerive, ancien Premier ministre haïtien.

Il semble que le moment soit venu d’avoir une conversation d’adultes concernant ces questions importantes telles que l’immigration et l’aide internationale.

Dommage, que nous vivions une époque où de telles discussions ne sont plus possibles.

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